‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 26 sur 104 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

M» hbs, LE ROI. LE CHEVALIER, NANTODILLET.

le roi. Eh! où êtes-vous donc, Madame? voilà qu’on s’amuse sans vous. Vous qui avez l'esprit si pénétrant et ai fin, on devine des charades, et vous n êtes pas là pour nous aider.

madame. Quelles charades, Sire?

le roi. Oh! nous allons vous mettre au courant. D’abord, où croyez- vous qu’est M. de Guicbe?

madame. M. de Guicbe! Pourquoi cette question, Sire? M. de Guiche?... je ne sais, on le disait, je crois, en Picardie.

le roi. Oht les Picardes sont bien faites pour retenir ce vainqueur! Apprenez qu’il n'a pas quitté Paris, — ou les environs.

madame. Ah 1 — Mais quel rapport a sa présence avec...? le aoi. Avec la charade? Voici. Il s'agit de trouver le nom de la belle qui a eu le pouvoir d'enchaîner ce fugiuf. madame. Et vous avez trouvé?

l b roi. Nous savons où chercher du moins.

MADAME. Et C'est?

le soi. C'est ici.

madame. Je no comprends pas Votre Majesté.

le roi. Voyons, vous rappelez-vous, Madame, à laquelle de vos filles dnonneur vous avez donné un nœud de perles; sept perles rondes formant l'agrafe, et trois perles allongées en pendeloques?

François. •« montrent » rentré*. Qu’est-ce que j'cniendà ? madame. Non, je ne mo souviens pas, Sire, à qui j’ai fait ce présent. Et nour quelle raison m'en souviendrais-je?

le roi. Ahl c’est qu'une do vos filles d’honneur a perdu un joyau semblable, hier matin, au petit jour, en sortant de certain pavillon du parc de Colombes, qui appartient au comte de Guicbe.

François, k p«rt. Miséricorde!

M A n A M B , retardant ta ctreraltar. Oh I OSt-CO Vrai ? Ost-CO pOS-

siblo, Sire?

le roi. Madame, vous en croirez ma parole si j'affirme

3 ne c'est avéré. Du reste, comme on suppose que le nœud e perles a dû être retrouvé, nous allons le cherchant ce soir ^ tous les corsages, et nous finirons par le découvrir, surtout si vous vous mettez du jeu.

madame. Oui, alors, si le fait vous est prouvé. Sire, oui, assurément, j'aiderai Votre Majesté. Mais un jeu! cela vous amuse. Sire; moi, eda m'indigne!

le roi. Il est certain que M. de Guiche...

madame. Eh! que me fait M. de Guiche, Sire! je pense bien à M. de Guiche, en vérité! Mais Votre Majesté ne voilette pas que, par ia faute d'une seule, toutes les filles de noblesse et de bon renom qui m’entourent vont se trouver soupçonnées. Voilà M. le marquis de Nantouillet qui doit épouser mademoiselle de Mootalais; demandez-lui s'il accepte une pareille confusion.

nantouillet. Je ne l'ai pas aperçue encore, mademoiselle do Montalais!

madame. Je ne puis donc me résigner, Sire, — et c’est tout simple! — à garder là . près de moi, dans ma maison, dans mon intimité, la coupable, quelle qu elle soit.

LE roi. J’avais pris la chose moins sérieusement, mais je comprends votre courroux, Madame. Poursuivons donc notre recherche, non pour étendre le scandale, mais pour l’arrêter et le punir.

fbançois. Mon Dieu! mon Dieul le soi. Venez-vous, Madame?

madame. J'ai fait tirer, l’autre mois, une loterie de bijoux; je vais demander à mademoiselle de Montalais la liste dee lots. Je rejoins à l’instant Votre Majesté.

LE ROI, «n remontant, m etoraUfr «t *n maryul*. Maintenant,

messieurs, je vous réponds que nous Baurons tout d'ici à un quart d’heure, [n* rentrent <un* u y*i«*i*.)

Page 1