SCÈNE PREMIÈRE
PICARD , LE fiILLATRE.
LE MULATRE. 11 n’est pas rentré?
PICARD. Pas encore.
le mulâtre. Je vais l’attendre. ..
picard. Lui apportez-vous des nouvelles ?
LE MULATRE. Sur quoi?
picard. Sur l’événement de cette nuit...
Ab! vous pouvez en parler avec moi, monsieur Scipion. .. je sais tout... voilà une histoire incompréhensible et tragique!..
M“* Duresnel, qui était rentrée tranquillement hier au soir dans son appartement, ne s’y retrouve plus ce matin... C’est une personne trop vertueuse pour avoir fui le domicile conjugal ; on l'a donc enlevée. . .
mais qui?., mais comment? il n’y a pas dans sa chambre une trace de violence...
et si je n’avais pas vu sous ses fenêtres des pas d’hommes empreints sur les plates-bandes , je croirais qu’elle a été emportée par un esprit.
le mulâtre. Les coupables avaient des intelligences dans la maison.
picard. J’en suis persuadé comme vous.
Je suis d’avis qu’on nous soumette tous à un rigoureux examen... moi, le premier!., c’est ce que j’ai dit à M. Duresnel, qui aurait déjà mis tous mes camarades à la porte, sans la crainte qu’il a d’ébruiter l’accident.
LE MULATRE. Il n ’est donc pas connu ?
picard. On ne le soupçonne meme pas... toute la maison est persuadée que M"* Duresnel a été obligée de partir cette nuit pour Orléans , où la maladie d’une parente l’a appelée... Moi-nièine, si je sais la vérité, c’est qu’on m’a chargé de tromper les autres.
LE mulâtre. Bien !
PICARD. Voici fil. Duresnel !..
le mulâtre. Qu’il a l’air troublé!..
PlCAnD. Comme votre maître, ce matin.