SCÈNE VI
MADAME, puis GUICHE.
madame , **ui*. ravala aujourd'hui, par moments, oublié d’être triste; on dirait que. chaque fois que cela m'arrive, quelque chose punit mon sourire. |zntr* coick*. — s»m ** r*to«dot.i Ahl c’est vous, mon garçon?
g u i ch b. C'étions moi-même, Madame, pour vous sarvirl
MADAME, hm on cri il surprit* *t 4* loto. Ah I l'ette Voix ! quiche, d’un* roi* uto-doue*. Pour vous sarvir. madame, non* t-nnn bcttmi. Ahl ab I ah! l'étrange mine tt quc vous donne cet habit !
guichk, riant. Ah! ah! suis-je un assez parfait manant? madame. Mon Dieu! voilà que je ris encore, quand je devrais seulement vous gronder. Que signifie ce déguisement, cette folie? Purnon qui me disait que François les Bas- Bleus...
guiche. Eh! il est là, François les Bas-Bleus, le véritable, prêt à paraître au premier signe, et à se substituer à son Sosie. Il n'y a pas de danger. Madame, pas l'ombre de danger I
madame. Mais enfin, pourquoi êtes- vous venu? pourquoi ?
guiche. Comment' Madame, après quinze étemels jours d'exil au fond de la Picardie!
madame. Ah t vous êtes resté tout ce temps en Picardie, chez votre père?
GUicnE. Tout ce temps, Madame! quinze jours, quinze siècles 1 Foi de gentilhomme, ce matin encore, je maugréais après mes postillons dans les brouillards de l'Oise.
madame. Ahl c’est bien I — Qu’est-ce que je vou9 disais?... Non, c'est vous qui ne mo dites toujours pas pourquoi vous voilà ici, dans ce costume, dans ce péril?
guiche. Eh! Madame, pour vous voir, c’est-à-dire pour ▼ivre.
MA DAMS, la m*osgai>t do doit*. VOUS oubliez DOtrO traité. guiche. Du tout, Madame! — « Article X : M. de Guiche n'aime personne d’amour, personne! Il n'a pour Madame qu'une sincère et respectueuse amitié. » Mais depuis quand, après une si longue et si lointaine séparation, l’ami n'a-t-il point hâte de revoir son ami ?
madame. A la bonne heure! Mais, grand Dieu! si le chevalier do Lorraine soupçonnait seulement votre présence!
guiciib. Le chevalier t je ne m'en soucie guère. Vous savez que je ne crains ici que le roi, Madame. madame. Eh bien, oui, le roi...
guiche. Ohl mais, quand je dis que jo le crains, vous
savez aussi que ce n’ost pas pour moi, que c'est pour vous.
madame. Le fou! encore cette pen-ée! Jaloux du roi! mai-, en vérité, quelle raison... je veux dira quel droit avezvous de l'être ?
guiche. Ah ! merci I
madame. Et, maintenant, — vous vouliez me voir, — partez, puisque vous m'avez vue.
g u i c il s. Eh bien, oui I mais quand vous revorrai-je ? madame. Ohl par grâce, ne venez plus!
guiche. Soit; mais pourquoi ne pas venir, vous? madame. Que voulez-vous dire?
guiche. Ne vous rappeiez-vous pas ce que jo vous contais de nos parties de vendanges à la vigne de François les Bas-Bleus , et les charmants projets que nous bâtissions làdessus en riant?
madame. Oui, en riant
guiche. Madame, les vendanges ouvrent demain, Monsieur part ce soir pour Ville rs-Cot 1 ère ts, le roi chasse toute la semaine à Mark, vous serez seule, Madame! vous serez libre I
madame. Mais, malheureux! tenter un pareil risque! guiciib. Oh! un risque tout petit, Madame, un risque qui vous amusera, et voilà tout; car, au fond do votre âme charmante, il est resté beaucoup de la jeune fille et un peu de l'enfant. Venez donc, venez un jour à ces vendanges, Madame. Je ne veux pas du tout vous parler de moi ; mais, vraiment, s'échapper un matin, furtive et frémissante, sous un déguisement qui vous cache aux autres et vous change à vous-même, vivre quelques heures d'une vie inconnue, faire uno fois la cour buissonnière, mordre à la grappe défendue avec un brin de scrupule, mais pas l’ombre d'un remords, et rentrer le soir ravie de ce jour d'oubli . de courage et de gaieté, sans avoir après tout fait tort qu'à l'ennui, — quel innocent et doux souvenir à arranger, Madame! Venez! venez 1 Vous venez, n’est-ce pas?
madame. Le tentateur! ah! si j'osais!... Vraiment, vous me répondez qu'il n'y aurait aucun danger sérieux? Vous ne me tromperiez pas?
guiche. Vous tromper I vousl le jour où , dans la chose la plus indifférente, jo vous tromperai, méprisez -moi I (on
•BMtul b* tu* au* champ*.)
madame. Ahl le roi arrive! Partez, vite!
guiche. Oui, mais je reviendrai chercher votre réponse.
madame. Non! écoutez...
guiciib. Laissez faire! je sais tfès-bien jouer à catbe-
cache. Ill «or* ro courut par lu droite. I
madame, «ni*. Oh! l’imprudent I l'imprudent!... |cu*r«atr*
rb«* «U* pur U porto d« ranch*. )