ACTE TROISIÈME
M AD A MB, Tiremeot.
Ahl ma foil tant pisi je n'ai pas de quoi vous rendre. (EUe tir«
Qo moacboir brodé et noae les pièces de coiTre dans an coin.) Ohl mais que
je suis contente! j*ai gagné six sols trois denieis, — ma nourriture, — ^t un pourboire!
Sur ce, rebuvons. Jamais, comme disait mon grand-père, nous
ne boirons si jeunes. (U ts pour yerser & boire à Madame.) MADAME, lui arrêtant le bras.
Non! non plus! (Passant la main sur son ftront.) YOUS disieZ qUO c'était
inn«>cent le vin doux I je ne sais, je n'ai fait pourtant qu'y tremper mes lèvres...
Oh! ce ne serait pas le vin doux alors, mais le grand air, le soleil. J*ai vu comme ça une fois une cigale ivre d'une goutte de rosée.
MADAME, yivement.
Àh ! mais je ne veux pas être comme la cigale I
GUIGHE.
Vous ne vous sentez pas mal? .
MADAME
Non, je suis bien, au contraire, je suis enchantée! Hier le chagrin, mais aujourd'hui la joie*. Hélas! la joie, c'est aussi pour moi le vin nouveau, et ce qui m'a peut-être un peu étourdie. Mais je suis très-bien I — François, je ne me suis sentie nulle part chez moi comme chez vous. Ici pas de soupçon, pas de crainte, pas de danger. Le temps est doux, la vie est légère, tous ces braves gens là-bas ont l'air heureux. Jusqu'aux nuages, regardez, qui passent dans le ciel, ce sont des nuages roses. Âh ! c'est comme un rêve! je me Bgure que je suis en vendanges dans un cx)in du paradis. Dites donc , c'est peut èlre là ce qu'on appelle les vignes du Seigneur !