François-Thomas de Baculard D'Arnaud
Ce dernier portrait du jeune auteur, « 17 ans V-i est la reproduction d'une photographie prise dans un groupe d'élèves du lycée Louis-le-Grand, alors qu'il y préparait sa licence ès-leltres.
BERTRAN DE LA VILLEHERVE
BERTRAN DE LA VILLEHERVÉ
Aurai- je la force d'écrire pour le présent livre les quelques pages de préface qu'il y faudrait ? J'essaierai du moins. Elles auront trait à son auteur.
Né au Havre le 25 juin i900, Bertran de la Villehervé mourait à Paris le 23 février W19, enlevé en peu d'heures par cette peste^ ce contagieux empoisonnement du sang, la grippe, qui, en même temps qu'elle nous le prenait, sacrifiait par milliers et de toutes parts tant de jeunes victimes.
Trop courtes étapes d'une vie si brève, si remplie, je vous revois toutes. C'est à Bagnoles de l'Orne, sous les grands chênes, l'escarpolette, quand tu étais encore un tout petit, portant des robes. Elle te faisait peur, mon Bertran ; tu ne permettais pas que nous nous y balancions. C'est chez nous, dans la bibliothèque oii,' pour l'apprendre à lire, sous les yeux de ta mère, je dessinais des images dont la suite composait des alphabets. Tout ce que nous t'enseignions en jouant, tu le savais bien vite, et parce que jamais nous ne te le faisions craindre ni détester, le travail était un jeu pour toi ; te voir l'aimer une fête pour nous. Te rappelles-tu, quand, un peu plus tard, sachant déjà lire très bien et raisonnablement former tes lettres, je te menais chez mademoiselle Joisson, dans l'externat où elle prépare si bien, avec tant de soin et tant de succès, aux classes du lycée ; nous causions tous deux, cher petit homme qui regardais toutes choses, voulais tout savoir. La mort n'est