HISTOIRE
couleur du fond, prise très liquide et délayée dans l'eau de savon et de chaux, on couvre la superficie une, deux ou trois fois. Sur ce stuc ainsi coloré ou laissé blanc, on peint avec un pinceau ou une éponge; on laisse sécher, puis on prend une autre petite truelle en fer, que l'on chauffe, et avec le dos de cette truelle on passe sur la surface enduite jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement luisante. Enfin, avec une composition formée de trois onces et demie de cire et de six onces de savon fondu au feu et délayé ensuite dans deux bouteilles d'eau bouillante, on couvre encore plusieurs fois le stuc déjà luisant et Ton y passe rapidement la truelle à dos arrondi. Quoique le fer soit froid, ce mouvement de rotation produit une chaleur très considérable qui remplace la xaG^tç ^ .
Les Égyptiens ont-ils connu l'encaustique des statues ? C'est chose certaine. Sur des figurines en terre John a trouvé des cires colorées^. A Beni-Hassan on remarque un peintre représenté coloriant une statue ^. Des œuvres venues d'Egypte ont-elles été le point de départ de la sculpture polychrome en Grèce? Les sculptures du Parthénon, du temple de Thésée démontrent que les Grecs pratiquaient cette méthode dès le v« siècle avant Jésus- Christ. L'apogée de cette pratique chez les Romains coïncide avec le règne de Néron. Pline dit : « Nous avons commencé à peindre la pierre. On prit Thabitude de changer par l'insertion des couleurs les veines naturelles des marbres contre des veines artificielles ^ » ; mais il est bien certain qu'à Rome, la polychromie encaustique des statues
1. Hittorff, Restitution du temple d'Empédocle à Sélinonte, p. 685.