‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 28 sur 65 · Moret : Umis XIV · texte numérisé non relu

Moret : Umis XIV

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n'avait pas été le seul point qui provoqua la rupture des négociations^ il y en avait un autre sur lequel le gouvernement autrichien ne voulait pas transiger et que les confédérés ne crurent pas pouvoir admettre ; c'était la libération de la Transylvanie du joug autrichien et son retour à Tautonomie^ comme avant 1690. Cette question avait déjà soulevé bien des discussions et la Transylvanie avait envoyé une délégation à Nagy-Szombat; cette délégation voulait que la Transylvanie fût traitée, comme la Hongrie^ en puissance belligérante, les commissaires impériaux voulaient reconnattre cette délégation comme représentant les rebelles transylvains, alliés aux rebelles hongrois, mais non comme représentant la Transylvanie. Car tandis que les Mécontents hongrois ne deman«daient pas la séparation de la maison d'Autriche^ mais le rétablissement de la liberté légale, sous le gouvernement des Habsbourg, la Transylvanie demandait la séparation de rAutriche et la reconnaissance de son autonomie. Il était à prévoir que rAutriche n'y consentirait pas et que la Transylvanie n'obtiendrait son indépendance que si les confédérés en faisaient une des conditions de la pacification de la Hongrie. Les délégués transylvains insistaient pour que les affaires de Hongrie et de

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Transylvanie fussent traitées en commun ; T Autriche, au contraire, voulait les traiter séparément; ce fut pourquoi les commissaires repoussèrent aussi cette revendication, en disant qu'ils ne voyaient pas pour quelles raisons les Hongrois se mêlaient des affaires de la Transylvanie ; leur alliance pouvait les rapprocher individuellement, mais non modifier le pouvoir « légitime » de la maison d'Autriche.

Les Hongrois ne voulurent pas abandonner la Transylvanie qui, confiante en leur appui, s'étaitsoulevée contre son récent, mais puissant souverain, et, par son attitude énergique, avait contribué au développement du mouvement hongrois ; les deux pays, unis par la géographie, par l'histoire, parles traditions, par les événements politiques, avaient noué une nouvelle alliance^ et s'étaient soumis à un même chef, l'un d'eux pouvait-il abandonner le plus faible au courroux d'un vainqueur irrité qui lui eût fait expier chèrement le mal qu'il ne pouvait faire au plus fort? Les confédérés reconnaissaient les revendications des Transylvains comme aussi légitimes que les leurs, car le traité qui avait fondé, en Transylvanie, le pouvoir de l'Autriche n'était que la répétition du Parlement de Presbourg, de 1687 : des concessions avaient été

arrachées par la duplicité et par la pression. Leur propre intérêt, de même que l'alliance conclue^ leur faisaient un devoir de ne pas abandonner la Transylvanie, et c'est pourquoi les délégués hongrois refusèrent la prorogation de l'armistice qu^on leur offrait à ce prix.

Les confédérés purent déclarer que l'échec des longues négociations pour la paix ne leur était pas imputable et dans une lettre datée de Nagy-Szombat, le 22 juillet, et adressée aux représentants étrangers, qu'ils remerciaient de leur bienveillante intervention» ils pouvaient leur demander le témoignage « qu'ils avaient cherché, avec soin, et « voulu, avec sincérité, la paix, qu'ils avaient es- « sayé de tous les moyens, écarté tous les obs- <c tacles... qu'ils avaient mis tout en œuvre pour « arriver à la conclusion d'une paix bienfai- « santé... pour ménager un noble peuple qui ne « voulait pas se courber sous un joug humiliant, « qui préférait conquérir par le feu et les armes « sa liberté, quedese déshonorer par l'esclavage... « Nous appelons devant le trône du Dieu toutci puissant ceux qui, pour satisfaire leur incom- « mensurable désir d'autorité, font couler inuti- <c lement le sang... Les confédérés du royaume de « Hongrie, obligés de reprendre les armes, de

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« déployer^ sous la protection et sous la direction « de la Providence divine, leur voile sur la « mer orageuse de la guerre, demandent pardon a aux puissances médiatrices et à toute la chré- « tienté, si, poussés par la nécessité de défendre « l'existence de la Hongrie, ils brandissent encore « une fois Tépée qu'ils avaient remise au four- « reau, dans l'espérance que les moyens paci- « fiques suffiraient... »

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