POUSSIN
(Galerie extérieure du Louvre.)
ClichéBraun.
bloc de Carrare « de la qualité la plus pure », et ajoute que la somme à payer par la Ville sera, au total, de trente mille francs.
Cette somme surprit l’édilité dijonnaise, qui ne s'était pas doutée apparemment que le ciseau d’un artiste tel que Rude valût un tel prix. MHMTENETIERNESS moment de tergiversation dont Rude se montra quelque peu impatienté. Bref, la Ville accepta les conditions et n'eut plus qu'à attendre la livraison de l’œuvre, dont on disait déjà merveille : c'était Hébé et
l'aigle de Jupiter.
Ainsi, Hébé et l'aigle de Jupiter d'une part, l'Amour dominateur
d'autre part ont été
exécutés parallèlement.
L'auteur enfante ces deux œuvres dans la sérénité d’une vieillesse qui fut singulièrement douce, calme et paternelle. Un même rythme de pensée se traduit
N: a H£Bé À L’AIGLE.
(Musée de Dijon.)
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dans les deux marbres: intellectuellement, le maître entend n° y exprimer rien de moins que sa conception de la vie et du monde. 1
Si l’on veut bien faire l'effort nécessaire pour pénétrer jusqu'à fide philosophique dont le sculpteur a animé la pierre, l’estime pour le penseur ; | croît en même temps que l’admiration pour l artiste. à 2 ae |
Voici d’abord Hébé et l'aigle de Jupiter : le charme de la ligne et la per- 5% fection technique séduisent aussitôt dans cette composition où tout est À À harmonie. Hébé, la déesse de la jeunesse, est délicieusement drapée d’un pan d’étoffe transparente qui glisse avec grâce le long de son beau corps svelte pd. 3 et dégagé. La chevelure est parée de fleurs fraîchement écloses, qui érivé- 0 loppent le front lisse et pur, ceint d’un diadème royal que rehausse une riche. k garniture de perles. I/'aigle, audacieux et arrogant, veut boire l'ambroisie °° à la coupe d’or. La déesse, malicieuse et coquette, l'élève au-dessus de sa Le tête d’un air de défi, tandis qu’un demi-sourire mêlé de plaisir et de crainte 17 accompagne le geste de défense par lequel sa main gauche essaie de repous- Mer, ser l'oiseau divin ; mais l’aigle est dressé sur ses serres, sa tête s’allonge, son Fi: bec s’aiguise, ses yeux fascinés dardent un regard fixe et ses ailes largement 2 4 éployées enveloppent la nudité d'Hébé d’un ardent frémissement. LT
Une légende accompagne l’œuvre. Rude a écrit sur le socle des noms den poètes antiques :
HOMÈRE OVIDE # HÉSIODE VIRGILE £ M - ÉURIPIDE | Cite | ï
Il est évident que l’auteur de ce groupe, si belle qu’en soit la forme. n’a pt “4 pas entendu traiter par la plastique un thème de pure mythologie, mais & F2 qu'il attache à sa composition un sens profond, un sens d’ sur De
est la Femme et l’aigle le Désir.
En ce qui concerne l'Amour dominateur, la pensée “ Rude s éclaire d'u un texte : la lettre même qu'il écrivit à Devosge en lui envoyant la première ; esquisse de l’œuvre qu’il lui destinait. « Vous verrez, — lui disait-il, — - par ee cette maquette, que je place l'esprit au milieu de la matière. Cette petite figure allégorique que nous appelons Amour et que les Grecs regardai + comme le plus ancien des Dieux, ce génie préside au D dés
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