LÉONCE, LE CHEVALIER
LF. chevalier. Te voilà tout rembruni par ton histoire, et j’ai regret de te l’avoir demandée ; mais j’avais un but.
LÉONCE. Lequel?
LE CHEVALIER. J’avais deviné que tu I
étais amoureux , ctcommc tout est commun entre nous depuis fort long-temps , je me figurais que nous aimions la même femme.
’ I.ÉONCr. Te reste-t-il des doutes?
„• le 'chevalier. Ah! mon cher, ma jalousie 1 n’était pas extravagante! je serai
moins discret que toi c’est de M“* de
Lalaing que je parle, une flamande sentimentale ; qui te regarde avec beaucoup de faveur ! c'est au point que pour m’insinuer dans sa confiance, je n’ai pas trouvé de meilleur moyen que de me faire passer pour toi : oui , je me suis informé près du vieux Joseph, du domino que tu devais porter à cette fête , et je m’en suis fait faire un identiquement pareil ; doublé de rouge, aveedes na-udsctdes aiguillettesde la même couleur. Dans une heure , le geai se parera de tesplumes; je m’approcherai, sousce travestissement, de la dame de mes pensées; et je parie que cette méprise...
Léonce. Quel projet!
le chevalier. Tu ne t’y opposes pas?
LÉONCE . D'autant moins que jcin'en irai dans une beure.
LE chevalier. Bravo ! j’attendrai ton départ; voilà un ami! ah! Mondoville, quand trouverai-je l’occasion de me faire tuer pour toi !
(IL sortent.)