LA FIN DES PRINCIPES
Toute sa vie, François-Joseph s'était érigé en champion des principes traditionnels, et, s'il ne s'était guère plu à les respecter, toujours et scrupuleusement, lui-même, du moins prétendait-il que les autres ne les méprisassent point. Les drames et les tristesses de sa maison, bien qu'il y trouvât une grande part de responsabilité, passaient sur lui presque sans l'atteindre, mais les .scandales qui avaient assailli et sapé le renom des Habsbourg ne pouvaient le laisser indifférent, puisque, touchant à l'honneur du nom, le vieil empereur s'en trouvait diminué dans son féroce orgueil comme dans sa morgue hautaine et rude. Pour éviter que les turpitudes de ses proches se répandissent dans les limites de l'Empire, il édictait ou faisait édicter des lois restrictives de la liberté de la presse, mais il ne pouvait museler ainsi le droit d'écrire dans les pays étrangers ni fermer ses frontières à toutes les publications du dehors. Et, à son grand dépit, racontés commentés, augmentés même — quoiqu'ils n'eussent guère besoin d'enjolivements — les bruyants scandales provoqués par les membres de la famille impériale et royale de Habsbourg, revenaient en Autriche-Hongrie, accrus dans leur tumulte par le fracas de l'écho lointain.
Peu à peu, avec les années, il apportait moins d'ardeur à la lutte. Ses principes demeuraient sans doute les mêmes,