‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 52 sur 104 · FRANÇOIS, MONTALAIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS, MONTALAIS

François. Eh bien, vous êtes une noblo fillo. v’Ià ce quo ça prouve, et aussi qu'on se trompait, que ce n’càt pas possible, que vous no feriez pas celte mauvaisu action I montalais. Quelle mauvaise action?

François. Eh! de livrer ces lettres.

montalais. Je me suis cependant engagée, — engagée par écrit, — à les remettre au roi.

François. Vertu-chou! jo suis fâché de vous contredire, mais je ne peux pes supporter que devant moi on dise du mal dn ceux que j'estime et que j'aime I Non, non. ça n'e*l pas! mademoiselle de Montalais a trop d esprit pour avoir tant de haine! elle est trop jolie pour être si méchante 1 cette gnmace-là ne va pas à cette figure-là I Mademoiselle de Montalais est incapable do la trahison que vous dites. montalais. Excepté quand elle a été trahie.

François. Trahie par qui ?

montalais. Par M. de Guiche.

François. M. de Guiche! aht je ne m'occupe plus do M. de Guiche! il a fait des aottisM, qu’il s'arrange! il est assez grand garçon, qu'il se défende! Mais .Madame! Madame!... Tenez, hier, à cette heure-ci, dans cette chambre-ci, vous sortiez de là, avec cette agrafe à votre corsage; Madame n’avait pas à vous livrer, elle; vous alliez vous livrer vousmême; vous «avez ce qu'elle a bit.

montalais. Ah! taisez-vous I jo m'on doutais, mais... François. Blais allez-vous perdre aujourd hui celle qui vous sauvait hier?

montalais. Vous oubliez, Prançois, ce que, depuis deux jours, je aoulTre. M. de Guiche m’a mortelleoient otiensée. La guerre est la guerre. Le hasard a mis dans mes mains une arme: pourquoi n'en userais-je pas? pour qu'on se moque de moi quand je serai désarmée? Je parie bien, François, que Bt. de Guiche n'a fait que rire quand vous toi avez rapporte mes menaces !

FRANÇOIS, i>k (Oltmi. Mais...

montalais. Il a ri, n'est-ce pas? Soyez sincère! il a ri quand vous lui avez rendu de ma part celte clef du pavillon?

François. Quelle clef du pavillon? Ahl tiens, oui, la clef!...

montalais. Il a ri? Dites la vérité.

François. La vérité? eh bien, la vérité, c'est que... montalais. C'est que?...

François. Ma foil c'est quo votre clef, j'ai tout à fait oublié de la lui rendre.

montalais. Maladroit ! vous l’avez perdue !

François. Jamais I et ma poche doue! La clef doit y être. |tau*l| Elle y est, tenez. F.t quoi donc avec? (il ur». u

clef, un* Uur* qu'il ci m*.) Ah I \ CftU-cbOU I

montalais. Qu’esl-cu donc ?

prançois, umoi. v Avez-vous retrouvé l’agrafe? Kemetuula au coureur. Laure, a montalais, » part. Imprudente!

François. M'est avis, mademoiselle, que voilà une lettre qui vaut les autres.

moxtalais. Vous la montreriez!

prançois. Dame! qu'est-ce que vous disiez? La guerre est la guerre ; lu hasard met dans mes mains une arme; j'en use. — Blais, tenez, je vous ollre la paix, moi. Désarmons ensemble. Reudez-moi les lettres de M. de Guiche, et jo vous rends la vôtre. DonnanL, donnant. Ça y cst-il ?

montalais, fltfcmeM. Non ! — - Gardez celle lettre, jo garde les miennes. Moi aussi, je serai perdue, voilà tout. Et je l'aime mieux ainsi peut-être 1 vous ne pourrez pas dire que j’ai ôtèlécho!

François, douioanNMcmesii. Ab ! — Mais je trouve que vous pourriez dire que je l'ai été, moi. Allons! parce qu’il v aura une trahison, ce n'est pas absolument neceseaire qu’il y en ait deux, {smuai u i*tu* i un flMnbeau.) Faites ce qu’il vous plaira, mademoiselle; voilà mon arme en cundre.

montalais. Ahl François! qu'avez -vous fait? Mais je voudrais maintenant retenir ma vengeance, que je no Jo pourrais plus! elle s est déjà échappée de ma ntain! Rien qu’en promettant ces lettres, je les livrais. On ne joue pas avec la justice du roil Qu'avez-vous fait ?

fr an çois. Une naïveté, c'est ma manière, (u »on* t*n4

•’MVM.)

montalais. Ahl le roil — Jo vais attendre los ordres du roi.

François. Aurai -je plus do chance avec lui qu'avec

VOUS? [ Monta Uu tort p*r U «toicb*.)

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