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SOUS LA SECONDE RÉPUBLIQUE

Cette même philosophie qui l’aidait à à supporter allègrement ses déconvenues académiques, aida aussi Rude à prendre son parti des désillusions que les suites de la Révolution de février réservaient aux libéraux. La seconde République, en effet, accumula les contrastes. Jamais régime n’excita à son avènement de joie plus délirante, jamais régime ne causa de plus rapides et de plus complètes déceptions.

La chute de Louis-Philippe avait été, au premier chef, ee des capacités. Une aristocratie de l'intelligence, éprise d’idéal, entendait remplacer, pour le plus grand bien de la civilisation et de l'humanité, l’ancienne aristocratie censitaire. Alors, les artistes, comme les orateuts, les. philosophes ou les poètes, leurs frères, se découvrent tout à CObE des ne ; tiques. VE David d'Angers, déjà maire d’un arrondissement de Pre s'apprête à devenir député de Maine-et-Loire. Quoi d'étonnant si Rude | aussi est à la veille d’une candidature législative ? ;

La faute en est aux Dijonnais. Ils se sont avisés de porter leurs suffrages républicains sur l’auteur de la Marseillaise. Qui donc oserait dire que nul. n’est prophète en son pays ? Si ce proverbe est vrai ue in ‘a Paso cours en Bourgogne. ER

Rude est donc sollicité de devenir député, L voici reproduite i in Se la réponse du sculpteur, telle qu’un biographe averti et scrupuleux nous l'a et retrouvée dans la République de Dijon, journal du 12 avril 1848.

JAMES DEMONTRY.

(Cimetière de Dijon.)

Paris, 30 mars 1848.

Amis ! MR :

La proposition que vous me faites, au nom de mes compatriotes démocrates, m'honore autant qu'un Républicain puisse être honoré. Les circonstances sont telles que, pour charger un homme de si grands intérêts, 1l faut que cet homme ait toute votre confiance. Vous avez mis la vôtre en moi : je vous en remercie. J'ai l'orgueil de dire que vous ne vous êtes pas trompés quant aux opimons polhtiques. Mais cela sufit-il ? Si vous me dites oui, je m'offre à vous sans réserve, corps et âme.

Je crois qu'il est inutile de vous envoyer ma profession de for, ne vous m'avez choisi. Je vous dirai seulement que je suis démocrate radical. Je n'« jamais compris toutes ces mesures'si élastiques, en politique surtout : je n'en veux pas. Toutefois, j'ai accepté avec admiration les bases fondées sur la tolérance, exposées par le BOMPETNENETE provisoire, après notre glorieuse Révolution.

Je vous serre la main fraternellement.

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