LE CHEVALIER, NANTOUILLET
LE CHEVALIER
Eh bien, mon cher Nantouillet, avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?
NANTOUILLET, inquiet et agité.
Je le crois! je le crois! A travers la grille d'ici près, il m'a semblé apercevoir les sentiers tournants d'un labyrinthe ?
LE CHEVALIER
Oui, et tous ces sentiers conduisent à certain pavillon discret où s'est égarée, sur les pas de l'irrésistible Armand deGuiche, plus d'une Ariane de notre connaissance : madame de Ghalais, mademoiselle de Ghatillon, mademoiselle de Grancey, mademoiselle...
NANTOUILLET
Assurément, ce doit être à cette grille -là que s*est passée la scène en question !
4 LE CHEVALIER
Ah ! eh bien, vous décidez-vous à me la raconter, cette mystérieuse scène?
NANTOUILLET
Oui, oui! et elle vous intéresse au plus haut point, chevalier. Vous remportiez, il y a aujourd'hui quinze jours, une victoire admirable ! Guiche, votre grand adversaire, était mandé au Palais- Roy^I, et là, devant toute la cour. Monsieur interdisait à son ancien favori de jamais reparaître chez lui. Guiche s'éloignait, affectant toujours ses airs superbes; mais on disait *qu'il irait cacher son chagrin, non dans son hôtel de Versailles, non pas même dans ce château de Colombes, mais chez le maréchal de Grammont, son père, au fond de l'Amiénois.
LE CnEVALIER.
Et c'est là qu'il est allé, en effet.