‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 2 sur 142 · HENRI II · texte numérisé non relu

HENRI II

d'après le portrait de Clouet dit Janet, conservé au

musée du Louvre.

E seizième siècle, si fertile en événements, si remarquable par son influence sur les destinées du monde, est assurément une mine inépuisable de recherches historiques....

« C'est le siècle de la Renaissance, renaissance d'un paganisme artistique et plein de sophismes,qui prépare les voies à la Réforme, et sert, pour ainsi dire, de préface à la Révolution. C'est le siècle où l'hérésie, révolte perpétuelle de l'orgueil humain contre l'impérissable Vérité, s'élève contre l'autel qu'elle blasphème, contre les trônes qu'elle sape, contre l'ordre social qu'elle décompose et qu'elle commence à dissoudre non seulement par la discussion opiniâtrement audacieuse, par la négation farouche et obstinée, mais encore par la violence criminelle, par la rébellion à main armée, par le sang répandu à flots de ses propres fanatiques et des martyrs, sacrifiés les uns et les autres à l'ambition, aux intérêts, aux perversités de quelques hommes dignes d'être appelés, après Attila, des fléaux de Dieu...

« Il est à peu près impossible d'écrire d'un seul jet, dans un ouvrage unique, si volumineux et compact qu'il puisse être, l'histoire du seizième siècle en France.

Les faits sont trop enchevêtrés, les caractères trop complexes, et peut-être serait-il difficile de remonter le courant d'opinions que notre légèreté d'appréciation en matière historique a formé d'après les chroniqueurs badins, les conteurs familiers, les satiriques de cour, imposés à notre goût du frivole, du romanesque, à notre amour du paradoxe élégant et de l'érudition superficielle, par l'école dont Michelet est le protagoniste. Mais s'il est redoutable d'aborder la discussion générale de la philosophie de l'histoire, quand on est contraint de résumer toutes les péripéties d'un siècle en un seul volume, il ne l'est point d'examiner une individualité dans le cadre des événements où elle se mouvait ; il est, au contraire, commode et facile, en pareil cas, d'appliquer rigoureusement ce que nos contemporains appellent volontiers la méthode scientifique. »

Les lignes qu'on vient de lire, l'auteur de cette nouvelle étude sur François de Lorraine, duc de Guise, que son siècle surnomma Monsieur de Guise le Grand, — l'auteur, dis-je, les écrivait dans la courte préface de son livre sur l'amiral de Coligny, livre qui suscita bien des colères, mais qui obtint aussi un véritable succès en France et en Angleterre, en Angleterre où la presse, pour protestante qu'elle soit dans ses tendances, est plus sérieuse, plus honnête qu'en d'autres pays. Les journaux anglais avouèrent que tant de

preuves accumulées contre le rebelle Coligny ne permettaient plus de le considérer comme un si grand homme, et qu'on pouvait, en définitive, lui appliquer le surnom imposé à un autre protestant et l'appeler : « Un austère intrigant ».

Ces lignes donnent tout de suite au volume que voici la physionomie que l'auteur entend lui conserver, et c'est pourquoi il se permet de les reproduire. Ce n'est pas un travail d'ensemble sur le seizième siècle qu'il a entrepris, c'est, comme il l'a déjà dit, une simple Étude sur une des plus belles figures de ce siècle essentiellement dramatique. Il lui a semblé qu'après avoir montré les trahisons, les perfidies, l'apostasie de l'homme qui vendait des villes françaises à l'ennemi, et appelait l'invasion étrangère sur le sol de la patrie, il ferait bien de montrer les exploits guerriers, les vertus chrétiennes, la fidélité, le dévouement et la foi de celui qui, sans trêve ni repos, combattait les ennemis de son Dieu et de son roi, et mourait victime, en pardonnant à ses assassins. De l'antagonisme de ces deux hommes, dont l'un fut grand dans le bien, tandis que l'autre fut toujours mesquin, même dans le mal, ressortent des leçons éloquentes.

Il n'est pas besoin de chercher ailleurs que dans les plus basses passions du cœur humain, la cause de la haine que l'amiral de Coligny voua à François de Lorraine, dès leurs jeunes années, et après les intermit-

tences dune amitié qui fut, par instants, passionnée. Ce général, qui ne gagna pas une seule bataille, cet homme politique, toujours en échec, et qui ne trouvait d'autre instrument de règne que l'assassinat, ce grand de cour dévoré d'ambition, ce ministre qu'on n'écoutait guère, parce qu'il subordonnait ses conseils à ses intérêts, ne sut jamais pardonner à François de Lorraine d'accomplir des exploits, de remporter des victoires, de négocier habilement, d'occuper les plus grandes charges de la couronne, de conseiller les rois et les reines et d'en être écouté. C'est le fait capital des luttes entre ces deux seigneurs de si diverse fortune. L'un exerçait le pouvoir, prenait le commandement, agissait en maître, par le fait des circonstances, et surtout parce qu'il se sentait fort. L'autre enviait moins encore ces inappréciables avantages, que la parfaite sérénité et la déconcertante sécurité de celui qui se les attribuait. Celui-là n'eût pas plus compris que sa puissance fût discutée, que celui-ci n'eût admis qu'elle

ne fût pas discutable.

L'histoire des Guises nous offre l'étonnant spectacle d'une famille où la fortune, les vertus guerrières, l'honneur et la gloire se transmettent en héritage pendant trois ou quatre générations. Ces faits sont rares, et le progrès universel est encore en retard chez nous sur ce chemin. Ces très grands seigneurs, formant un faisceau

imposant de hautes capacités militaires ou civiles, ont occupé toute la place que la France put faire aux grands hommes, depuis François Ier jusqu'à Richelieu, et Henri IV lui-même, comme l'a dit un de leurs récents historiens, eut de la peine à se mettre au-dessus d'eux.

Leur gloire pourtant n'est peut-être pas sans mélange. Sous les règnes de François Ier, de Henri II, de François II et de Charles IX, la guerre était une passion chez les soldats et une nécessité pour le peuple; quand on attendait son ennemi, on lui laissait l'avantage de l'invasion ; si on allait le chercher, on prenait pour soi la chance du pillage et rien de plus : il semble qu'en ces temps le droit général des nations ait été complètement inconnu ; il est certain qu'on le méprisait avec autant de hauteur que de barbarie. Les Guises étaient de leur siècle ; on ne peut pas jouer un grand rôle sans appartenir à son époque. Ils en avaient les défauts, c'était la part de leur héritage national ; mais ils possédaient, en outre, des qualités si élevées, que, même au milieu de nous, ils occuperaient un rang supérieur.

François de Guise le Grand, second du nom et surnommé le Balafré, fut assurément le principal personnage de sa famille, et c'est à* lui que ce livre est consacré ; mais en esquissant le portrait de ce général qui

ne subit jamais une défaite, il est impossible de le séparer totalement des siens ; il ne s'est acquis tant de gloire qu'en restant fidèle aux traditions de son père et en s'appuyant sur le concours de ses frères ; c'est ainsi, paraît-il, que les anciens accomplissaient de grandes choses.

Très jeune encore, il faisait ses premières armes, en Lorraine, contre les armées de Charles-Quint; avec une foule de jeunes gentilshommes qui se mutinaient parfois, dans leur fougue entreprenante, contre la prudence de leurs chefs. En ce temps-là, dit Brantôme, on aimait mieux risquer un désastre avec un chef qui donnait ses ordres à cheval, armé de toutes pièces, avec « l'espée au poing, menant les mains », que se confier à la prévoyance d'un général qui, « comme le Nestor des Grégeois, était un vieux penard qui ne bougeait de sa tente et donnait ses ordres et conseils en la mode d'un morveux président ».

L'année suivante, François de Guise servait dans l'armée de Flandre, et déjà on voyait en lui l'activité du général et la bonne humeur du chef des gentilshommes. Impatient de se signaler devant Boulogne, que l'armée du duc d'Orléans allait reprendre aux Anglais, il s'élança avec témérité à travers les hommes d'armes ennemis et gagnait par une horrible blessure son surnom de Balafré.

Il est rare d'avoir à citer un trait de douceur dans la

vie des guerriers de ce siècle, le pillage, l'incendie et les massacres étaient le complément indispensable de la victoire. Or François de Guise fut chargé de commander les soldats que le roi envoya en Saintonge pour rétablir son autorité. Il eut l'humanité de pacifier le pays sans massacres et sans cruauté, et le bon sens de s'en faire honneur. Il raconte lui-même qu'il avait pu réduire cette province « sans néanmoins y punir ri- « goureusement ces rebelles, comme fit depuis le con- « nestable à ceux de Bordeaux >>.

Il nous semble étrange, à cause du progrès de notre civilisation, qu'on puisse montrer comme un éloge la conduite d'un homme qui n'a fait que respecter le droit des gens ; c'est qu'alors on ne pensait pas comme nous, et quand on rapproche la pacification de la Saintonge des événements qui se passaient à la même date en Guyenne et dans Bordeaux, on est bien forcé d'admettre que notre héros était au-dessus des plus célèbres de ses contemporains.

La nation française est menacée d'un démembrement par l'empereur Charles-Quint ; les frontières de son empire serrent les nôtres de toutes parts, ses armées peuvent se recruter sans violence tout autour de nous, depuis l'Espagne jusqu'à la Baltique, en y comprenant l'Italie, et cette armée formidable, faite de dix peuples coalisés, conduite par un chef à la volonté irrésistible, va rouler contre la Lorraine. De ce côté

nous étions presque sans défense ; notre pays était ouvert jusqu'à Metz, et les remparts de cette ville paraissaient une dérision. Le duc de Guise est chargé de défendre cette place. Plus les obstacles sont grands, plus le génie se révèle, plus le courage est entreprenant, plus l'homme devient sublime.

Est-ce le souvenir amer d'un siège tout récent et des malheurs que nous avons vu s'amonceler autour de Metz? Est-ce la simple admiration qu'on doit éprouver en face d'un homme qui se dévoue et qui triomphe ?... Je ne sais ; mais il est impossible de lire le récit du siège de Metz en 1552, sans admirer le général qui défendit cette ville et la garda, mutilée, mais glorieuse à la France.

A son retour de l'expédition de Naples, il acquiert l'honneur d'avoir pu conserver à peu près intactes les dernières forces qui restaient à la patrie. La prise de Calais et de Guines est un de ces coups hardis, qui frappent autant par la rapidité de la conception que par l'éclat du succès ; la gloire du duc de Guise fut alors à son comble.

Je ne sais plus quel est le hautain moraliste qui a dit que les guerres civiles et les guerres de religion sont les seules guerres logiques, parce qu'on y combat pour une idée ou pour une croyance, et que chacun y défend son autel ou ses foyers. Ce paradoxe n'est point si blâmable qu'on le croirait. Il semble qu'il ait

dicté la conduitedes Guises pendant ces tristes guerres, dont François, déjà illustre, n'avait pas besoin pour sa renommée, et qui lui ont valu les jugements défavorables de quelques historiens, et les injures des ignorants. Nous verrons, du reste, au cours de notre récit, que le rôle odieux, dans ces bouleversements, appartint aux factieux qui, sous prétexte de réformation religieuse, poursuivaient en réalité un but essentiellement politique.

Les Guises avaient déjà sauvé la France de l'invasion espagnole; ils se présentèrent au moment voulu pour sauver le peuple des sophismes de la Réforme.

Quand François de Guise le Grand succomba devant Orléans, sous les coups du traître Poltrot de Méré, la France perdait plus qu'un général illustre. Dans les circonstances où s'accomplissait cet assassinat, il devenait un attentat contre le défenseur armé de la religion, de l'intégrité du territoire, des prérogatives de la couronne et du caractère sacré des rois de France.

Notre siècle, indifférent à tout et même aux libertés qu'il ne possède pas, — car la liberté de vivre en chrétien est précisément la plus contestée de nos jours, — ne comprend peut-être plus assez l'importance de cette liberté ; or, en ce temps-là, elle était la seule qui pût être et qui fût hardiment revendiquée ; la ligue des catholiques fut une guerre en faveur des droits de la conscience chrétienne, que la tyrannie de

l'erreur aurait opprimée en France, comme en Angleterre et comme partout, si le protestantisme était arrivé au pouvoir.

Nous acceptons souvent les préjugés de notre époque, et nous jugeons les siècles précédents suivant les idées et les besoins du nôtre. Bien plus, on ne craint pas d'écrire et d'enseigner suivant ces vues étroites, fausses et complètement arbitraires. Il y a une manière d'évoquer les souvenirs historiques à la gloire d'une idée ou d'un héros; il y a aussi l'inverse, qui consiste à ne révéler que des hontes ; il y a la méthode de ceux qui ressuscitent l'histoire pour servir de leçon à leurs contemporains ; il y a par contre une façon d'intéresser des lecteurs désœuvrés en exhumant les scandales, et en ravivant les pamphlets.

La partie qui s'est jouée pendant presque tout le seizième siècle a été terrible; envisagée dans l'histoire générale, elle prend une importance extraordinaire en raison des doctrines qui en étaient l'enjeu et des conséquences qui pouvaient en résulter. Or elle est volontairement réduite, dans quelques livres modernes et notamment dans celui de M. H. Forneron, à une simple question de personnes, de prédominance entre ambitieux et d'arrangements de famille: c'est peut-être original comme procédé, intéressant comme lecture, mais c'est absolument contraire à la vérité.

Moins partiaux et mieux inspirés, d'autres historiens, MM. de Bouille, Cauvin, le protestant Dargaud luimême rapportent le jugement des principaux chroniqueurs contemporains de François de Guise, et le portrait qu'ils nous en tracent résume tous les témoignages dignes de foi ; cette méthode large et intéressante a le double privilège de montrer les héros sous leur vrai jour et d'embrasser la vérité tout entière; l'autre au contraire, sous prétexte d'érudition, ne dévoile que les petitesses du caractère et les calculs de l'ambition. Le goût de notre siècle serait bien vicié si l'on était forcé à descendre si bas, si on ne trouvait plus rien de grand dans les grandes actions, si on ne pouvait intéresser qu'en essayant de déterrer des hontes et d'amoindrir les grands hommes.

Lacretelle, souvent très sévère envers Guise, ne peut s'empêcher de s'écrier: « Après avoir montré, durant la plus grande partie de sa vie, la magnanimité d'un chevalier, il mourut en montrant la patience et la douceur d'un chrétien. »

Nous ajouterons encore, avec M. Ch. Cauvin, et pour montrer quel doit être l'esprit de notre livre : « Si François de Guise a été, sans conteste, le plus grand homme de guerre que la France ait possédé au seizième siècle, il a été aussi le politique le plus habile et le plus généreux de son époque. Tous le redoutaient et tous étaient obligés de rendre hommage à la magna-

nimité et à la grandeur de son caractère. Même lorsqu'il semblait n'occuper à la cour qu'un rôle secondaire, ses ennemis le considéraient toujours comme l'âme de son parti. Il faisait profession, comme tous ceux de sa race, d'un catholicisme ardent et convaincu ; son ambition, si grande qu'elle fût, ne parla jamais plus haut que son patriotisme. »

Ces considérations paraissent d'autant plus justes qu'elles caractérisent en même temps l'homme et la ligue dans ce qu'ils avaient de plus élevé.

La ligue ne permit pas que la religion réformée vînt s'asseoir sur le trône des héritiers de saint Louis; c'est un titre de gloire que toutes les passions ne peuvent flétrir ; elle ne nous a pas laissé devenir esclaves d'un synonyme de Henri VIII dans la personne du premier venu ; ce n'est pas un crime, c'est un bienfait, et le plus grand honneur en revient, tout d'abord, à M. de Guise le Grand.

Telle est donc, résumée, en quelques pages, la pensée qui a dominé l'auteur dans la préparation de ce livre, écrit pour la défense de l'Eglise. Il lui sera bien permis d'ajouter quelques mots pour indiquer la méthode qu'il a suivie.

L'auteur n'a eu garde d'interroger un seul parti; il a consulté d'abord les chroniqueurs du seizième siècle, les grandes collections, les dictionnaires, les biographies; il

a particulièrement fouillé le Bulletin de la société de F histoire du protestantisme français, organe de controverse très ardent, très agressif, qui publie des quantités de documents et de notes. Il a également puisé dans les ouvrages pleins d'érudition publiés de nos jours, et qu'il a déjà indiqués plus haut. Le plus souvent il leur a laissé la parole, estimant qu'il ne dirait pas aussi bien ce qu'ils disent, sous l'inspiration à laquelle il obéit.

Les dépêches des souverains, des ambassadeurs étrangers, les correspondances que le comte H. de la Ferrière a exhumées du Record office, où sont accumulés tant de papiers d'Etat, les recherches de M. Armand Baschet dans les archives de Venise, les mémoires secrets épars dans cent volumes, nous ont été de précieuses sources d'information. Dans l'impossibilité de citer partout les historiens à qui nous faisons des emprunts, nous avons renoncé à les nommer à chaque page, à accompagner leurs textes de guillemets, à couvrir de notes le bas de nos pages.

Mais nous donnons en tête de cette « Introduction » la Bibliographie de la plupart des livres que nous avons consultés, et qui nous ont servi à faire pour le duc de Guise, comme pour l'amiral de Coligny, un ouvrage qui ne nous donnera aucune gloire, car nous n'y mettons presque rien de personnel.

« Cependant, dirons-nous en citant encore quelques

lignes de notre préface àl' Amiral de Coligny, cependant, nous revendiquons le mérite de l'ouvrier mosaïste, qui ne fabrique point, assurément, ses petits cubes de lapis, d'aventurine, de jaspe et d'agate, mais qui les juxtapose d'après le carton du peintre, les assortit, les cimente et met en harmonie leurs brillantes couleurs. Et supposant que ce livre ne porte pas un jugement définitif, il n'en sera pas moins utile, étant l'œuvre collective des cinquante ou soixante érudits, d'opinions différentes, de styles divers, auxquels sont empruntés les matériaux de cet édicule. On le lira avec attrait parce qu'il est fidèle. On le consultera avec fruit, parce qu'il est complet. »

Il n'est point nécessaire de répéter, une fois de plus, l'affirmation de Montaigne que c'est ici un livre «de bonne foy». Destiné à la jeunesse, il ne saurait contenir une seule phrase qui pût troubler une âme pure, ébranler une croyance sincère. On doit à la jeunesse autant de respect qu'à l'enfance, et c'est un païen qui le dit. Comment un chrétien pourrait-il frauder la vérité et jeter, dans les âmes qu'il aspire à convaincre, le germe du mensonge?

Charles Buet.

Ftflntntë tœ linttame

DUC de GUISE.

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