ACTE TROISIÈME
Ah! vous voir là, comme ça, manger de mon pain, que c'est geniill je me battrais de joie !
MADAME
Mais ce n'est pas tout, voilà qi^e j'ai soif.
Ohl nous avons de vieux vin...
GUIGHB.
Il doit y avoir des glaces...
MADAME
Hél non! — Qu'est-ce qu'ils boivent donc, — les autres?
Us boivent du vin doux.
MADAME
Du vin doux ! oh ! j'en voudrais I
Comment donc I (Arrêtant une serrante qui passe avec un pot et des verres )
Donne, Périne. Et vous, monseigneur, travaillez aussi. Vous n'êtes plus seul à présent. Apportez les verres.
GuicnE.
Voilà! voilà!
Ça, par exemple, c'est joli à boire, (versant.) Goûtez.
Eh bien, et vous? vous toquerez bien votre verre , not' maît', avec celui de vôtre vendangeuse ? (Leur versant à son tour.) Patron, et vous, meunier, à votre santé!
A votre bonté !
GUICHE
A votre grâce! (iis boivent.)
MADAME, après avoir bu.
Ahl oui, c'est bien appelé du vin doux! cela ne ressemble plus
du tout à du vin. O doit être ionocent comme du lait, cette bois-
80Q-là I
Innocent I oui, très-innocent I
MADAME
Et, pour lors, nous avons donc du vin doux, à discrétion?
PmANÇOIS.
A discrétion I
GUICHB.
Ohl c*est aujourd'hui fête, vous pensez!
MADAMB.
Et en plus, qu'est-ce que vous donnez ?
Ge.que je donne ? *
MADAME
Oui, qu'est-ce que vous payez la journée?
Ab! je paye six sols trois deniers.
MADAME
Six sols trois deniers, ob! ohl — Eh bien mais, dites donc, payez-moi.
Vous payer!
MADAME, posant son panier sur un escabeau.
Dame! voilà mon ouvrage! il ne va pas me payer à présent!
GUIGHE.
II le faudra bien I
Ohl mais oui, alors, certainement! (Tirant une bourse de cuir.) Tlà trois, quatre, cinq, six sols, (cherchant.) £t puis une pièce de trois deniers?... Vous n'avez pas sur vous une pièce de trois deniers, monseigneur? En v'ià une de six.