SCÈNE II
FRANÇOIS, portant le panier de pêches. PURNON. FRANÇOIS.
Me voilà! — Ahl c'est chez Madame ici, n'est-ce pas, monsieur Purnon?
PURNON.
Vous le voyez bien 1 — - Mais non, il ne voit pas, il ne voit rien, ni les dorures, ni les lumières, ni...
Les dorures, oui, c'est gentil I ça imite assez les feuillages de la Saint-Martin quand le couchant donne dessus. Pour ce qui est des chandelles (loi poussant le coude et riant} , on croirait que vous n'avez
jams^is regardé le soleil. ( Pumon hausse les épaules et se frappe le front.)
Est-ce que j'ai dit des enfances ? Dame ! les autres chez nous trouveraient peut-être tout ça autrement beau; mais moi , c'est vrai,
j ai des manques, (un laquais Tient d'apporter une assiette de vermeil sur laquelle Pumon se met à dispbser des pêches.) Hél là! qu'est-ce qUO VOUS
faites, vous?
PURNON.
C'est pour le souper de Monsieur.
Et de Madame? Oh ! s'ils sont à table, qu'ils ne se dérangent
pas! (Aidant Poroon.) Poscz-moi ça bien délicatement. Là! cette belle-là, c'est pour Madame, (au vaiet. ) Entendez-vous? pour Ma-
dumol (Le laquoii lort emportant rnssicif^.) PURNON.
Hél Monsieur mange toujours seuL
Ah! les pèches n'étaient que pour Monsieur! Ils font donc table à part? Dieu! comme mon manger s'ennuierait tout seul! Enfin, il reste douze pèches. Où est Madame, hein, que je les lui porte?
PURNON.
Il faut d'abord que je vous annonce.
Bah! mes pèches m'annonceront.
PURNON. ^
Vous croyez donc que vous allez parler à Son Altesse comme à Javotte ?
Eh ! mais ! je lui parle gentiment à Javotte! — Monsieur Purnon, voyons, où est Madame ? ^
GUICHE, survenant.
Voyons, où est Madame ?