‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 39 sur 104 · FRANÇOIS, GUICIIE, MADAME, MONTAI.AIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS, GUICIIE, MADAME, MONTAI.AIS

FRANÇOIS, eflarc. G Bât A’OUSl [lilsm mal ua doigt car tas

lèrro*.) C'est-à-dire, non, ce n'est pas vous! (a Guiche. 1 C’est ello!

madame, riaat. Qu 'est-ce que vous avez donc, not’ malt’? Ah! qu'on est bien choux vous tout de même! et que c'est amusant de travailler! je n’en peux plus!

François. Oh! asseyez-vous là.

MADAME, •’Moapam ttr an aacabcau. Ce n’eSt pas de refus. François. Et puis... et puisjo me tairai après, mais laissez-raoi parler avant. Vous v'Jà chez moi, vous! oh! qu’estce que je pourrais dire? qu'est-ce que je pourrais faire? Comment vous marquer la joie de mon cœur et do ma maison.* Comment vous apporter toutes nos fleurs et tous nos fruits ? vous présenter nos oiseaux, nos brebis, nos ramiers, nos abeille», tout? Mais non, il n'y a rien ici d'assez beau pour vous. Ah! votre jolie présence me fait si riche et si pauvre! content et fâché à la fois I Parco qu'enfin, voyez, je n ai rien, moi ; jo no peux seulement pas vous donner quelquu chose à quoi je tiens; les choses ü quoi je liens, vous n’y tiendriez guère ! et jo vous offrirais, n’est-ce pas? ma chèvre avec son chevreau, que vous en seriez plutôt embarrassée.

madame. O bon cour! — Ohl mais, si vous croyez que jo ne vais rien accepter, et môme rien demander I Vous allez voir un peu tout à I heure I François. Vrai?

madame. Vous allez voir. — Mais j'ai d'abord, moi, à a m’acquitter de quelque chose, vous savez? vous n’avez rien * dit?

François. Rien du tout, Madame.

madame. C'est un de vos voisins qui est là, qui m’a saluée tout à l'heure?

François. Oui, c’est... c’est le meunier du moulin do làbaut.

madame. Ahl eh bien, approchez, bon meunier.

| guiche. Madame...

madame. 11 me paratt un pou sévère et triste, votre voi- | sin, François; |s« tours*» uoduud.J il est tout juste comme ma payse, tenez, depuis le moment où je lui priée de m'accompagner ici. Mais ces airs froids et sombres ne vont pas du tout avec ce beau ciel et cette gaie campagne; il s’agirait de les dissiper bien vite.

François, souriant. Je mo figure que vous le pouvez. madame. Eh bien, je vais essayer. On m'écoute?

gui cr«. Ohl oui.

madame, deboai. Fl était un roi et une reine... — Cela ressemble à vos conte», François, mais ce n'est pas un conte. — Le roi s'appelait Charles 1" d'Angleterre, la reine s’appelait Henriette de France ; ils avaient une petite tille, nommée Henriette comme sa mère. Un jour, — cette petite fille avait cinq ans, — on lui dit qu'on allait la conduire à son père qu'elle n’avait pas vu depuis bien longtemps, et on la fit entrer, non dans un palais, mais dans une prison. Ello se rappelle encore comme sa mère pleurait, et comme son père ['embrassait. — « Sait-elle lire? demanda le roi. — Elle commence, Sire. » — Alors mon père ouvrit à la première page un grand livre posé près de lui. — « Tiens, mon enfant, me dit-il, lis-moi un peu notre royale devise, qui est celle de la chevalerie, et aussi celle de toute âme vraiment noble vivant en ce raondo. Tu te souviendras que ton père te l’a fait épeler la veille de son exécution.» — Et je lus dans le livre, en m’aidant de mon petit doigt : « Honm soit qui mal y pense! » François. O la belle histoire! et comme vous en faites bien partiel

madame. Vous jugez si ou oublie une telle leçon de lecture! Honni soit qui mal y pense! cela est devenu ma lumière, cela vous place dans uno atmosphère supérieure où l’on ne respire que confiance, honneur, pureté, où ne s'admet ni le soupçon, ni la rancune, ni le mensonge, rien de vil cl rien de petit. Honni soit qui mal y pense! ohl quand j’ai manqué a cette loi, quand, par malheur, j'ai subi quelque sentiment médiocre, je n’ai pas de cesse que je no m’en sois délivrée, de même qu’on a hâte de laver sa main salie. — Et c’est pour une réparation de cette sorte que je viens à vous, mes amis.

chic lin. Vousl une réparation!

mad a h s. Oui, vous ne savez pas? on vous avait accusés devant moi tous deux.

MONTALAIS, DmaUl»!. Tousdeux!

madame. On avait inventé je ne sais quel scandale, départ supposé, rendez-vous dans un pavillon, agrafe perdue... MONTALAIS, A part. Ciel I

madame. Et moi, moi! j'avais cru la calomnie, j’avais pensé lo mal! Mais le brave garçon que voilà m'a ramenée a un mot. Oh! par exemple, je ne lui en ai pas demandé davantage!

François, A pn«. Pas assez peut-être.

madame. Et me voici, j'accours, j'avoue mon tort, j’apporte mon regret: honni soit qui mat y pense!

cliché. Ohl Madame! voila donc votre façon d'avoir toril c'est avec celte grandeur que vous vous bumilirzl Ohl c’est pourtant vrai, je ne vous connaissais pas. Il faut dire que je ne me connaissais pas moi-même. Mais j'ouvre les veux ; votre noblesse me confond et me ravit à la fois. Abl François, tu avais bien raison, comme elle emporte mes petits calculs et mes habiletés puériles! Ohl dans ce corps délicat âme héroïque! rien qu'à vous contempler, on est meilleur, ou se sent épris du beau, tenté du grand. Se peut-ii quo vous soyez de co monde? Il faut vous adorer, et je vous adore I et, tout ce que je vous dis là, mettez que je vous l'ai dit à genoux.

monta la im, a p«n. rréaiaa*»». Ah ! c'est Madame qu'il aimait, — et qu'il aime!

madame. Mais avec tous ces respects, on ne m'a toujours pii s dit qu'on me pardonne. guichk. Ohl Madame!...

madame, m*i» ahobuuo. Et vous, Lauro, vous ne

me gardez (vas rancune ?

montalais, •’iaeiiM Est-ce qu’un tel sentiment

m’est permis envers Votre Altesse? — Madame m'avait dit de prendre avec moi ces lettres...

madame. Oui, oui, nous avons à notre tour à remettre ces pèches, pèches d'imprudence et d'étourderie.

MONTALAIS, A |wt LfiS lettres sont de lui! (EU* remonta.) madame. Vous nous quittez, Montalais?

montalais. Je vais rapporter ces lettres à Madamo. fbançois, h part. Les lettres dans ses mains! vertu-cboul

(n ?• paw «ulrra Moolalai» qui sort)

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