‹ François RudeChapitre 27 sur 68 · LE BAPTÈME I BAPTÈME DU CHRIST · texte numérisé non relu

LE BAPTÈME I BAPTÈME DU CHRIST

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collaborateurs et à Rude lui-même la tâche ingrate de sculpter une apothéose militaire de la Restauration. Louis-Philippe ne semble-t-il pas faire revivre l’Epopée révolutionnaire et l’Epopée impériale en tant qu’achèvement de la Révolution ? Le roi qui va ramener les cendres de Napoléon paraît tout désigné pour dédier l’Arc de Triomphe à la mémoire des pa-

triotes et à la gloire du Conquérant. Aussi bien, le roi bourgeois ne répugne :

pas, au lendemain de l'avènement, à parler à l'imagination populaire. C’est pourquoi, dès les premiers jours du règne, Louis-Philippe ordonne de reprendre les travaux en se référant aux dispositions de la donnée primitive, si longtemps oubliée. Le ministre de l'Intérieur de la monarchie de Juillet,

‘M. de Montalivet, renoue la tradition de son prédécesseur impérial M. de

Champagny : l’Arc célébrera, en haut-relief, le départ et le retour triomphant des armées de la République et de l'Empire.

Rude a beaucoup travaillé pour l’Arc de Triomphe. Il a eu, pour sa part,

. à sculpter le Retour d'Egypte et le groupe du Départdes Volontaires de 1702,

que l’on appelle aussi parfois la Marseillaise. Or, à ne considérer que le Départ, qui reste le plus beau titre du Maître, nombreux sont les dessins, nombreuses les esquisses qui ont précédé et préparé l'exécution définitive, témoignant des travaux d'approche dont l’ardeur consciencieuse de l’ar-

tiste s'était imposé la charge. C’est que, si le Retour d'Egypte n’a inspiré

au grand sculpteur dijonnais que d’élégantes figures et d’ingénieux détails, l’idée du Départ des Volontaires de 1792, au contraire, a fait vibrer en lui ce qu’il avait de plus intime et de plus profond : toute l’âme de l'artiste et de l’homme.

Le Départ est, de toutes les œuvres de Rude, la plus connue et la plus populaire. Or, il se trouve que, cette fois, l'impression première est la bonne. J1 s’agit bien d’un de ces chefs-d’œuvre qui saisissent du premier coup, qui parlent à l’âme même la plus inculte et qui, si elles suscitent l'admiration spontanée de tous, n’ont rien à craindre de l’analyse de quelques-uns. Rude n’a jamais été plus lui-même que dans sa Marseillaise. Il s’y retrouve tout entier. L//enfant du peuple, le patriote armé qui, à huit ans, endossait l'uniforme du Royal-Bonbon, le duelliste de Saint-Seine-sur-Vingeanne qui avait, si jeune, le culte de son honneur militaire, le héros de l’algarade de 1815, enfin l’héritier d'Antoine Rude et de Frémiet pour qui l'épopée guerrière est l'expression suprême de la Révolution : voilà tout ce qu'il faut se rappeler pour comprendre l’œuvre la plus monumentale de Rude.

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