‹ Francois Jaffier drame en cinq actesChapitre 21 sur 46 · DE POMBAL, ANTOINETTE · texte numérisé non relu

DE POMBAL, ANTOINETTE

Antoinette. Mon Dieu! puis-je

croire à ce que j'entends, et à ce que je vois?... M. de MondoviUe a donc raison , mon père?... vous avez voulu sa mort?

DE POMBAL. Eh bien! oui...

ANTOINETTE. Oh! ma tète s’égare!...

Et qu’a-t-il fait ?

DK pombal. C’est toi qui le demandes?

ANTOINETTE. Quoi! c’est à cause de moi qu'il doit mourir ? Ali ! je vous demande grâce pour ce jeune homme ! c’est un malheureux !.. c’est un malheureux !..

mais il ne faut pas qu’il meure !.. Qu’eslcc que cela me fait qu'il me croie coupable?.. il en a le droit, il m’a vue entrer chez vous, seule, en secret, toute tremblante!.. Sait-il que vous êtes proscrit!., que vous êtes inou père?.... ah! retirezvous de la lutte que vous avez engagée contre lui!... Si vous saviez ce qu’il m'a dit !.. vous succomberez.

de pAhbal. M. de MondoviUe est condamné ! le droit de te croire coupable...

grand Dieu !.. avait-il celui de livrer ton nom à la risée de ses amis, ton nom !.. le nom de ma fille!., va , c'est moi seul que je venge. Je l’immole non seulement à ton honneur , nou seulement à ma sûreté, mais surtout ?» cette haine invétérée que j'entretiens depuis vingt ails contre sa famille !.. Sois donc tranquille... tu ne seras pour rien élans sa mort !.. mais il mourra, c'est dit !

Antoinette, .Ma mère ! ma mère !

de pombal. Si c’est pour 111’inspirer des idées de paidon que lu invoques le souvenir de ta mère!., mais ce que Moudovillc a lait contre toi, son père l’avait fait contre elle. Ecoute-moi, puisqu'il faut que je me justifie ! apprends qu’il avait osé, le lâche!... qu’il s'etait vanté de inondés»

honneur!,.. Nous nous battîmes, et j’eus le malheur de ne pas le blesser à mort!..* mais j’attirai sur moi les vengeances d’uue iamille puissante; ils me forcèrent à m'expatrier , et voilà pourquoi je suis devenu corsaire!.. Qu'en dis-tu? voyons! ma haine pour le nom de MondoviUe n’esl-eUe pas juste et saiute? Devant Dieu, je crois que

LE MAGASIN THEATRAL

tanière était innocente... et pour t’aimer, vois-tu, j’ai besoin de le croire ; mais enfin sa réputation était perdue et j’étais devenu jaloux! Malheur à celui qui a voulu faire à ma fille une destinée pareille à la destinée de sa mère... point de pitié pour celui-là.... pour le calomniateur, point de pitié !

Antoinette. Oui , vous avez raison...

je vous respecte.... je vous aime, mais je fais grâce àM. de Mondoville, et je veux

que vous lui fassiez grâce aussi mon

père, au nom de votre amour pour moi... au nom de cette martyre et de cette sainte que nous adorons tous les deux , faites que je n’aie pas à me reprocher la mort de ce jeune homme !... Je vous demande sa vie comme je vous demanderais la mienne.

(Elle ce jette R scs genoux.)

DE tombal. Comme tu me demauderais la tienne !..

Antoinette. Eh bien! oui... puisque je l'aiine !..

de tombal. Tii l'aimes?..

ANTOINETTE. Vous me forcez à vous faire un aveu que je ne voulais pas me faire à moi-inéme. Accablez-moi.. . maudissez moi ! mais qu’il vive !.. S'il meurt , entendez-vous, amour ou remords, je le suivrai.

de rOMRAi.. Tu l’aimes, malheureuse enfant!... tu l’aimes et tu veux mourir?

ah! courons...

(Grand tumulte au dehors; bruit de pas dans les appartenions ; bruit de voix dans [a rue.)

VOIX, au dehors. Est-il mort?... Au secours!.. apportez des flambeaux !..

DE TOMBAL, s'arrêtant. Ciel et terre!...

il n’est plus temps !..

ANTOINETTE. Grand Dieu !... M. de Mondoville!..

de tombal. C’est à toi de me maudire, ma fille !..

Antoinette. Mort ! mort !.. ma mère , pardonne-moi !..

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