‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 5 sur 65 · Tbaly K. : //• RdMczi Ferencx ifjuaàga · texte numérisé non relu

Tbaly K. : //• RdMczi Ferencx ifjuaàga

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hongrois lui faisait dire : « Pour Dieu, veillez attentivement sur l'enfant, il n^ a plus personne en qui l'on puisse avoir confiance. » L'enfant se rétablit, et la mère, qui déjà surveillait elle-même ses re* pas, redoubla de vigilance.

A peine remise de ses alarmes, Hélène Zrinyi apprit que son jeune frère, Jean Zrinyi, venait d'obtenir, de la cour de Vienne, l'autorisation de se rendre en Hongrie ; il avait été élevé à Vienne et avait dû entrer dans Tarmée impériale où il avait alors le grade de colonel ; on lui faisait même espérer la restitution de ses biens. Le frère et la sœur ne s'étaient pas revus depuis la fin tragique de leur père à Wiener-Neustadt. Jean arriva au mois de juin à Zboré et passa quelques mois à la cour de sa sœur, avec ses « cbers anges » comme on désignait alors les orphelins de François Ràkoczi.

Il fit des excursions aux environs, un jour en se rendant de Patak à Munkâcs, avec une troupe de Labancz, il fut surpris par des Eouroucz ^ qui le firent prisonnier et l'emmenèrent en Transylvanie»

1. Pendant le soulèvement des paysans qui eut lieu sous Wladislas II, la croix était le signe distinctif du paysan révolté, Crux, d*où par corruption Kurucz. La diplomatie employa, pour la première fois, cette expression en 1683. Les Labancz étaient les soldats autrichiens.

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Il n*y souffrit pas, les Kouroucz, qui eussent aimé à voir le fils du prince Zrinyi prendre place dans leurs rangs, le traitèrent très bien, suivant en cela l'exemple de leur chef, Émerîc Thôkôly ; il passa ainsi, gaîment, le carnaval de 1678. Sa sœur s'inquiétait de cette captivité, et, pour obtenir sa libération, elle écrivit à Vienne, à Szelepcsényi, puis à Apafy, à Michel Teleki et à Émeric Thôkôly, Ce fut alors que commença, entre Thôkôly et Hélène Zrinyi, une correspondance qui devint bientôt active, des portraits furent échangés, dit-on, et l'amour naquit. Les Kouroucz avaient essayé de s'assurer le concours de Jean Zrinyi, mais sa sœur qui, tout en haïssant TAutriche, n'espérait pas le succès des Kouroucz, voulait en éloigner son frère, pour qu'il pût rentrer en possession des biens dont on lui avait fait entrevoir la restitution. Il résista donc à toutes les propositions de ses aimables geôliers et se rendit, auprès de sa sœur, à Munkâcs, d'où ils allèrent ensemble à Makovicza. Leur tranquillité ne fut pas de longue durée, bientôt Hélène sut que les relations de son frère avec les Kouroucz avaient paru suspectes à la cour de Vienne ; Jean ne tarda pas à en avoir la preuve, à peine de retour à Vienne, ayant prononcé quelques paroles légères, il fut

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arrêté et incarcéré ; il resta quelques mois en prison et ne dut sa liberté qu'à l'intervention du primat Szelepcsényi et du chancelier Gubasôczy.

L'échange de lettres entre Hélène Zrinyi et Thôkôly avait continué, et un jour, Hélène faisait savoir à Thôkôly qu'elle était décidée à quitter ses voiles de deuil. Le chef Kouroucz, heureux de cette décision qu'il avait sollicitée, quoique déjà fiancé, renvoya à la fille du comte Michel Teleki la bague de fiançailles qu'ils avaient échangée Tannée précédente, sur le désir de Teleki qui voulait ce mariage pour des raisons politiques.

Dès que le bruit d'un projet de mariage, entre la veuve de François Rdkoczi et le « roi des Kouroucz », se répandit, des protestations s'élevèrent. La cour de Vienne voyait avec inquiétude Taccroissemenj; de forces qui en résulterait pour le « chef des Mécontents » si, au prestige dont son nom était alors entouré, il pouvait joindre celui de Rdkôczi et surtout disposer de l'immense fortune que possédait cette famille. D'autre part, Sophie Bàthory, catholique sévère, ne voyait pas sans crainte ses petits-enfants passer sous la tutelle d'un beau-père protestant ; elle redoutait aussi, et non sans raison, que la fortune qu'elle avait considérablement accrue, ne fût dilapidée.

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Ce fut en 1680 qu'Hélène Zrinyi et Émeric Thôkôly se rencontrèrent pour la première fois, le petit François avait quatre ans^ et sa sœur huit ; Thôkôly se montra affectueux envers eux. Cette entrevue valut à Hélène Zrinyi une lettre de reproches de sa belle-mère, ce qui ne Tempécha pas de se rendre auprès d'elle, avec ses enfants quand, en mars 1680, elle apprit que Sophie Bàthory était malade. Sentant son état s'aggraver, la princesse, toujours énergique, malgré son grand âge, rédigea la formule du serment que les officiers de la garnison devraient prêter à sa belle» fille et à ses petits-enfants.

Voulant probablement soustraire son petit-fils à Tinfluence de Thôkôly, elle demandait, dans son testament, qu'il fût élevé par les Jésuites, pour trouver dans leurs écoles, « avec Tamour de Dieu, la formation scientifique ». Ayant pris ces dernières dispositions, elle rendit Tâme, le 14 juin 1680. Les officiers et la garde prêtèrent serment de fidélité, selon la formule préparée, à Hélène Zrinyi, en présence de ses enfants, le 30 juin 1680. Le confesseur de la défunte, le P. Kiss, suscita plus d'une difficulté à Hélène Zrinyi, à propos du testament de Sophie Bâthory.

L'année suivante, la mère revendiqua pour son

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fils, François Rdkoczi II, le titre de prince de l'Empire qui devait lui revenir, mais ni ses démarches, ni l'intervention de Klobusiczky n'obtinrent de résultat; l'opposition vint, pensa-t-on, de la cour de Vienne. Pendant ce temps, Hélène Zrinyi avait à lutter contre Caprara qui voulait lui imposer, à Munkdcs, une garnison allemande, ou, tout au moins, un commandant allemand ; Klobusiczky lui ordonna de laisser Hélène Zrinyi en paix, mais Tannée suivante, il revenait à la charge.

Au mois de janvier 1682, Hélène Zrinyi écrivit elle-même au primat Szelepcsényi, au chancelier Gubasoczy et àl'omnipotent évêque KoUonics, pour les intéresser à son projet de mariage, tandis qu'Émeric Thôkôly demandait au puissant souverain de la France, un appui que Louis XIV lui promettait. A la cour de Vienne, on avait changé de manière de voir, on pensa que ce mariage satisferait toutes les ambitions de Thôkôly et qu'il serait ainsi plus disposé à renoncer à la guerre. De plus, on comptait bien qu'il n!y avait en Hongrie, à part Thôkôly, que trois magnats protestants, deux d'entre eux n'avaient pas de descendants, leurs biens reviendraient donc à la couronne, les enfants dp troisième étaient confiés à Eollonics, et il y avait tout lieu de penser que le

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mariage projeté conduirait Thôkôly à se convertir au catholicisme.

La Porte fit de belles promesses au « chef des Kouroucz » qui se rendit à Buda, où il eut un entretien, en mai 1682, avec le pacha, il conclut, en son nom et au nom de ses partisans, une alliance; le sultan lui remit un fîrman, le nommant prince de la Hongrie Supérieure, en même temps, il en recevait les insignes.

Il quitta Buda et se rendit à Munkdcs ; son futur beau-frère, le comte Jean Zrinyi, et le petit François, allèrent à sa rencontre; Émeric Thôkôly apportait toute sa fortune mobilière. Le mariage eut lieu, le 15 juin 1682, en grande pompe au château de Munkdcs. Après trois années d'attente, rheureux couple était enGn uni ^ ; les quelques mois qui s'écoulèrent alors furent les plus heureux de leur existence, car bientôt Thôkôly ceignait son sabre et recommençait sa vie agitée, quant à son épouse, elle allait voir se rouvrir Tère des alarmes, sans cesse renouvelées, déchirant son cœur de mère et d'épouse.

1» On dit que cette dame n'a jamais pu pardonner A TEmpereur la mort de son père et de sa mère et que cette raison ne fut pas Tune des moindres qui rengagèrent à donner sa main à un seigneur qui paraissoit être ennemi irréconciliable de la cour de Vienne. (Mémoires pour le comte TekelL)

MUNKÂGS

François Râkôczi se développait moralement aussi bien que physiquement; dès qu'il eut atteint l'âge de cinq ans^ sa mère le retira^ comme il le dit lui-même dans ses Mémoires ^^ des mains des femmes, pour le remettre à George Eôrôsy dont le dévoùment fut inaltérable. L'année suivante^ on lui fît commencer Fétude du latin^ en même temps, toutes les connaissances nécessaires à la situation qu'il devait occuper dans le monde lui étaient enseignées par des maîtres spéciaux.

i. Amabat me mater vere materne severe ; animadvertebat enùn in cmnes inconvenientes actiones meas et vix S annorum êeparaoit me a gynaceo et cura mulierum.

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Émeric Thôkôly^ à qui la garnison de quelques forteresses appartenant à la famille Rikôczi avait prêté serment, passa le commencement de Tannée 1683, en partie à Kassa, en partie dans les châteaux des environs, mais bientôt il dut rejoindre le Turc, son allié; il emmena avec lui son beau-fils et, sans ménagement aucun, exposa l'enfant à toutes les vicissitudes que présente la vie des camps, à tous les dangers que comportent les batailles. Mais le Adèle Kôrôsy veillait et ce fut lui, fort probablement, qui fit échouer les projets meurtriers que certains auteurs attribuent à Thôkôly, La robuste et énergique nature du jeune François sut résister à toutes les épreuves auxquelles on la soumettait et s'en trouva même fortifiée ; ce n'était pas ce que l'on attendait ; aussi, deux ans plus tard, une tentative d'empoisonnement fut faite. Un château et un vaste domaine devaient être le prix du forfait *. George Kôrôsy sut encore cette fois démasquer et empêcher l'exécution de l'infâme projet, mais à partir de ce jour, il ne quitta plus son jeune maître, se fit son cuisinier, son échanson, son valet de chambre, son surveillant de tous les instants.

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