‹ François-Joseph intimeChapitre 14 sur 25 · LE PRINCE HERITIER · texte numérisé non relu

LE PRINCE HERITIER

Chétif, malingre, abusivement nerveux, tel apparaît, dès sa petite enfance, le prince héritier du trône d'Autriche- Hongrie, fils de l'épileptique François-Joseph et d'Elisabeth, rameau d'un arbre généalogique où montait la sève de la folie. Le petit Rodolphe, en outre, en raison peut-être de sa pauvreté physique, représentait le type le plus parfait de l'enfant gâté. Sa grand'môre, l'archiduchesse Sophie, qui s'était chargée de son éducation, dans des circonstances que l'on a apprises, lui donnait, depuis neuf années, une éducation physique et une éducation morale aussi désastreuses l'une que l'autre. L'enfant devenait à la fois, et chaque jour davantage, un pauvre être en même temps qu'un être insupportable. C'est alors que le souverain, qui souffrait, d'ailleurs, de la séparation d'avec sa femme, eut l'idée de la faire revenir à Hofburg pour lui confier la direction de son fils. Sans doute il éprouvait peu de peine sentimentale de l'absence de sa femme, mais il supportait mal le mauvais effet causé par la vie en partie double du mariage impérial. Et puis l'attitude d'Elisabeth se montrait si digne, si inattaquable, en dépit de méchants bruits que certains fidèles de l'archiduchesse-mèrc s'étaient plu à répandre, sans jamais pouvoir rien prouver, qu'une notable partie de l'aristocratie viennoise, qui se fût vraisemblablement acharnée contre l'ini-

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