ACTE QUATRIÈME, PARTIE
que je me vante, que je suis venue ici, c'est vrai, mais que, ce jour-là, il a eu soin de ne pas y venir, lui 1
MAD4ME
Mais non, je ne savais rien... je ne sais rien.
» MONTÀLAIS.
Ah! il n'y a pas un mois pourtant, — sachez encore cela, par exemple! — il n'y a pas un mois qu'il m'écrivait, à moi aussi, des lettres pleines de passion et de prière.
Oh ! et vous épousiez le marquis !
MONTALAIS
Votre Altesse veut dire que je ne l'épousais pas! — Puis un jour est arrivé sans doute, oii M. deGuiche aura lu dans d'autres yeux une plus haute espérance. Alors les lettres ont changé d'adresse, alors je n'ai plus existé, moi , alors il m'a été refusé même de me perdre... Ahl Madame, vous pouvez bien me dire ": Je ne vous hais pas ! — c'est tout simple , vous êtes aimée ! Mais moi , qui suis dédaignée, raillée, repoussée, -— moi, je...
MADAME
Ne dites pas que vous me haïssez, Montalais I je ne veux pas que v^us me haïssiez! et vous ne devez pas me haïr!
MONTALAIS
C'est juste, j'allais oublier que je parle à Votre Altesse.
MADAME
Laure, il n'y a ici en présence que deux cœurs qui souffrent, et la seule inégalité qu'il y ait peut-être entre eux, c'est que l'un souffre dans son amitié, et l'autre plutôt dans son orgueil.
MONTALAIS
Soit, Madame ! il est convenu -qu'ayant pour vous toutes les supériorités, naissance, et rang, et charme, et domination des âmes, vous y ajoutez d'être encore bonne, clémente et généreuse. On vous le disait à l'instant : vous êtes une divinité! Mais^ moi, je suis une fename, et rien qu'une femme, j'en avertis Votre
Alte&<el et c*eAt sur elle mon avantage. Oui, ma force, c'est d'être faible, c'est d obéir à ma pas:^ion, c'est de céder à mon ressens timent, c'est enQn de me venger comme je poux, quand je le peuxl
Et vous allez le pouvoir, n'est-ce pas, Montalais? *
MONTALAIS, avêc menace.
Madame!...
MADAME
Eh bien, faites, servez-vous des armes que je vous ai fournies contre moi-même. Vous avez dans vos mains les lettres à moi adressées par monsieur de Guicbe, et elles peuvent assurément, inlerprétées par des ennemis, me faire tort et me compromettre. Il est certain que j'ai été imprudente de les recevoir. Mais cette imprudence, qui ne nuit qu'à moi, est heureusement le seul reproche que m'adresse ma conscience. Aussi, grâce à Dieu, quand j'interroge mon cœur, je sens que je peux vous plaindre, mon enfant, mais, en vérité, il m'est impossible de vous craindre I (Eiia
paiM daot le taloo de droite.)