‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 46 sur 104 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LB CHEVALIER, puis MADAME.

le chevalier, *eoi. Lo comte ou le marquis peuvent toujours arriver. Allons! (n ?• «wni» u port* a. Votre

Altesse me pardonnera d’oser la troubler.

MADAME parait for I* moIL Le chovalierl Dieul (ZUa chancUnu, au cLamAraala da la porta. lnUrr«|*a»t de* jeu* U efcoeaUar •aac aofoia»..)

LE CHEVALIER, aaae amertume. Que Madame 86 rassure,

la blessure de M. de Guiche peut être douloureuse, mais non dangereuse : il est peut-être déjà debout. Oh I j'avoue que ce n’est pas ma faute! il avait mérité un châtiment autrement sévère! Votre Altesse n’ignore pas qu’elle est ici chez lui, attirée dans je ne sais quoi piège. Pas plus tard qu’hier, elle se révoltait à la supposition que M. de Guiche pût l’aimer, et voilà qu’aujourd'hui elle s'est laissé entraîner dans un tel péril I comment? par qui?

madame, Mm m retournât. Par vous I pourquoi avait-on calomnié M. de Guicbe? El qui m’assure qu'en ce moment on ne le calomnie pas encore ?

le chevalier. Madame, le marquis, au nom du roi, arrivera dans peu de minutes; il trouvera ici Votre Altesse; il faudra que M. de Guiche vienne sur-le-champ expliquer au roi sa conduite, je doute qu'il lui soit possible de l'excuser. Ahl je ne l'ai pus tué, mais il est perdu! l'autre jour, banni du Palais-Royal; ce soir, j'espère, banni de France I — Et l'aveu du coupable convaincra bien enfin Votre Altesse du danger que lui a bit courir cet insolent amour.

MADAME, comme •* parlant t tllc-mta*. O ClOn Dieul Cfll

amour confus, timide, incertain d’exister, que je ne voulais seulement pas supposer et admettre, — vous verrez qu’à force de le faire souffrir, ils vont me le faire aimer I le chevalier. Madame!... Madame, ne dites pas celai Que M. de Guiche vous aime, cette idée est déjà insupportable! mais que vous... Noo I non! vous ôte; restée. Dieu merci! étrangère à la tentative insensée du comte. Votre Altesse est si haut placée dans les respects ! on ne va certes pas la mêler à la cause perdue de ce Guiche. Mais qu elle veuille bien no pas s'y mêler elle-même. Que diraient, que feraient le roi et Monsieur?

madame. Je répondrais au roi et à mon mari. Mais dans l’acharnement qu'on met à me poursuivre en leur nom, la passion personnelle est, en vérité, par trop visible. Le visage perce sous le masque, et je ne rais pas avoir peur d’un masque, comme uu enfant.

le chevalier. Votre Altesse conviendra pourtant que, dans l'intérêt actuel, je peux beaucoup sur le roi, et qu'en toute occasion je peux tout sur Monsieur, toutl il croit ce que je dis, il veut ce que je fais. Ce n'est pas un masque cela, c'est une arme, mon arme, et elle est terrible I — Maintenant, Madame veut que je lui parle à visage découvert? Eh bien, soitl eh bien, oui I cette folle et atroce passion, la jalousie, ce n'est pas Monsieur, non, c’est moi, c’est moi qu elle tient, au’ elle torture et qu’elle bouleverse! Elle s'est substituée aans mon cœur, avec une insurmontable violence, à mon amour répudié par vous, répudié par moi-même : la lave s’est figée en pierre. Madame, ne jouez pas avec celle tempête. plus forte que moi, qui est en moi ! Madame, — je ne menace pas, je conjure, — vous, si charmante, si douce, si

faible, j’ai peur de moi pour vous f j’ai peur de ce je ne sais quoi d'âpre, de fanatique et d'implacable que je sens là, qui part de l’adoration et qui irait à la cruauté, qui me fait votre gardien, et qui me ferait votre bourreau I mad a mb. Vous me tueriez, monsieur?

le chevalier. Madame!... — Voyons, qu'est-ce que je vous demande? Qu'est-ce que j’implore do vous, pour vous? Laissez Guiche s'éloigner, engagez-vous à ne jamais revoir Guichef qu’il parte I c'est votre repos, c'est votre salut I qu'il parte! Craignez-le, Madame. Cnaignez-moi, surtout I craignez ma démence! oh! craignez, par grâce, cet être dangereux, passionné comme l'amant, armé comme le mari I madame. Je sais par expérience que le moindre souille contraire me ploie et qu’il y a en moi une immense faiblesse, mais je n’y ai jamais senti un atome de lâcheté. Je vous écoute, monsieur, et jq m'étonne; mais je ne peux comprendre ni votre droit, ni la peur. Et quant aux marchés que vous me proposez, j’ai pour coutume de ne prendre de ces sortes d'eDgagements qu’avec moi-même et avec ma conscience.

le eu b va lie a. Il suffit. Madame. Désormais je me tairai, et je ne me montrerai plus. — Seulement, voici une bague, un présent que dans d'autres temps a daigné me faire bon Altesse ; quand Madame retrouvera cette bague, qu'elle pense et qu'ello sache que le témoin, le juge et le punisseur était toujours là.— Pour le moment. Votre Altesse nous permettra-t-elle, au marquis et à moi, de la ramener à Paris?

madame. Au marquis, oui; j’ai entendu le roi lui donnor ses ordres. À vous, non, monsieur; je ne puis vraiment plus admettre que vous représentiez mon mari.

le chevalier. Jo n’ai donc qu'à aller hâter l'arrivée du marquis. [ U »'laeU»t et M diri«* rm U porte. Arrivé «or U mil, n m retourne.) Madame I une dernière fois, je vous en prie, je vous en supplie, ayez pitié de voust

MADAME. Non, monsieur I (U ebmllav ron.)

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