K0TB
Qiit rabie astervit UtêtiM, Rabeiœêe, imam cor A^unxit veto cum tua Musa sales.
Hune puto mentitum, nUnem tua scripta sonate Qui dixit : rahiem die JRttbelœse eanis f Quibus iUefuit ràbidis armatus iambis, Non spirant rahiem sed tua scripta jocos.
On tronve dans les poésies de Vonlté d'assez nombreuses pièces relatives à Marot et à Dolet ; cet écrivain brave souvent Thonnêteté ; nous possédons un exemplaire de ses productions qui avait appartenu à un couvent ; des vers entiers, des mots nombreux sont chargés d'encre ou grattés. Parmi les lettres ornées en tête de chaque livre, il en est une qui représente un moine assis à côté d'une boutdlle et élevant une coupe d'un air triomphant.
(») Page 36. — De ScandaUs, Genevœ, 1650, in-folio. « Alii ut Rabelaysus, Deperius et Gk)veanus, gustuto evangelio, eadem excitate snnt percussi. » Voir Régis, p. 1370.
(**) Page 37. — Les Diverses leçons de Guyon, 1576, liv. n, ch. 30. Ce témoignage d'un contemporain a quelque valeur au profit des critiques qui contestent l'authenticité du cinquième livre. Il mérite d'être transcrit :
f Quant au livre dernier qu'on met entre ses « oeuvres, qui est intitulé Vlsle sonnante, qui semble
• à bon escient blâmer et se mocqner des gens offi- « ciers de l'Église catholique, je proteste qu'il ne f l'a pas composé, car il se fit longtemps après son « décès. J'estois à Paris lorsqu'il fut &it, et sais
• bien qui en fut l'auteur qui étoit médecin. » (**) Page 37. — Vide sonnante, par nuUsire
François Rabelais, en laquelle est continuée la naviçadon jfaietspar Pantagrud, Panurge et auUres qffi*
ciers, petit in-S®, 32 ff. Ce litret, devenu d'une rareté excessiye, ne contient que les onze premiers chapitres, y compris celui de Vlsle des Apedeftes qui manque dans l'édition du cinquième livre, 1664, in-16, divisée en 47 chapitres, et dans l'édition de 1666 (il y en a deux sous cette date); il est rétabli dans celle de Lyon, J. Martin, 1567. Ce sont les seules impressions séparées de ce cinquième livre, n se trouve joint aux quatre aula'es dans une édition des Œuvres de M^ François Rahdais, Lyon, J. Martin, 1668, in-8^
Mais M. J. Ch. Brunet îaH observer que c'est une date supposée et que des indices sérieux font reconnaître une impression du commencement du Xyne siècle ; de leur côté MM. Breghot du Lut et Péricaud, dans leur ouvrage sur les Lyonnais dignes de mémoire^ disent que J. Martin ne commença à exercer qu'en 1664. Les autres éditions du XVI*' siècle, contenant le cinquième livre, ont été décrites en détail par M. Brunet.
La question de savoir si Rabelais est réellement l'auteur du cinquième livre divise les critiques. Régis la discute dans l'introduction à la seconde partie de son travail (p. CLII) ; il se range à l'opi- Dion de ceux qui croient que des mains étrangères ont remanié et étendu un manuscrit laissé par Rabelais ; il rapporte les avis formulés à cet égard par de Missy, de Marsy, De L'Aulnaye et divers autres éditeurs. M. Delecluze (François Raheiais, 1841) s'occupe de ce problème (p. 73); mais il ne décide rien. M. Charles Lenormand, dans son ingénieux travail sur la restauration de l'abbaje de Théleme (Paris, 1840, in-8o), regarde les quatre premiers livres comme dictés par un penchant vers le lathéranisme, et le cinquième comme décidément
sceptique ; il ne doate pas que maître François n'y ait pris part; la griffe de Paigle y est empreinte.
Les éditeurs de 1868 sont convaincus « que si Rabelais n'est pas tout à fait étranger au cinquième liyre, il n'a jamais pu l'écrire tel qu'il est. » Quant à MM. Esmangeart et Johanneau, ils ne formulent pas une opinion bien arrêtée ; ils rapportent celles de l'abbc de Marsy et de Le Motteux qui regardent le cinquième livre comme un des meilleurs de tous (ce que le traducteur anglais contredit). Le Duchat croit que Rabelais n'a pas mis la dernière main à ce livre qui a été publié sur les matériaux trouvés dans ses papiers, et il ajoute qu'on a cru, fort mal à propos, que ce cinquième livre était l'ouvrage d'un autre écrivain.
M. Lacroix a eu la bonne fortune de trouver à la Bibliothèque impériale, N° 7981 *, un manuscrit du XVI^ siècle offrant un texte assez différent de celui qui était imprimé et contenant un chapitre de plus; le judicieux éditeur ajoute : a Ce « manuscrit, qui donne une physionomie toute nou- « velle au cinquième livre, prouve que Rabelais en « est le véritable auteur ; on voit clairement que « les éditeurs ignorants qai le mirent au jour après « sa mort en pervertirent souvent le sens qu'ils ne « comprenaient paf:, et altérèrent partout la langue « admirable qu'ils n'étaient pas capables d'appr^- « cier. » M. Lacroix reconnaît, d'ailleurs, que le complément du texte original de Vlsle sortnante, tel qu'il parut dans les éditions suivantes, est peutêtre l'œuvre de diverses mains.
(*) Page 40. — Il serait facile d'ajouter bien des choses à la notice un peu succincte que nous venons de transcrire. Nous nous bornerons à toucher quelques points particuliers.
56 KOTBS
CoUetet ne mentionne pas dans ses indications rapides tous les opéra minora de Rabelais; il ne cite pas VAntiquœ Romœ topographia de Marlianns^ Lyon, 1634 ; Pépître dédicatoire adressée à Jean Dn Bellay, évêque de Paris, se troaye tome VIII , p. 368 , édit. Varionim ; p. 385, édit. de 1886 ; tome n, p. 587 de l'édition de 1858, (roir aussi Bégis, p. XUI). Il ne parle pas des Songea drolatiques f Paris, 1565, auxquels Rabelais n'a en au-. cane part directe, mais dont ses écrits ont fonrn^ l'idée. On connaît l'extrême rareté et la hante yaleor de ce petit volume. Ajoutons deux adjudications à celles que mentionne la cinquième édition du Manuel du Libraire : 305 fr., Ghédeau, N» 827, et 705 fr., Yemeniz, N^ 2378. En 1797, une nouvelle édition de ces figures grotesques fut entreprise ; mais sa publication n'a pas été achevée. Ces planches sont gravées avec une légèreté bien accentuée ; l'esprit des originaux est assez bien rendu. L'éditeur avance l'idée (fort contestable) que ces figures ont été dessinées en Italie par Rabelais luimême, dans le but de tourner en ridicule les principaux personnages de son temps et surtout la cour de Rome.
On peut aussi indiquer le Teatamentttm de Lucius Cuspldius et le Contractus venditionis, deux fragments supposés que Rabelais publia comme authentiques (Lyon, Or} phe, 1532, in-8<', 15 pages) et qui sont l'œuvre, l'un de Pomponius Laetus, l'antre de Pontanus. Maître François, reconnaissant trop tard son erreur, en voulut à Pontanus et en fit mention avec aigreur. L'épître dédicatoire de cet opuscule, adressée au maître des requêtes, A. Boochard, n'est pas dépourvue d'intérêt ; on la trouve dans l'édition Variorum, tome Vin, p. 409 ; dasa
Régis, 2'"« partie, p. 368, etc. Cette supposition a provoqué une curieuse notice de Dreux du Radier dans le Journal de Verdun^ octobre 1756.
N'oublions pas une lettre badine adressée à M. le Bailliuf des Bailliufs, maistre Antoine Gallet, seigneur de la Court Pempin, datée de Saint- Ay, le l*"^ mars. Le Duchat l*a publiée sans en indiquer l'origine ; elle se trouve dans les Journaux de l'Estoile, mis au jour pour la première fois par MM. Petitot et Monmerqué dans la collection des Mémoires sur l'histoire de France. C'est une copie insérée à la date du 22 janvier 1609 avec cette note : « M. Dupuy m'a donné la suivante lettre de Rabelais, plaisante, mais véritable, extraite de l'original. » Cet original ne s'est pas retrouvé dans les papiers de Dupuy conservés à la Bibliothèque impériale.
Les testimonia relatifs à Rabelais pourraient remplii* un volume entier ; Régis en a réuni un grand nombre, p. 1370 — 1481 ; on y voit figurer Wieland, Goethe, Bouterweck, Tieck, Schlegel, Coleridge, Cervinus et autres écrivains érainents dont les écrits sont peu connus en France ; il transcrit le jugement de M. Guizot (Annales d* éducation, tome III) sur la lettre si touchante, si digne, si aimable que Gargantua a écrite à son fils (livre II, p. 8). Nous ajouterions facilement d'autres indications ; nous nous bornons à un petit nombre :
M. Sainte-Beuve ayant dit que Rabelais « était bourbeux de matière et de fond, mais de style très-pur et très-limpide », a été relevé sur ce point par Balzac (Bévue parisienne, N<* du 25 août 1840, p. 225 : « Rabelais a enveloppé dans son livre im- « mortel de clairs, de terribles arrêts sur les choses « les pins élevées de l'humanité dans un style à
58 NOTBS
a sein grossier, rustique, plein d'images accusées « d'obscénités par des personnes qui ne connaissent « ni les mœurs, ni le langage du temps. »
D. Nisard. Mékmçea^ 1838, tome H, p. 346 — 354.
G^rusez : Essais d*hi^oire littéraire, 1839, p. 67 —
Louis Blanc. Histoire de la Bévolution, t. L p. 103: « Le sens de la philosophie de Rabelais est fort obscur et probablement impossible à fixer. Rabelais se prête aux explications les plus contraires. »
Michelet. Histoire de France, tome VlJl, p. 411 et suivantes : « Homme de toute étude, de tout art, de toute langue, Rabelais fut propre à tout ; il contient le génie du siècle et le déborde à chaque instant. »
Rabelais est apprécié avec tact et avec intelligence dans un article fort intéressant attribué à M. Guizard, qu'a inséré, en 1828, une publication périodique, oubliée aujourd'hui, mais que rédigeaient MM. Guizot, de Barante, Thiers, Ch. de Rémusat, etc., la Revue française^ No 3, mai 1828.
La RevtLe Encyclopédique 1823, cahiers de juillet, août et septembre, a donné un judicieux article d'Emile Salverte sur l'édition Variorum (Régis l'a reproduit en partie, p. 1436 — 1447).
Nodier s'est souvent occupé de Rabelais. 11 s'en est inspiré souvent en écrivant la fantastique His^ toire du roi de Bohême et de ses sept châteaux; il s'est plu à tracer un parallèle entre maître François et Sterne (voir Œuvres, édit. de Bruxelles, 1832, t.V,p. 13); il s'est un peu moqué de ses commentateurs trop acharnés, en écrivant une exquise notice sur Quelques livres satiriques à clef, notice annexée au Bulletin du bibliophile (1834) ; ce fragment a été traduit en allemand dans le Magasin
fur die Literatur des Auslandes, 1834, N^ 163 (voii Régis, p. 1474 — 1477). Nous espérons qu'on ne nous saura pas un mauvais gré de reproduire ici quelques passages de ces écrits ingénieux qu'il n'est pas très-facile de se procurer aujourd'hui.
« Les badinages de Babelais ont trop longtemps « été étouffés sous d'absurdes et insipides commence taires historiques. Il faut avoir bien mal lu et « bien mal jugé le grand satyrique du genre hu- « main pour le réduire, de gaîté de cœur, aux pro- « portions ignobles d'un méchant libeUiste. Babea lais voyait de trop haut dans les choses de la « vie pour broder sa fable rieuse sur les intrigues « mesquines de la cour. D a fait une satyre, sans « doute; mais c'est la satyre du monde et non celle « d'un palais. »
« Je n'ai pas l'intention de contester que Rabe- « lais se soit souvent exercé sur la satyre immé- « diate, sur le personnage contemporain, sur l'anec- « dote du jour. Tout cela était de bonne prise pour « un génie moqueur qui ne voulait rien épargner « et qui ne craignait pas de faire crier, sous sa te- « naille mordante, un vice ou un ridicule vivant. a Sa verve hardie, qui bravait jusqu'aux croyances « les plus solennelles, ne s'embarrassait pas gratui- « tement dans des mystères inextricables, pour ex- « primer je ne sais quelles idées qu'on lui prête et « qui étaient dès lors fort communes.
« Lorsqu'on a su lire Babelais, on sait à mer- « veille qu'il a voulu se moquer de tout et des cho- « ses mêmes dont ses commentateurs veulent qu'il « se soit exclusivement moqué; mais il ne s'est mo- « que de personne plus à découvert que de ses commentateurs à venir, sots eUfstracteurs de quintes- « sence dont il se joue incessamment et en termes
• fort espUdtM. P<mr On «me fhiit ( faut nu certain fonda é« aepddHme ï tains portée d'esprit Voîlà, selon moi t ble clef de acm Iitto. >
Le travail biographique eutrepriB pa été depuis Te&it mr dee baeet pins li indiqnenniB ; la Xbliet kùtcnqae (LèX placée en tête de l'éditioii de M. Lacrc pftm à part, avec des développements Ëtc in-18, Ia Notice èiegraphigite, tome ] XLVni de l'édition de 18S7, rédigée pu Tj, a fimmi le fond de l'article qoe la générale (publiée par la mÙKni Didot) ft maitre Fran^où. !•> notice jointe anx De L'Anlnaje est trop snccincte, trop i il fant en dire antant de celle qui eei tête de l'édition Variorwm, et on ne a inioetice, demander des inveet^ations < la notice qni précède la traduction ao) qnbardt, notamment dans l'édition d IBfiB, S volumes.
Ces divers travaux laiseent encore 1 1 bktojre de Babelaie, %ale, pour l'éteni cberchee et l'ampleur des détails, anz qac M. de WalckenasT a conaaciés à I et qae H. Tasctisean a écrite an sajet ( et de Molière.
Fm DES NOTES.