‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 44 sur 104 · MADAME, MONTALAIS · texte numérisé non relu

MADAME, MONTALAIS

MADAME, feiaaat aa p«a im la parta da droite. Venez, Monto-

lais.

montalais. Si Madame n'a pas besoin de moi, je la prie de m'excuser. Je [refera ne pas entrer là.

madame. Pourquoi? qu'avez-vous donc, Laure? Vous êtes pâle, voire voix tremble, votre main est glacée!

montalais. Mais il me sembla que Votre Aitræe est pour le main* aussi émue que moi.

madame. Ohl moi, c’est que je media: En ce moment, que se passe-t-il à la ferme de François? Si le chavalirr et le marquis ont voulu nous suivre, si M. de Guiche a voulu lee arrêter, que s’est-il passé?

montalais. Espérons que M. de Guicbe ne tardera pas à venir rassurer Votre Altesse.

Madamk. Mais il ne peut savoir que nous sommes ici. montalais. Pardonnez- moi. Madame, il doit le savoir, il le sait.

madame. Comment? par qui? où sommes-nous donc? montalais. Nous sommas chez lui.

madame. Chez M. de Guiche I montalais. Dans le pavillon du Labyrinthe.

madame. Le pavillon du Labyrinthe? où ai-jo entendu prononcer ce nom 7

montalais. Ohf 1 heureux comte de Guiche l'a rendu déjà célébrai

madame. Ah! maintenant je me rappelle... Mais, mon Dieu I Laure, d'où connaissez-vous ce pavillon? Pourquoi refusiez-vous d’entrer dans oe salon tout h l'heure?

montalais. Je suis peu curieuse d'entrer dans cession, Madame, parce que... je le connais.

madame, tn» tanant. Ah! c'élait donc vrai, cette histoire de bijou I

montalais. La pièce est décorée dans le goût le plus riclie et le plus rare. Le plafond , peint par Mignard . représente l’ Apothéose dê Psyché. Votre Altesse devrait aller voir cela. Je rè(ionds quelle trouvera tous les candélabres allumés et des Qours dans tous les vases cl dans toute* les corbeillea.

madame. Vous souffrez, mon enfant.

montalais. A quoi Madamo s'en aperçoit-elle?

madame- A ceci, que vous essayes de faire souffrir. Vous ne regardez pas à vous déshonorer, à vous calomnier peutêtre, afin d'amener un peu de rougeur à mon front et dans mon cœur un peu de honte. Il ne vous importe guère de vous meurtrir, pourvu que vous me frappiez. Et je me demande si la vraie compassion ne serait pas de vous rendre injure pour injure et de vous accorder ma colère. Mais non ! Laure, ma douleur ne peut pas vous haïr, et ma blessure vous pardonne.

mont ala is. Ah 1 vous me pardonnez, Madame 1 alors, c’est qu'on vous aime!

madame. On m'aimel

mon talais. Oui, et vous le sentez, vous le savez! Vous savez que je mens, que je me vante, que je suis venue ici, c'est vrai, mais que, ou jour-là, il a eu soin de ne pas y venir, lai I

madame. Mais non, je ne savais rien... je ne sais rien. montalais. Ah! il n’y a pas un mois pourtant, — sachez encore cela, par exempte 1 — il n'y a pas un mois qu'il m’écrivait, à moi aussi, des lettres pleines de passion et de prière.

madame. Ohl et vous épousiez le marquis!

m ont a lai s. Votre Altesse veut dire que je ne l’épousais pasl — Puis un jour est arrivé sans doute, où M. dcGuicho aura lu dans d'autres yeux une plus haute espérance. Alors les lettres ont changé d adresse, alors je n’ai plus existé, moi, alors il m'a été refusé même de me perdre... Ah ! Madame, vous pouvez bien me dire : Je ne vous hais pas ! — c'est tout simple, vous êtes aiméo 1 Mais moi , qui suis dédaignée, raillée, repoussée, — moi, je...

madame. Ne dites pas que vous me haïssez, Montalais! je ne veux pas que vous me haïssiez! et vous ne devez pas me haïr!

montalais. C’est juste, j’allais oublier que je parle à Votre Altesse.

madame. Laure, il n'y a ici en présence que deux cœurs qui souffrent, et la seule inégalité qu'il y ait peut-être entre eux, c’est que l’un souffre dans son amitié, et l'autre plutôt dans son orgueil.

montalais. Soit, Madame! il est convenu qu’ayant pour vous toutes les supériorités, naissance, et rang, et charme, et domination des âmes, vous y ajoutez d’être encore bonne, clémente et généreuse. On vous le disait à l’instant : vous êtes une divinité 1 Mais, moi, je suis une femme, et rien qu'une femme, j'en avertis Votre Altesse 1 et c'est sur elle mon avantage. Oui, ma force, c’est d’être bible, c'est d'obéir à ma passion, c'est de céder à mon ressentiment, c'est enfin de me venger comme je peux, quand je le peuxl madame. Et vous allez le pouvoir, n'est-co pas, Montalais?

montalais, arc« i»bu«. Madame I...

madame. Eh bien, faites, servez-vous des armes que je vous ai fournies contre moi-mémo. Vous avez dans vos mains les lettres à moi adressées par monsieur de Guicbe, et elles peuvent assurément, interprétées par des ennemis, me faire tort et me compromettre. 11 est certain que j'ai été imprudente de les recevoir. Mais cette imprudence, qui ne nuit qu’à moi, est heureusement le seul reproche que m'adresse ma conscience. Aussi, grice à Dieu, quand j'interroge mon cœur, je sens que je peux vous plaindre, mon enfant, mais, en vérité, il m'est impossible de vous craindre I (cu« F >m lui

U mIm <l« lirait». J

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