‹ François RudeChapitre 52 sur 68 · HÉBÉ ET L'AIGLE DE JUPITER. — L'AMOUR DOMINATEUR DU MONDE · texte numérisé non relu

HÉBÉ ET L'AIGLE DE JUPITER. — L'AMOUR DOMINATEUR DU MONDE

Les chefs-d’œuvre de Rude n'avaient pas manqué de répandre de plusen plus sa réputation en Bourgogne. Avant même que l'inauguration retentissante du bronze de Fixin ne portât à son comble la renommée de Rude dans son pays natal, Dijon se préoccupait d'avoir dans son Musée une œuvre d’un si illustre enfant. En 1846, l'initiative d’un conseiller municipal donne corps à ce projet. La proposition d’une commande fut donc faite en plein Conseil et dans des termes qui méritent d’être conservés. « Rude est né parmi nous, il fut l'élève de notre école des Beaux-Arts. On le classe au nombre des statuaires français les plus remarquables. Son noble caractère et son grand talent honorent son pays natal. Demandons-lui de traiter. pour nous quelque sujet à son gré : nous acquitterons une véritable dette en même temps que nous enrichirons notre Musée d’une œuvre éminente. »

Quelque sujet à son gré : n'est-ce point, pour un artiste, la commande idéale ? Celle qui laisse à l'inspiration sa liberté entière ? Le Conseil muni cipal de Dijon s’honoraïit, en effet, en comprenant le Mécénat avec ce par. fait libéralisme. La proposition rallia d’ailleurs l'unanimité, et le maire, 0 Victor Dumay, écrivit à Rude pour lui faire savoir les intentions de la n

Ville: toute latitude était laissée à l’auteur pour le choix du sujet, il était 2. seulement prié de faire connaître ses vues. PEER: à

L'initiative de ses concitoyens toucha profondément Ride Il était à AE d'autant plus enclin à accueillir la proposition qu’il avait lui-même une DIE dilection pour les œuvres d'art spontanées. M ais la démarche du maire de

Dijon arrivait à un moment où les commandes proprement dites et pressées se multipliaient. L'atelier de la rue d’Enfer était encombré de plâtres inachevés et de maquettes à l'étude. Le Cavaignac et le Napoléon vont partir, mais Monge attend encore. Puis, sous la seconde République, ce sont les œuvres de circonstance : la figure de la République elle-même, le Calvaire, James Demontry, Jeanne d'Arc, et presque aussitôt le général Bertrand, sans compter les distractions politiques et les élections. Il est aisé de comprendre que la commande imprécise de la ville de Dijon soit demeurée plusieurs années à l’état de simple projet.

Or, sur ces entrefaites, Anatole Devosge meurt, le 8 décembre 1850. Il laissait la ville de Dijon héritière d’une commande qu'il avait naguère faite lui-même à Rude, en lui donnant aussi le choix du sujet, et dont Rude avait arrêté le thème : c'était l'Amour dominaieur.

Cependant, la municipalité de Dijon, que les retards déconcertent, revient à la charge.

Le sculpteur alors répond qu'il FER NRe| a commandé le marbre, un (Galerie extérieure du Louvre.)

Cliché Braun.

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