‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 32 sur 104 · MADAME, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

MADAME, LE CHEVALIER

le chevalier, «prfe avoir H w. Pardon 1 Votre Altesse semble surprise?

madame. J’espér.iis voir entrer Monsieur.

le chevalier. Monsieur part à I instant pour Villers- Coiterets, où je le suivrai d'ici a une heure.

madame. C’est bien! vous direz à Monsieur que je l’aurai rejoint, moi, demain dans la journée.

le chevalier. Voici un billet que Son Altesse m'a remis pour Madame.

madame, lisant. ■ Madame, je vous prie d'écouter ce que M. le chevalier de Lorraine vous dira, comme si je vous le disais moi-mémo. » O mon Dieu!

le chevalier. Voici quelles sont les intentions de Monsieur : il désire rester seul à Villecs-Cotterets, et prie Madame de vouloir bien ne pas s’éloigner du Palais-Royal ou de Saint-Cloud.

m adam b. C'est une séparation?

le chevalier. Oh l momentanée.

madame. Puis-je savoir au moins ce qui la motive? le chevalier. Je n'ai rien à transmettre à Madame quant au passé.

madame. El je n'ai rien à me reprocher, moi, monsieur I le chevalier. Nui n’en est plus convaincu que votre serviteur, Madame. — Si Votre Altesse ni pas d’autres ordres à me donner... |ii »» p©«r wmi; i*imm rmiu 4u

madame. Qu ‘est-ce que je vous ai fait, monsieur lo chevalier? Vous avez osé me tenir un jour un langage indigne de moi, indigne de vous. Mais cotte offense, ne vous en ai-je pas fièrement gardé le secret? Vous cn ai-je fait tort, je ne dis pas auprès de Monsieur, qui ne m'aurait peut-être pas crue, mais auprès du roi ? N'aurais-je pas oublié tout déjà, si vous aviez oublié vous- même * Chevalier, quVsl-ce que je vous ai fait? Parce que je ne veux pas que vous m'aimiez, comment pouvez-vous me haïr? Voyons, dites, est-ce quà mon insu il y aurait eu de ma faute 'dans votre égarement? Je no sais pas, je cherche, je suppose; mais voua voyez bien que je suis sans colère, et que je m'accuse presque afin do vous excuser un peu.

le chevalier. Eh ! vous voyez bien aussi que vous êtes encore adorable, et que votre grâce et votre borné font sans merci! Non, Madame, non! il n'y a rien eu jamais de votre faute. Mais je vous avertis que vous avez un malheur, c'est de plaire! de plaire feulement, sans vous en douter, mais sans qu'on y échappe. Quelle force voulez-vous qui tienne contre celle* coquetterie involontaire, la plus irrérisliblo de toutes? Vos veux si purs ont une fl.iti.me contagieuse qui éclaire peut-être certaines âmes, mais qui dans d’autres brûle...

madame. Monsieur!

le chevalier. Ohl no craignez rienl je ne m’exposerai pas une seconde lois à l'horrible souffrance de lire le mépris sur ce visage. Seulement, il y aurait pour moi une souffrance plus abominable encore, oe serait qu’un autre y lût le bonheur. Madame , si un rêve impie a traversé un jour

ma pensée, soyez tranquille! c’est éteint, c’est étouffé, c’est mort! Vous êtes maintenant pour moi une idole auguste et sa créé, placée sur un auM, et dont je n'approcher.ii jamais. Mais BU' si jo me suis juré que personne, moi vivant, n’on n’approcherait davantage.

madame. Que signifie?...

le chevalier. Madame, je suis le serviteur dévoué du prince, votre mari, je n’agis désormais que pour lui et par lui, je me suis assimilé ses passions et ses naines. Amoureux! vous avez bien raison, j'étais criminel, j’étais insensé! Mais jaloux, Dieu merci! je peux être et je suis jaloux... jaloux de l'honneur do mon maître, cela s’entend 1 madame. Vous oubliez quo jo suis la première gardienne de cet honneur.

le chevalier. Le comto de Guiche vous aime, Madame I

m vdamr. Sachez, monsieur, que lui ne me l’a jamais diL lk chevalier, dooiaunwMiMoi. Madame! si vous alliez aimer le comte de Guiche!

madame. Dieu sait que je ne me le suis jamais dit à moimême.

LE CHEVALIER, itm no» aMtiuti. N’ilT)|>0rto! il

ne faut pas que vous revoyiez le comte!

madame. Oh! mais, monsieur, vous me donnez presque un ordre.

le chevalier. Que Votre Altesse veuille relire le billet qu elle lient : • Ecoutez ce que vous dira le chevalier, comme si je le disais moi-même. » Je parle au nom de Monsieur, je tarie comme il parlerait, c’est lui qui vous dit : Je suis jaoux, je souffre, je souffre horriblement! et jo vous préviens que je \eil!e, — et que jo serai là, — toujours présent, — toujours!

madame, trcmsiiate «t Vous parlez, dites- vous, comme prierait Monsieur, mais vous ne remarquez pas que vous le laites parler comme vous parleriez vous-même. Vous comptez m'effrayer parce qu*’ je ne suis qu’une femme, et vous triomphez déjà f»arce que vous croyez peut-être que jo plis et que je tremble. Si je tremble, monsieur, si je suis pâle, alors, c’est d'indignation! c’est d’indignation l Jo suis une femme, oui. mais une femme qui est sœur de roi, fille de roi et petite-tille de roi. Allez rejoindre celui qui vous envoie, et rnpportez-lui que, comme il a chassé M. de Guiche do ni présence, je vous ai chassé de la mienne.

le chevalier. Madame, je vous aurai du moins avertie.

MADAME. Allez! |EU« rata d-hou:, Sfrn «t frfatlotant*. tant que I* cher «lier nlli; di» qu'il Mt MrU. «IU lo tube é? anoiuo iur ou fauteuil.)

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