A. de Salrandy : Htttom d0 Pologne
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aguerries et il crut qu'elles remporteraient une facile victoire, il n'en fut rien; au mois de mars 1686, le général Caprara vint le rejoindre, avec de nouvelles troupes et de nombreux engins de guerre , il prit la direction des opérations. Il commença tout d'abord par demander à Hélène Zrinyi, la reddition de la forteresse. « Comme mère des enfants du prince François Rdkdczi I«', lui répondit l'énergique princesse, je me suis retirée avec mes enfants dans cette forteresse, qui est leur héritage, il est de mon devoir de la défendre si on Tattaque. Ni moi, ni mes enfants innocents, nous n'avons rien fait contre l'empereur ; pourquoi nous a-t-on pris successivement nos châteaux? Je n'ai attaqué personne, mais je résiste à ceux qui m'attaquent, et si l'empereur prend les armes contre une femme et de faibles orphelins, je ne crois pas que dans cette lutte. Sa Majesté et ses généraux gagnent beaucoup de gloire. Que le général cesse d'investir Munkdcs ou qu'il sache que ni la perte de mes autres forteresses ni la crainte d'un siège ne me feront oublier, à moi, faible femme, ce que je dois âmes enfants. » En recevant cette réponse, le général Caprara fit activer les travaux d'approche. La « comman* dante » de Munkâcs fit hisser le drapeau rouge
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au sommet de la forteresse^ et de part et d'autre, la lutte commença. Hélène Zrinyi habitait, avec ses deux enfants, le palais situé dans la partie supérieure de la forteresse. Caprara le savait et, le 13 mars, il eut le chevaleresque courage de faire tirer quinze fois de suite sur cette habitation. Les bombes employées au début pesaient 100 à 120 livres, bientôt cela ne parut plus suffisant aux assiégeants qui lancèrent contre la forteresse des projectiles dont le poids atteignait 200 livres ; les assiégés répondaient et ce fut au milieu de cet échange de bombes, de boulets, de grenades, de fusées, que Ton célébra le dixième anniversaire de la naissance de François. L'enfant aimait à voir ce qui se passait au camp, et Ton avait peine à Tarracher des bastions ; il contemplait, la nuit, les courbes décrites dans les airs par les fusées et le bruit de la mitraille ne l'effrayait pas ; du reste, sa mère, tout en lui faisant continuer ses études, cherchait à développer le courage et Ténergie chez son fils, tandis qu'elle emmenait sa fille pour soigner les blessés et leur adresser quelques paroles de consolation.
Pendant la journée du 30 mars, le général Caprara fit bombarder la ville, du matin jusqu'au soir, avec toutes les pièces d'artillerie dont il pou-
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vait disposer. Les engias destructeurs se suc* cédaient sans relâche, variant seulement par leurs effets; une fois, ce fut la salle d'audience qu'une bombe détruisit, une autre éventra le plafond de la chambre réservée à la princesse Julianna; Hélène Zrinyi eut son cheval tué, la maison de Paul Gyilrky fut entièrement démolie, etc., etc.
En présence d'une telle résistance, ce fut le général Caprara qui céda; il se retira dans la nuit •du 27 avril, et se dirigea vers Eassa. Après un bombardement qui avait duré sept semaines, la forteresse était enfin libre. Le 28 avril^ un service d'actions de grâces fut célébré dans la chapelle de la citadelle, et le 1^*^ mai, toute la garnison fut passée en revue. Revêtu du costume national, sur la tête le kalpag, avec Taigrette, retenue par une ■agrafe de diamants, en main, la masse d'armes ornée de pierreries, ferme sur son petit cheval, François Râkéczi parut devant les troupes; Tair •décidé, enthousiaste, la parole émue, mais vive, il iiarangua les officiers et les soldats, et les re* mercia chaleureusement de leur fidélité et de leur «courage \ Ce fut le premier acte public de celui