MADAME, FRANÇOIS, GUICHE
madame. Ohl vous, François, ne vous échappez pas, c’est votre tour.
François. Madame...
madame. D'abord plus de Madame 1 je m'appelle Henriette, j' sommes vendangeuse.
clicue. J’ sommes vendangeux.
madame. Et puis, — à présent que me voilà réconciliée avec tout le monde, même avec moi, et que j'ai travaillé comme il faut, et que je me suis fatiguée... p-us qu’il ne fallait, voua ne savez pas une chose, patron François? j'ai treefaim !
François, iVmpmMot Ohl attendez!
guiciie, mima mnuT*nust. On a dû apporter de chez moi un menu...
madame. Mais non! mais non! — François! Arrivez, arrivez. |tW«lR»BQl le pais itir 1a labié. I Qu'usLct! que COla? François. Ça, c’est la miche!
madame. J'en voue) rais I François. Oh! vraiment? mais c’est que...
madame. Allons! coupez-m’en une tranche, une grosse! François. Voilà! mais...
MADAME, mordent à même. Oh! Comment appelez- VOUS CO
pain-Iii?
François, pitonicnaïu. Je l'appel le du pain bis. madam e. Obi que c'est bon le pain lus! oh! le petit goût de noisette! un gâteau! C’est de vutro farine, meunier? Goùlez-en! goûtcz-cn!
guiciie. Vous êtes trop bonne! je...
François. En voulez-vous, monseigneur?
guiciie. Non. grand merci!
madame. De ma vie, moi, je n’ai mangé de si bon painl Dame! aussi, c'est le premier que je gagne!
François. Ah! vous voir là. comme ça, manger do mon pain, que c'est gentil! je me battrais de joie! madame. Mais ce n’est pas tout, voilà quo j'ai soif. François. Oh! nous avons de vieux vin...
gd ic il b. 11 doit y avoir des glaces...
madame. Hé I non ! — Qu’ est-ce qu’ils boivent donc, — les autres?
François. Ils boivent du vin doux.
madame. Du vin doux 1 oh ! j’en voudrais!
François. Comment donc! Urrtunt dh * erra ale qui par»* arac an pot ti dca nm.) Donne. Périne. Et vous, monseigneur, travaillez aussi. Vous n'étes plus seul à présent. Apportez les verres.
gc i chk. Voilà! voilà I
François. Ça, par exemple, c'est joli à boire, irmaat] Goûtez.
madame. Eh bien, et vous? vous toquerez bien votre verre, nof malt', avec celui de votre vendangeuse? (Lt«r »»»- Mot a «on io.ir. I Patron, et vous, meunier, à voire santé! François. A votre bonté I GUICHE. A votre grâce! (lia boIranL) madame, «pré* a»oir bu. Ah! oui. c'ost bien appelé du vin doux! cela ne ressemble plus du tout à du vin. Ce doit être innocent comme du lait, celle boisson-là !
François. Innoccutl oui, très-innocent I madame. Et, pour lors, nous avons donc du vin doux, à discrétion?
François. A discrétion I guiciie. Ob! c'est aujourd’hui fête, vous pensez! madame. Et on plus, qu' est-ce que vous donnez ? François. Ce que je donne?
madame. Oui, qu'esl-ce que vous payez la journée? François. Ah! je pave six sols trois deniers. madame. Six sols trois denier», oh ! oh! — Eh bien mais, dites donc, payez-moi.
François. Vous payer!
MADAME, pOtMl aen panier aur un eacnbaaa. Dame 1 VOÎlÀ 17100
ouvrage 1 il ne va pas me payer a présent!
guiciie. Il le faudra bien !
François. Oh! mais oui, alors, certainement! (Tirant oa« bonra* d« cotr.l V'Ià trois, quatre, CMO, six Sols. (CharrhaDt. Et puis une pièce de trois deniers?... Vous n’avez pas sur vous une pièce de trois deniers, monseigneur? En v’Ià une de six. madame, Tivamaat. Ah! ma foi! tant pis! je n'ai pas de
quoi VOUS rendre. (EU» lin ua mouchoir brodé «t MM Ih pllm da
coi»TT dans uo ni*.| Ohl mais que je suis contente! j’ai gagné six sols trois doniers, — ma nourriture, — et un pourboire!
François. Sur ce, rebu vons. Jamais, comme disait mon grand-père, nous no boirons si jeunes, (u va pour Tor*« a boira
A Madame. )
MADAME, tnl arrêtant la bra*. Non! non plusl (PmmïI U main »ar «on tortjVous disiez que c’était innocent le vin doux ! je no sais, je n’ai fait pourtant qu'y tremper mes lèvres...
FR vxçois. Oh! ce ne serait pas le vin doux alors, mais le grand air, le soleil. J'ai vu commo ça une fois une rigalo ivre d’une goutte da rosée.
madame, TtTMMML Ah t mais jo no veux pas être comme la cigale I
gdiciie. \ou9 no vous sentez pas mal? J le chevalier . nu»»i * , f«it^u>iiei. Ahl et san» Ht», in ne
madame. Non, je suis hier», au contraire, je nuis en- poux rien I chantes! Hier le chagrin, mais aujourd’hui la joie, Hélas! la guiche. François! et Madame?...
joe, c’est aussi |M»ur moi le vin nouveau, et ce qui ma peut- François. Sovnz sans crainte! Comtois était là, il l’a con-
tins un peu étourdis. Mais je suis très-bien! — François, je duilo.
no me suis sentie nulle part chez moi comme chez voua. Ici gvichr. Comtois I — Oh ! misérable que je suis! j’avais pua do éoupçou, pas do crainte, pas de danger. Le temps est dit à Comtois— François, sauve-la ! (n r«rd «m» ,„,o« ) doux, la vie est légère, tous ces braves gens là-bas ont l’air François. Que dit-il?
heureux. Jusqu aux nuages, regardez, qui passent dans le le ciihvalibs. Comtois! — Je crois que j'ai partie ea-
ciel. ce sont des nuages roses. Ahl c’est comme un rêve! je gneel «
ino figure que je suis en vendanges dans un coin du («radia. r a ançois. Oh! mais je suis là. moi, l’autre vainqueur. Dites donc, c’est peut être là ce qu’on appelle les vignes du Monsieur le chevalier, à nous deux !
Seigneur I