‹ Franc̜ois Ier et la renaissance 1515-1547Chapitre 8 sur 17 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

ASPECT DE L^EÛROPE.

Progrès de l'empire turc. — Soliman IL — Prise de Belgrade. — De File de Rhodes. ^ Armée de terre. ^ La flotte. — Les chevaliers de Saint-Jean dispersés. «^Mort de Léon X. -^ Élection d'Adrien. — Situation de l'Italie. — Défaite des Français à la Bicoque. — Prise de Gênes. -^ Situation d'esprit de Charles- Quint. -^ Développement de l'opposition luthérienne. ««-Voyages de l'empereur en Flandre, en Angleterre, en Espagne. -^ Lutte du système chrétien et de l'idée politique. — Vaste projet des cordeliers pour sauver l'Europe. — Danger de la France. —

. Plan de défense conçu par François P'.-^ Splendeur de la maison de Castille. — Le nouveau monde. — Fernand Cortez. — Magellan. — L'or et les mines. — Ardeur des découvertes. — — Préparatifs de François I**.

iSSi— 15âS.

Tout système de conquête et de domination qui n'atteint pas don but^ prépare une réaction nécessaire^ surtout lorsqu'il est provoqué ou détei^

miné par un principe ardent d'opinion religieuse ou politique : ainsi avaient été les croisades des xi*' etxii* siècles. Quand l'Europe chrétienne s'ébranla pour délivrer le tombeau de Jésus-Christ, des colonies s'étaient fondées en Orient, et Jérusalem en fut comme la couronne. Bientôt, par des causes diverses, cette conquête et cette domination s'étaient affaiblies, et le résultat d'une rapide décadence fut la réaction militaire de l'empire musulman sur la chrétienté elle-même. Comme tous les empires qui naissent le cimeterre en main , les Turcs avaient déployé une puissance de moyens, une énergie immense, et leurs premiers sultans élevés à la guerre sous la tente, au bruit des tambours, au hennissement des cavales tartares , révélèrent un caractère de grandeur, de force et de capacité incomparable. Après Mahomet II qui en avait fini avec l'empire grec, le maître de Constantinople, le sultan qui avait converti Sainte-Sophie en mosquée; après Bajazet si formidable, après Sélim que le sérail avait affadi , était venu Soliman qui se donna la mission d'achever la conquête du monde, et dans ses rêves ambitieux, il se promettait déjà la Hongrie et l'Italie, Vienne et Rome, comme capitales de ses nouvelles provinces.

A cette époque, les Turcs ne présentaient pas seulement une admirable infanterie ou une cavalerie de spahis et de janissaires formidable, ils avaient encore une marine trè&-avancée; les Grecs de Constantinople leur avaient montré la science de la navigation ; et, possesseurs du feu grégeois , ils semaient l'incendie au milieu de la Méditerranée. Soliman II avait résolu une double expédition^ Tune contre Belgrade, boulevard de la chrétienté, la ville protectrice de la Hongrie et de l'Autrichej l'autre contre File de Rhodes , garde avancée de l'Italie, aux mains des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dernier débris des ordres militaires qui avaient défendu la Palestine. Bientôt la nouvelle sinistre arriva que Belgrade avait succombé après la plus héroïque défense *, et les Turcs débordèrent sur la Hongrie ; les plaintes et les gémissements partout s'élevèrent alors comme un douloureux murmure. Mais ce qui agita plus vivement encore le monde chrétien, ce fut le siège de Rhodes défendu par d'illustres chevaliers ^ : qu'on se repré-

• Le 5 de ramadan 927 de Thégire ( 9 août 4 521 ).

■ Soliman arriva en personne devant Rhodes le 5 de schoual 928 (28 août 4522) ; son grand vizir, Mustapha, l'assiégeait depuis la fin de mai.

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