Horvàth M : Zrinyi llona életrajza
hommes énergiques qui cherchaient les moyens de secouer le joug pesant sur la patrie.
L'union même d'Hélène Zrinyi devait être l'un de ces moyens, on comptait sur la jeune fille, intelligente et courageuse, pour arracher le jeune François Râkoczi à l'inaction sans gloire où il paraissait se complaire; il fallait, au moment opportun, lui faire prendre une décision énergique, et annihiler l'influence paralysante qu'exerçait sur lui sa mère, dévouée à l'empereur, réveiller les souvenirs endormis, pousser son patriotisme à Taction.
Ce que l'on attendait d'Hélène Zrinyi prouve la confiance que Ton avait en elle. Aux dons de l'intelligence, s'alliait l'amour de la patrie, car elle appartenait à cette noble lignée qui, depuis deux siècles, avait sans cesse tenu une place importante dans la vie nationale ; dévoués et braves, les membres de cette famille avaient donné, à la patrie, -des héros et des martyrs.
Le patriotisme héréditaire se changea chez la jeune fille en une véritable passion; les événements politiques, ses malheurs personnels, trempèrent son caractère et remplirent son cœur d'amour pour la patrie qui exigeait d'elle de cruels «acriflces. Son père, Pierre Zrinyi, pour avoir pris
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part, avec d'autres conjurés, à un projet de soulèvement contre rAutriche, fut condamné à mort et exécuté à Wiener-Neustadt, le 30 avril 1671, en même temps que le comte Frangepdn, tandis qu'un autre conjuré, le comte Nâdasdy, était exécuté à Vienne *.
François Râkoczi P' était au nombre des conjurés, il se réfugia auprès de sa mère, Sophie Bâthory, dans la forteresse de Munkàcs. En raison des bons rapports qu'elle entretenait avec l'empereur, et des sacrifices d'argent (400.000 thalers) qu'elle fit, elle obtint la grâce de son fils. Mais cette grâce fut, pour Hélène Zrinyi, dont le père venait d'être exécuté^ une humiliation plutôt qu'une consolation ; elle y voyait tout le dédain témoigné à son mari, qui malgré son nom, malgré la part réelle prise à la conjuration, n'inspirait
1 . Les prisonniers furent condamnez à. avoir la tête tranchée, poar crime de Leze-majesté et de trahison, par les juges que l'Empereur nomma... En leur faisant leiur procès, on trouva comme on Ta dit que presque toute la Noblesse la plus qualifiée de Hongrie avoit eu quelque part à la Conspiration, les uns pour y avoir trempé effectivement, les autres pour ne l'avoir pas révélée, les autres enfin pour ne s'y être pas opposez comme ils le dévoient. C'est ainsi que Vargas, Ministre des Pals-bas, soutenoit que les Hérétiques y aiant pillé les Eglises et les Orthodoxes n'alant rien fait pour les en empêcher, ils dévoient tous être pendus. (Mémoires pour servir à la vie cTEmei^ic, comte de Tekeli.)
Un auteur dit que l'empereur Léopold fit célébrer deux mille messes pour le salut de r&me de chacune des victimes.
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aucune crainte à TÂutriche^ tandis que les sacrifices matériels les plus importants, l'intervention de toute la noblesse, Tintercession du pape même, n'avaient pu sauver la tête des autres conjurés.
Elle suivit pourtant son mari dans la retraite à laquelle la grâce impériale le condamnait. Au mois d'octobre 1667, elle avait donné le jour à un fils, George III, qui, baptisé en grande pompe à Zboré, ne vécut que peu de mois. Quelques années s'écoulèrent avant la naissance d'un autre enfant ; ce fut une fille, Julianna, qui naquit en 1672, et il fallut attendre jusqu'au 27 mars 1676 la venue d'un fils ardemment désiré. Cet enfant, à qui l'on donna le nom de François Léopold, n'avait que quelques mois quand son père, François Rdkôczi P' mourut, le 8 juillet 1676, dans son château de Makovicza. Hélène Zrinyi restait veuve avec deux enfants.
La mère était tutrice légale et naturelle de ses enfants. Hélène Zrinyi remplit sa mission avec autant d'énergie que d'intelligence. Elle revendi* qua, pour son fils, le titre d'ispân héréditaire du comitat de Sâros qui avait été accordé par un diplôme de Léopold, en date du 30 juillet 1666, à François Ràkôczi P' et à ses descendants.
L'éducation de ses enfants et le maintien de
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leurs droits étaient l'objet des plus graves préoccupations d'Hélène Zrinyi; son esprit ferme et libéral n'était pas fait pour s'entendre avec l'intolérance et l'intransigeance de sa belle-mère, elle eut maintes fois à en souffrir et finit par quitter Munkécs pour aller habiter les châteaux de Patak et de Regécz, situés dans la vallée de la Herndd. Pourtant le primat Szelepcsényi sut amener un rapprochement entre les deux veuves et la jeune mère retourna avec ses enfants à Munkdcs ; elle y resta plus d'une année et ne quitta sa belle-mère qu'en 1679.
Un jour, le petit François tomba malade, et, tout aussitôt, la nouvelle de sa mort se répandit à Vienne. On crut, en Hongrie, à une tentative d'empoisonnement, la chose n'avait rien d'invraisemblable ; la vie d'un enfant de deux ans est bien fragile, et, au cas où le fil si ténu de cette existence se fût rompu, les trois quarts de l'immense fortune des Rékéczi revenaient, d'après la loi, à l'Ëtat, c'est-à-dire, à la cour de Vienne*. Les craintes d'Hélène Zrinyi furent encore accrues par la sollicitude que lui témoignèrent ses amis et les recommandations qu'ils lui adressèrent ; un prélat