Hammer: HisL de l'empire ottoman
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qu'il reviendrait au printemps... Dans un moment de faiblesse, Hélène Zrinyi consentit^ elle laissa faire les préparatifs du départ. L'enfant était satisfait, on lui avait dit qu'il irait beaucoup à cheval, et cela lui suffisait, le but du voyage échappait à sa compréhension. Mais si lui se réjouissait, il n'en était pas de même de la pauvre mère; la décision une fois prise, ses appréhensions augmentèrent, pourquoi avait-elle cédé aux instances de son époux? l'amour conjugal remportait donc sur l'amour maternel? La nuit augmenta ses alarmes, il lui semblait que ses ancêtres lui apparaissaient, le vieux prince George avec sa longue barbe et son œil froid;, pénétrant, Suzanne Lorànlffy, digne et sévère, l'héroïque George II, montrant sa blessure sanglante et disant: Ce sont les Turcs qui m'ont fendu la tête et vous envoyez mon petit-fils au sultan ! Son mari, découragé, murmurant : Les Turcs m'ont pris mon trône! Sophie Bàthory, le visage pâle, le geste autoritaire, le regard perçant, et disant: Qu'avez-vous fait des enfants? Toutes ces ombres demandaient compte, à la fille des Zrinyi, du fils des Ràkôczi.
Et le matin, tous les préparatifs étant faits, les chevaux sellés, Badinyi, le précepteur de l'enfant et son fidèle Kôrôsy, priant dans la chapelle pour
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que le Dieu des orphelins veille sur leur « petit seigneur * », Hélène Zrinyi alla trouver Émeric Thôkôly et lui déclara que « quoi qu'il pût arriver, elle ne donnerait pas son enfanta il resterait dans le château de ses ancêtres. »
La séparation s'effectua au milieu des sanglots et Émeric Thôkôly partit seul pour Nagy-Vârad. Hélène Zrinyi ne savait pas que sept années s'écouleraient avant qu'il lui fût donné de revoir son époux. Quant à Rékôczi, c'était la dernière fois qu'il voyait son beau-père. Plus tard, ils échan^* gèrent des lettres affectueuses qui prouvèrent que le passé était oublié.
Quelques semaines s'étaient à peine écoulées lorsque David Petnehdzy apporta la nouvelle qu'en arrivant à Nagy-Vérad, au commencement d'octobre, Émeric Thôkôly avait été arrêté et envoyé, chargé de fers, à Belgrade '.
L'arrestation de Thôkôly fut un acte arbitraire
1 . Ei tere misericordiam tuam pro me impetravit... et me matri mew reliquiL (Mémoires,)
2. Le Bassa leur vint au deyant, et les fit entrer dans la ville au brait de Tartillerie. L'armée campa dans les environs, pendant que les officiers furent régalez par le Bassa qui leur faisoit trds bon visage. Mais à la sortie de table, comme Tekeli 8*attendoit à entrer dans une conférence particulière, quelques Janissaires entrèrent dans la chambre avec des chaînes dont ils le chargèrent, par le commandement du Bassa, qui avoitreço, disoit-U, cet ordre de la Porte. [Mémoires pour le comte TekelU)
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dn pacha de Nagy-Yàrad doDt les conséquences eurent une portée considérable. Il fut bientôt re* mis enliberté> mais, si brève que fut la captivité du c roi des Kourouez j>, elle lui enleva néanmoins toute l'importance politique qu'il avait eue jusqu'alors; sa carrière qui s'était si brillamment développée était close. Ce fut en vain que la Porte essaya de réparer la faute qu'elle venait de com- Hiettre^; la considération dont Thôkôly avait joui jusqu'à ce moment, son influence, son prestige^ étaient atteints ; il devint un exilé dont les tentatives politiques n'eurent plus de résultats sérieux. Un principe qui, pendant plus d'un siècle, avait inspiré bien des résistances, fut brisé par Tacte du pacha de Nagy-Vàrad; Thôkôly était le représentant de ce principe, sa chute en entraînait la disparition, elle mettait fin à l'amitié que l'oppression autrichienne avait fait naître entre les Hongrois et les Turcs. Indignés de la trahison des Turcs, les Kourouez se séparèrent, se dispersèrent. Kassa qui, sous le commandement de Pierre Faigel et de quelques autres chefs, dévoués à Thôkûly« avait énergiquement résisté, se rendit, le 25 octobre ; Szâdv^r, Patak, Regécz, Ungvàr, les
. i. Elle fit ezécuUr ceux qui «raient accusé ThAkdiy . (Hvngarjf and Ut rmnaiutiona. £. G. S.)
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Yilles de la Hongrie Supérieure suivirent cet exemple et se rendirent aux Impériaux. Hélène Zrinyi les libéra du serment prêté à Thôkôly. Le pouvoir du comte de Késmark n'existait plus sur cette contrée dont il avait été le prince et qui rentra sous l'autorité du roi. La Hongrie Supérieure se trouva réduite tout entière sans coup férir ^.
Tbokôly avait tout perdu^ excepté Famour de son épouse, a  la vie, à la mort, aucune crainte, aucune misère ne me séparera de vous», lui avait-elle écrit une fois. Elle voulut aller le re* joindre, mais les événements la contraignirent à rester à Munkacs dont la défense rendit son nom glorieux. Seule cette ville résista; un triple rang de fortifications Tenserrait^les eaux de la Latoreza emplissaient un profond fossé et la défense de la viUe était confiée à André Radies. Outre Hélène Zrinyi et ses enfants, il y avait encore plusieurs familles nobles, la sœur de Tbokôly, le comte et la comtesse Etienne Nidasdy, etc. La garnison comprenait quelques régiments et les approvisionnements de munitions et de vivres se trouvaient en grande quantité. Ce fut en novembre 1685 que le général Carafa investît la ville; ses troupes étaient