‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 102 sur 142 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

en revient aux protestants à deux titres : d'abord, parce qu'ils prétendaient substituer à la religion nationale une religion nouvelle dont la France ne voulait pas ; en second lieu, parce que, malgré la tolérance qui leur avait été accordée, ils levaient les premiers l'étendard de la révolte contre le gouvernement établi.

La guerre civile éclata simultanément dans toutes les provinces, excepté en Bretagne. L'évêque du Mans fut chassé par les calvinistes, Rouen, Dieppe, tombèrent en leur pouvoir, et ces villes furent mises à sac. Il en fut de même dans la plupart des villes de la Normandie. A Valence, à Lyon, dans tout le Dauphiné, l'émeute, le pillage, les massacres se succèdent sans relâche. Partout les réformés frappent des contributions, opèrent des emprunts, volent les biens des églises.

Pendant ce temps, les protestants commettaient le crime le plus infâme de lèse-patriotisme et de haute trahison. Ils pactisaient avec l'étranger, lui ouvraient le territoire, et achetaient l'alliance de l'Angleterre au prix de nos meilleures places de guerre sur la Manche.

« A son avènement au trône, Elisabeth, dit Cobbett, dans ses Lettres sur la Réforme, avait trouvé l'État en guerre avec la France, et s'était aussitôt hâtée de signer la paix avec cette puissance, sans même en exiger la restitution préalable de Calais. Les négociations avaient été ouvertes à Cateau-Cambrésis, entre

l'Angleterre et l'Espagne, d'une part, et la France, de l'autre. Philippe, fidèle à ses engagements, avait refusé d'écouter toute proposition, avant que son allié eût obtenu pleine et entière satisfaction pour Calais ; il s'était même engagé à continuer les hostilités pendant six années consécutives, pourvu que, de son côté, la reine d'Angleterre s'engageât à ne point traiter sans lui avec l'ennemi. Elisabeth, qui avait besoin de la paix, parce que déjà elle commençait à vexer ses sujets pour leurs opinions religieuses, négocia secrètement avec la France, et conclut séparément un traité en vertu duquel elle consentit à l'occupation de Calais par les troupes françaises pendant huit années de plus, moyennant une indemnité de cinq cent mille couronnes (x). Par une clause spéciale, les deux parties contractantes convinrent réciproquement qu'en cas de violation, le traité deviendrait nul, et que, si les torts venaient de la France, elle perdrait le droit de retenir Calais , que si, au contraire, ils étaient du côté de l'Angleterre, celle-ci ne pourrait plus revendiquer cette place importante. Cette clause ne devait pas être inutile; à peine trois ans s'étaient écoulés depuis la conclusion de ce traité, qu'Elisabeth encourut la déchéance de ses droits sur Calais, en manquant de la manière la plus perfide à ses engagements.

« Les machinations de Condé, de Coligny et de leurs

l. Environ trois millions de francs.

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