DURESNEL, PICARD
BURESnel. Picard !
PICARD. Monsieur?
duresnel. M. de Pombal est venu dans la journée?
picard. Non, monsieur; il est venu ce matin.
Di'nESNEL. Vous ne me le disiez pas ; malheureux?
picard. Je n'aipas encore trouvé le moment de vous le dire.
DURESNEL. Qu'a-t-il fait? qu’a-t-il dit?
Parlez, n’oubliez rien.
PICARD. Au premier regard que j’ai jeté sur lui, j’ai deviné qu'il savait tout. Il est entré dans ce salon, pâle et en chancelant. « Conduisez-moi près de M"" Durcsnel... Elle est sortie, ai-je répondu suivant vos ordres... Sortie... c’est donc vrai...
Il est inutile de me tromper... je sais qu’on l’a enlevée au milieu de cette nuit ; mais jedoutais encore...» Alors, il est entré dans la chambre de madame, et il a regardé de tous les côtés ; puis, il s’est assis sur une chaise, sans rien dire, et j’ai vu des larmes qui tombaient de scs yeux.
duresnel. Mais il m’a demandé ?
picard. Il allait peut-être me parler de vous quand le mulâtre est arrivé. « As-tu » des nouvelles? » lui a crié M. de Pombal. » L’avis était juste, a répondu le mulâtre ; l’enlèvement a été conduit par l’homme que vous soupçonniez. »
DURESNEL. Par l'homme que vous soupçonniez?
picard. M. de Pombal a levé les mains ati ciel, puis il a fait un geste terrible, et ils sont partis tous les deux.
DURESNEL, à lui-même. De quel mystérieux pouvoir cet homme dispose!., je n’avais pas songé à cela.
picard. S’il revient dans la journée, serez-vous visible pour lui ?
DURESNEL, préoccupé . Pour qui ?
PICARD. Pour M. de Pombal.
DURESNEL, avec violence. Je ne veux pas le voir, ni lui, ni le mulâtre... personne, entends-tu bien?., personne! Va , cours ; s’il vient , ou lui dira que je suis Darti ..
que je suis à la recherche... que je ne reviendrai pas de tout le jour... Ciel ! le voici! {A Picurd.) Laisse-uous.
(Picard sort.)