Bibliothèque nationale
Le papier du manuscrit a été endommagé en plusieurs endroits ; le texte manquant est remplacé par des points, l'orthographe est conservée.
que mon tempérament encore assez fort et vigoureux me la representeroit, si le désir de la vie m'occupoit encore. Dieu vous a donnez à moy par votre naissance, mais il vous a reservez à sa providence encore plus particulièrement que le commun des hommes, parce quMl vous a nourris, il vous a fait élever et parvenir jusqu'à Tage viril, sans aucun secours de votre père et de votre mère, de telle manière, que selon le témoignage des nouvelles publiques, j'ay lieu de croire que Dieu vous ait donnez à moy comme un don de sa miséricorde, et non comme un don de
sa ; et cette consolation m'est plus grande, que n'est le
chagrin, de la chair et du sang, de n'avoir veu un de vous que dans le berceau, et de n'avoir sçu de l'autre, sinon qu'il est venu au monde. La nature a planté dans mon cœur la tendresse pour vous, mais la charité fait que je vous aime en Dieu et pour Dieu : ainsi tout séparé que je sois de vous, ...s m'êtes toujours présents, et quand même Dieu ...eroit tellement de moy que je ne vous vis jamais... cette misérable vie, rien ne peut m'oter l'espérance ...vre avec vous dans l'éternité bien heureuse. Voilà, Mes Gbers Enfans, la solide consolation que la charité me fournit, c'est le souhait que ma tendresse fait chaque jour devant le Dieu de miséricorde, et le père de toute consolation, duquel vous devez attendre le dénouement de votre sort mondain et éternel. Mais comme votre confiance de parvenir au susdit but, seroit vaine et illusoire si vous méprisiez ses commandemens et si vous ne meniez pas une vie digne de chrétiens, dont vous portez le nom, ma charité paternelle pour vous m'a suggéré de vous adresser ces reflexions cy jointes, dans lesquelles vous trouverez des maximes qui vous aideront à vous conduire par la voie, par laquelle nous devons marcher, afin que nous nous joignions dans le roiaume que Dieu a préparé à ceux qui aiment ses commandemens et qui les suivent avec fidélité. Votre chère mare vous a précédés, comme vous pourrez avoir sçu et aîant lieu de croire que Dieu luy a