L'ENCAUSTIQUE
date que Pline lui attribue; plus ancienne que l'encaustique des tableaux, elle devait exister déjà au temps d'Homère, puisqu'on trouve chez lui l'image de vaisseaux aux joues rouges ([^'ATO-dcpr/O; ou (poivty,077àpYioç) et qu'on ne pouvait appliquer des couleurs sur des vaisseaux ni à la détrempe, ni à la fresque.
Pline semble fixer la date de la naissance de l'encaustique sur mur dans ce passage : « Pausias imagina le premier de peindre les plafonds et les chambres; avant lui on n'avait pas la coutume de ce mode d'ornementation ^ » Pausias était un célèbre peintre à l'encaustique. C'est donc probablement ce procédé qu'il employa : il vivait dans le IV® siècle avant Jésus-Christ.
Ce procédé s'est perpétué jusqu'à nos jours. Hittorff le retrouve avec justesse dans les stucs milanais dont voici la préparation : On couvre d'abord les parois de plusieurs couches de mortier ordinaire; on étend ensuite sur ces couches, et avant qu'elles soient séchées, un nouvel enduit d'une ligne d'épaisseur composé de sable plus fin et de chaux que l'on étend avec une truelle en bois très unie et de la forme d'un rectangle allongé; sur cet enduit encore humide on applique un second enduit de même épaisseur, composé de chaux éteinte au moins quinze jours d'avance et de poudre de marbre. Quand cet enduit est à peu près sec, on le recouvre d'un second enduit de stuc, composé d'un tiers de poudre de marbre et de deux tiers de chaux. Après quoi, si l'on veut obtenir un fond blanc, on étend de la chaux pure; si l'on veut des teintes, il faut préalablement les mêler avec la poudre de marbre et la chaux, qui forment la seconde couche de l'enduit; ensuite avec la
I. Idem et lacunaria primus et pingere instituit et caméras, nec ante eum taliter adornari mos fuit. (L. XXXV, ch. xi, § 40.)