‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 105 sur 142 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

tellement dans un combat livré autour des murs ; mais l'assaut ayant été ensuite donné par ses soldats, la ville enfin fut prise et livrée au pillage.

Au commencement de novembre, le prince de Condé ralliait les forces de Duras et de Dandelot ; il s'emparait de Pluviers, et forçait plusieurs autres places à capituler, puis il continuait sa marche sur Paris. Le 17 novembre, il mettait le siège devant Corbeil, se dirigeait ensuite sur Villejuif, toujours négociant avec la reine-mère à l'insu de Guise. Le 28, il commençait le siège de Paris, installant ses troupes au-dessus de Montrouge, et sur les routes de Bourg-la- Reine, de Vaugirard, de Genlis et d'Arcueil. Mais le duc de Guise fit une sortie qui jeta l'alarme dans l'armée de son rival.

Le prince et les autres chefs réformés, comprenant qu'ils avaient commis une grosse faute en voulant assiéger Paris, abandonnèrent le 10 décembre leurs positions. Ils reprirent aussitôt le chemin de la Normandie, pour reprendre Rouen d'abord, et ensuite pour ne pas laisser couper leurs communications avec les secours qu'ils attendaient d'Angleterre.

Aussitôt le duc de Guise fit sortir de Paris l'armée royale et se mit à la poursuite de l'ennemi, afin de saisir l'occasion favorable de le battre en rase campagne.

Tandis que Condé suivait sa marche par Abli,

Gallardon, Maintenon et Auneau, ayant Dreux à sa droite et Châteauneuf à sa gauche, l'armée royale faisait de son côté un circuit analogue. Mais les tentatives que les huguenots furent obligés de faire contre Etampes et Chartres, et le temps qu'ils perdirent pour passer l'Eure à Mézières, permirent à l'armée royale de gagner tout un jour, et de venir camper sur une petite colline plantée de vignes et voisine de la ville de Dreux, barrant ainsi le chemin à Condé. Dans la nuit du 18 décembre, Montmorency avait fait passer la rivière à son armée en deux endroits, ainsi qu'à toute son artillerie. Condé, pris à l'improviste, ne put même pas faire reconnaître l'armée royale, ni se rendre maître d'aucun des villages construits sur la rive de l'Eure. Les deux armées étaient en présence, et la bataille décisive, depuis si longtemps attendue, était désormais inévitable.

Dès l'aube, l'armée catholique s'ébranlait, aux lueurs pâles d'une aurore d'hiver. De larges bandes rouges sillonnaient le ciel d'un gris clair, et piquaient d'étincelles les perles du givre qui poudraient les arbres et le sol.

Quoique plus forts par le nombre, les catholiques se présentaient avec un grand désavantage : l'infériorité relative à leur cavalerie. Cette troupe, formée par petits détachements, avait été répartie entre les bataillons d'infanterie. Le connétable de Montmorency comman-

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