ACTE PREMIER
niers de père en fils. Le roi Henri IV a soupe à Lieursaint chez le grand-père, un soir qu'il s'était égaré à la chasse. La femme Michaud, veuve depuis cinq ans, a été la nourrice de M. de Guiche. De trois fils, il ne lui en reste qu'un sepl, — ce François, — qu'ils • appellent dans le pays François les Bas-Bleus, probablement à cause...
LE CHEVALIER
De la couleur de ses bas. Allez, allez! Et, naturellement, ce François est tout dévoué à Guiche ?
PURNON.
Absolument dévoué. — L'autre pignon du logis donne sur un grand enclos de vignes, et, chaque année, M. de Guiche y vient faire l'ouverture des vendanges, vêtu à la villageoise, le panier au bras et les ciseaux à la main. Il a quelquefois invité à la fête des dames de la cour; sa sœur, madame de Yalentinois, y était l'an passé. M. de Guiche traite François, ^n frère de lait, presque comme un frère véritable.
LE CHEVALIER
Bon! mais entre Madame et ces Michaud, qu'est-ce donc qu'il y a eu de commun ?
PURNON.
Ahl voici. La ferme des Michaud a brûlé il y a trois ans; c'est dans cet incendie que les deux fils aînés ont péri. M. de Guiche était encore en Pologne. Madame savait l'histoire du souper de Henri IV; elle a fait relever les bâtiments à ses frais. Le grandpère Michaud, âgé de quatre-vingt-sept ans, est allé avec François, son dernier petit- fils, remercier Madame, qui lui a dit : « Vous ne me devrez rien, vous me ferez porter, tous les ans, un panier de vos plus beaux fruits, et nous serons quittes.» Et chaque année nous avons reçu un panier des plus magnifiques pèches.
LE CHEVALIER
C'est cela, je comprends : François les Bas-Bleus est reconnaissant à Madame, François les Bas-Bleus est dévoué à Guiche; il y a là un lien tout trouvé. (Paraît Nantouuiet.) — Le marquis I — Purnon, VOUS me retrouverez ici ; allez maintenant remplir auprès de ce François la commission de Madame, (pumon monte dans la maison.)
i FRANÇOIS LES BAS-BLEUS.