‹ François Suarez, de la Compagnie de JésusChapitre 2 sur 38 · DEDICACE III · texte numérisé non relu

DEDICACE III

Notre grand Docteur s'écriait un jour, au milieu de sa carrière, combien il serait heureux de pouvoir briser sa plume et s'en aller, loin des luttes théologiques, chercher Dieu en paix et en liberté. Il ne se retira point, et la m,ort seule fit tomber la plume de ses mains. G est qu'il reconnaissait en elle l'instrument de sa mission providentielle.

Vous verrez, vous aussi, vous savez déjà qu'aujourd'hui, plus encore qu'en ce temps-là, il est nécessaire de prendre les hommes par l'intelligence pour les ramener à Dieu. La charité ne suffit plus à gagner leur cœur, souvent même elle l'irrite et l'aigrit. Il faut d^ abord leur ouvrir les yeux. Vous aurez donc à parler et à écrire ; à donner aux saines doctrines toutes les /ormes et toutes les allures, pour les faire pénétrer partout, en haut comme en bas, pour défendre l'Église, votre mère, soit contre les préjugés vulgaires, soit contre les attaques savantes et perfides. Apostolat bien digne d'une milice qui naquit en même temps que les hérésies, mères des erreurs modernes, et avec la mission de les combattre ; mais aussi apostolat fécond plus que tout autre en labeurs et en difficultés. Saurez vous excitera, vous apprendra à accepter ces labeurs, à vaincre ces difficultés, par l'exemple d'une vie vouée tout entière au culte et au triomphe de cette vérité, qui a délivré et qui sauve les hommes.

Recevez donc ce livre, bien digne, par le sujet qu'il traite, de vous être dédié, peu digne, je ne le sens que trop, par la manière dont il le traite. Il vous parviendra au fond de vos exils divers, c.xils de la persécution, exils de V apostolat lointain, mais toujours exils studieux, auxquels nul modèle ne saurait mieux convenir que celui qui vous est présenté. Ce que, dans ces retraites fécondes, vous avez à faire, ce que vous faites pendant cette première étape de votre vie religieuse, vous verrez Suarez l'accomplir durant toute sa longue carrière et toujours avec les belles et saintes ardeurs de l'âge qui est le vôtre. Sa vieillesse même pourra encore exciter et guider votre jeunesse : de sa vie entière, vous apprendrez ce que vous devez être, comme, de tous ses écrits, ce que vous devez savoir.

Et pendant que ses enseignements vous instruiront et que ses

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