‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 30 sur 104 · MADAME, LE ROI · texte numérisé non relu

MADAME, LE ROI

MADAMe. Le roi se rend -il compte de l’ordre qu’il vient de donner ?

le noi. Je lo rrois, Madame.

madame. Le roi vient d’investir de son autorité, pour exercer jusque chez moi une surveillance de toutes les heures, sait-il bien qui ?

le roi. Un honnête homme, Madame, lo marquis do Nantouillet.

madame. Mon ennemi mortel, Sire, le chevalier do Lorraine! c’est lui qui va conduire et conseiller !e marquis. Et cet homme, le chevalier, si Votre Majesté le fait ici plus puissant que moi, quelque chose mo dit qu'il va me calomnier et mo perdre, — sire, ma mère est morte, mon frère est loin, mon mari me hait, vous ôtes mon parent, mon protecteur, mon roi ; e«t-ce la volonté de Votre Majesté d’abandonner à cette lutte et à ce danger indignes sa sujette et sa parente?

le roi. Non. certes! et vous vous méprenez, Madame. L’ordre que j’ai donné n’est nullement dirigé contre vous, que j’honore, mais bien contre M. de Guiciie, qui me brave, et cela est fort different, j’espère! Cependant, quand voua m’invoquez avec cette grâce et cet abandon, je ne demande pas mieux que de me fier uniquement à votre parole. Seulement, vous engageriez-vous ?...

madame. A quoi, sire?

le roi. Jurez-moi d’abord que vous resterez entièrement étrangère aux folles idées et aux téméraires tentatives où peut s’oublier encore cet insolent comte de Guiche.

ma i>am r. Ohl oui, ce sorment-là, je peux vous le faire, Sire, et de bonne foi, et de grand cœur! Contre ce que peut oser M. do Guicbe, vous me demandez l'indifférence, je vous ! promets, moi, l’indignation.

i le roi. Ahl merci, chère Henrieltel Et moi, vous me demandez tout au pins d'être libre dans votre maison, je ! m'engage à vous faire reine dans ma cour. Accordez- m»i seulement une autre grâce qui va me confirmer la première.

MADAME. Et c'est?...

lb roi. ki et partout. Henriette, quand vous mo parlez,

I quand vous me commandez, ne vous adresse* plus au roi, adressez-vous toujours à Louis.

madame. Sire, pardon, je no veux, jo n'attends riea que du roi.

lc coi. Cependant...

madame. Jf ne maîtresse et ne m'adresserai jamais qu’au roi, au roi justicier dans sou royaume et justicier daus sa famille.

le roi, 4'ub ion fUei. C'est bien. Madame, vous ne voulez que justice, le roi fera donc justice exacte et impartiale. Nous trouvons M. de (iuiebe dangereux, et nous avons chargé le marquis de nous tenir au courant de ses actions. Ne craignez rien, nous saurons discerner le vrai du faux, et ne nous laisserons convaincre que par des faits et des preuves.

madame. Je saluo humblement Votre Majesté. iu »! •■!»-

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