CHAPITRE CINQUIÈME
même esprit. Dans sa juste horreur pour une secte factieuse qui lui préparait des chaînes et espérait la soumettre au joug honteux de l'étranger, doit-on être surpris qu'elle appelât de tous ses vœux la proscription et l'anéantissement d'une race d'hommes traîtres à leur Dieu, à leur roi et à leur patrie ? »
Dargaud lui-même, apologiste ardent de Coligny, est contraint d'avouer que ce Français, investi d'une charge militaire des plus importantes, fut traître à sa patrie ; et quelque ambigus que soient les termes qu'il emploie à cet aveu, il est bon de les citer.
«... Ces intérêts divins et humains effacent ses scrupules et il communique avec l'étranger. Il harcèle donc, il aiguillonne M. de Bricquemaut, qui, sous les obsessions de l'amiral, signe un traité à Londres. Par ce traité, la reine Elisabeth promet à Condé et à Coligny 140,000 écus d'or ; elle promet, en outre, six mille soldats. Trois mille doivent occuper le Havre-de- Grâce, transformé en place de sûreté pour les Anglais et en place de refuge pour les proscrits calvinistes. Les trois mille autres sont destinés à Dieppe et à Rouen. Ce traité s'exécute sans retard, et le faible contingent d'Anglais préposés à la défense de Rouen pénètre dans cette ville au moment où l'armée des triumvirs établit son camp autour des fortifications. »
A Rouen, la garnison calviniste, commandée par Montgommery, résista plus longtemps aux attaques
d'Antoine de Bourbon, qui avait mis le siège devant
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la ville, à la tête de l'armée royale. Ce prince, revenu depuis peu à la foi catholique, fut même blessé mor-