‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 12 sur 104 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

FRANÇOIS, pois GUICHE.

François, m«i. Au revoir! à bientôt! une suite à mon commencement? — Oh! mais, en attendant, e!!e en veut à ce cher vilain seigneur. Bah! dépit do femme, brumodu matin, ça s'envole au premier rayon. lEntr* c>iehe.j ci’icHK, «percerant FnsfoM. Ahl mon François ! — Te voilà donc enfin, malheureux!

François. Monseigneur! ah! vous arrivez bien!

GDI ch s. Tiens! est-ce que c'est lui qui va me gronder? François. Je crois bionl vous, faire une injure à une femme ! vous !

guiche. Ah! tu Pas vue? elle est venue, François? qu'estce qu’elle a dit ?

François. Elle a dit que vous n'étiez pas revenu exprès, parce que vous saviez qu'elle devait venir.

guiche. 11 y a du vrai là dedans.

François. Elle a dit que vous en aimiez sûrement ano autre. Elle a dit que vous vous en repentiriez. guiche. A-t-elle dit qu'auparavant elle s’en consolerait? François. Non. elle no la (tas dit.

g u i en k. Eh bien. va. elle lofera.

François. Dieu du ciell comment, vousqu'on aime pour de bon. pouvez-vous aimer pour de rire?

guiche. Ah! mon brave François 1 cœur de l’âge d'or, crédule comme un enfant, fidèle comme un homme, que je t’aime et que tu m'.imuses! Tu es un vrai gentilhomme naturel, François! Tu te fais de belles imaginations do ce qui devrait être, mais tu ne sais rien, rien du tout de ce qui est. Aussi, qu'est-ce qu’il t'arrivera, mon fils? tu feras toujours pour aux femmes avec tes respects. Tu les estimes trop! elles n'auront jamais assez de monnaie pour te rendre les avances.

François. Alors vous croyez que l'abandonnée d'hier ne vous aimait pas ?

guiche. Elle ne m'aimait pas quand je lui demandais de m'aimer. Kilo m’a peut-être aimé quand in ne le lui demandais plus. Et maintenant que, de peur de déplaire à une autre, je viens de l'offenser, elle, — oh ! il se peut très-bien qu'elle m'adore.

François. Ainsi, c'est vrai, vous en aimez une autre ? guiche. Ah! est-ce que j'oserais dire que je l’aime? Non! mais il a lui devant moi un espoir, un rêve, oh! insensé, dangereux, mais si brillant, si tentant! éloiloou feu follet, il a fallu le suivre, cl, s'il ne me conduit pas à ma chute, vivo Dieu ! le paradis qu’il laisse entrevoir est si beau, que pour m'en être seulement approché, tout ce qu’il y a d'illustre et de grand à la cour, ducs, princes, et le roi lui-même, le roi surtout, devra me porter envie!

François. Ahl voilà le grand mot: être envié I C’est toujours de la vanité, votre amour.

guiche. Eli! non, c’est l'audace du cœur! Mais tu ne me comprendrais pas. François, et je no tiens pas à ce que tu me comprennes- Parlons d'autre chose, de toute autre chose. Veuxtu me rendre un grand service?

François. Tiens 1 c'est donc mon jour. guiche. Le veux-tu?

François. Vous le demandez.

g u tcii r. Eh bien, tu sais quo Monsieur m'a interdit sa présence, et quo désormais le Palais-Roval m'est fermé. François, lu vas me le rouvrir.

fr vnçois. Moi !

guiche. Écoute. On a chez toi pour Madame une sorte do culte, n'esl-cc pas?

François. Pardinel Henri IV soupant chez le père Michaud jeune, Madame secourant le père Michaud vieux, do quoi voulez-vous qu’on parle et qu'on reparle à la maison, si ce n’est de ces souvenirs-là, du bon grand roi et de sa petitefille?

guiche. C'est vrai aussi, ami, que par le cœur elle lui ressemble! Oui, elle a tout son attrait de bonté, d'enjouement, d'e-priL, avec l'enchantement de la femme en plus. Elle est Henriette comme il était Henri.

François, * iui-nt*i»t. Ah! mon Dieul guiche. Et quand on était habitué à la voir et à l'entendre chaqde jour, ne plus l'entendre et ne plus la voir, François, c'est un supplice. On ne s'amuse plus du tout à Versailles,

depuis que le roi tourne au maîlre ; ol nous nous entendions

si bien. Madame et moi I

François. Vous vous entendiez ?

ci* ic ii f. Sun esprit j elle est tout indulgence, tuais enfin elle aime sourire, et de quoi sourire charmant !

François. Je lo sais.

c vieil k. Alors, pour lu faire sourire, moi. je lui donnais | la comédie du prochain; et. quand elle m’imposait silence, je | la lui écrivais, sur tout et sur tous. Par eiomple sur un fielleux qui me porte quelquefois ombrage, un certain grand Alcan dre...

François. Mais c'est donc une maladie chez vous ?

GU ici! B, rint. Incurable! El cependant toutes ces folies la repoi-aient de l'étiquctie, la pauvre princesse ennuyée. C’est pourquoi je me figure que je lui faisaussi un peu faute, j et c’est pourquoi tu vas m'aider à me rapprocher d’elle.

Fr ançois. Oh! quelle peur vous me faitesl gui ch b. Eh! rien n'est plus innocent, tu vas voir. — C’est I vers ee tempe-ci que lu portes au Palais-Royal ton panier de pèches?

FRANÇOIS. Oui, — c’est mémo aujourd'hui, o vieil s. Vital! eh bien, je vais revêtir mon coutume des vendantes, arborer des bas à tes couleur-, deman rer Purnon ; do ta [tari, et pénétrer en hardi corsaire chez Madame, sous le nom et le pavillon de François h s Bas-Bleus.

rnANçois. Miséricorde I vous êtes donc bien sùr de ce Purnon? sûr qu’il ne refusera pas?...

guichk. Je suis sùr qu'il ne refusera pas deux cents pistoles.

François. Oh! vous jouez là un jeu bien dangereux, pus moins I

gui cb B. Eh! le danger, le roman, l'aventure, c’est le charme I Madame ta être enchantée 1 C'est jour d'appartement au Palais- Royal, lu coursera là, le roi; tarit mieux I quelle solitude que lé foule! Je saisi? une échappée, je vois Madame seule, je lui parle, je lui demande à mon tour... Ah! si tu savais ce que je lui demanda, François, c'est toi qui serais content! Mais, en attendant, cela ne te Fait rien, je pense, de me céder pour aujourd'hui tu place.

François. Ah I vou* (>en»ez? — Mais vous allez donc vous charger de nos pêches ?

g c i c h k. Oh ! j'ai peur d'être un peu gauche, moi, à porter ton panier, et Madame m'accueillerait peut-être pour moimême.

François, trfautmtni. Alors, Madame ne recevrait même pas notre redevance do celte année ?

gu ic il K. Allons! tu y liens?

FRANÇOIS. Dame I

gl'ichk. Eh bien, je les prendrai, tes pèches; nous aurons peut-être le temps d'y goûter. Mais sont-elles prêtes, au moins?

François. La mère arrive de les cueillir.

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