‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 135 sur 305 · CYMBELINE ET OTHELLO · texte numérisé non relu

CYMBELINE ET OTHELLO

deux manuscrits difTérents, ce qui a permis de les reetifierf par l'aulre. L'édilion de 1622 contient dix vers ou ligna di plus que l'édition de 1623 ; en revanche, Tédition de 1628,iii|rimée sans doute sur un manuscrit postérieur en date, oontieotài additions considérables, faisant un enseioble de 163 lers il lignes. Le texte de la première édition, qui est considéré eoMÉl le plus pur, a été celui que j'ai adopté, tout en prenant soin km compléter par le texte de la seconde. Le lecteur trouvera, an rei| toutes les variantes indiquées dans les notes.

{ 1 3) Ce nom superbe Othello ne se trouve pas dans la noufibde Giraldi-Cinthio, que Gabriel Cbappuys traduisit chez dois tfj 1584 et que Shakespeare connut sans doute par quelque veiH anglaise de cette traduction. Malone a indiqué l'origine de eeMÉj que le poëte a tiré d'une autre nouvelle italienne traduite par Wf^ nolds et intitulée La vengeance de Dieucontre faduUêre, Otinibf est désigné comme un vieux soldat allemand.

(14) Le nom dlACO se trouve, ainsi que celui d'EMiLiA, dmj un vieux roman publié au commencement du dix-septième siéilii sous ce titre : k La première et la seconde partie de ChiilomiÊ fameux Euordanus, prince de Danemarl, arec les ànmfi aventures de lago, prince de Saxe, »

(15) La liste des personnages, telle que je la donne ici, cstlotuellement traduite sur celle que l'édition tn-/b/io publie, noDOIj t(^te, mais à la fin du drame. Sans doute l'imprimeur del6S3li reproduit telles quelles les désignations de caractères faites sff>j le manuscrit par quelque chef de troupe, bien à l'insu de Sbabi-^ peare.

(16) La république de Venise fit occuper l'île de Chypre, «• 1471, quand elle fut choisie pour tutrice du fils deCalteri«i Cornaro. Catherine avait, on se le rappelle, é|)ousé un bâlinU^j Jean III (de la maison de Lusignan) et était devenue reioefc Chypre, grâce à l'usurpation commise par son mari. B veuve, elle réclama pour la royauté chancelante de son eofiotlt

ilelle du sénat de Venise. L'île reçut alors une garnison vénienne: mais ce ne fut qu'en 1489, par une abdication obtenue le Catherine, que la république acquit sur Chypre une souverailelé absolue : elle la garda jusqu'en tSTl. A cette époque, sous e règne de Sélim, l'île tomba au pouvoir des Turcs. La capitale, Hikosie, fut emportée d'assaut, et le principal port, Faniagusta, apitula après une héroïque résistance. C'est donc dans le courant lu seizième siècle, pendant la lutte que soutint Venise contre 'empire turc, qu'il faudrait placer l'action A'Otkello,

(17) a Sang dieu! Vous ne voulez pas m*entendre, » tel est le texte de l'édition de 1622. L'édition de 1623 supprime le juron et dit tout simplement : a Vous ne voulez pas m'entendre. » Cette SQpression a été faite en exécution de l'ordonnance royale de 1604 qui interdisait à la scène la profanation du nom de la Divinité. On doit conclure de là que l'édition de 1622 a été composée sur QB manuscrit antérieur à 1604, et l'édition de 1623, sur un manuscrit postérieur à cette date.

(18) Les dix-sept vers commençant par ces mots : <x Si c*e8t de ^0^ plein gré, » et Gnissantpar ceux-ci : « Édifiez-vous vous- «fci«»ur-te-<î/iamp, » ne se trouvent pas dans l'édition in-quarto ^ ont été ajoutés après coup au texte de l'édition in-folio,

(19) Le Sagittaire est généralement considéré comme une auberge. Grande erreur. C'était un corps de bâtiment dépendant JeTarsenal de Venise et réservé aux officiers généraux de terre et de mer. La figure d'un archer tendant son arc, sculptée au-dessus le la porte, indique encore aujourd'hui l'entrée de cet édifice.

(20) Une expédition des Turcs contre Chypre eut lieu en 1570, oos les ordres du capitan Mustapha, dans des circonstances lactemenl semblables à celles ((ui sont rapportées ici. Le faux louvement sur Rhodes, la jonction opérée par une première cadre avec une seconde et leur attaque combinée sur Chypre, nt des événements historiques que Shakespeare a pu entendre cooter dans son enfance.

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(21) Les sept vers qui précèdent no se trouvent pas dansVédition de 1622.

(22) Ce [vers : n*élant ni défectueuse^ ni ateugle, ni boikm d'esprUf a été ajouté au texte de la seconde édition.

(23) Cette afGrmation de Brabantio doit ôtre prise ici touti fail au sérieux. Elle n'avait pas, au temps de Shakespeare, lecanolére fantastique et presque burlesque que notre âge sceptique serait tenté de lui attribuer. Ainsi que je Tai longuement expliqué dans le second volume, la sorcellerie était censée exercer sur le cœur humain une puissance véritable, et son pouvoir était encore si redouté au dix-septième siècle que le roi Jacques I* crut devoir faire une loi contre ceux qui y auraient recours. Do statut promulgué peu de temps après l'apparition d' O^Ae/io, déclarait : Art. 1®'. « Que si une ou plusieurs personnes faisaient emploi de sortUége, d* enchantement, de charme ou de sorcellerie quelconque, pour inspirer à autrui un amour illégitime, et en étaient dûment convaincues, elles subiraient remprisonnemeot pour la première offense. )> La récidive pouvait entraîner la mort. C'était donc en réalité une accusation capitale que Brabantio portait contre Othello, et il est néc>essaire de se reporter au sièdede Shakespeare pour en reconnaître la portée terrible.

(24) Le lecteur se souvient que dans la Tçmpête il est question des hommes qui ont la tête dans la poitrine. Shakespeare en parie ici encore sur la foi de l'illustre navigateur Walter Raleigb, qoi afBrmait les avoir pu voir en Guyane. L'affirmation de Raleigk était alors si imposante, qu'en 1599, un géographe hollandais, nommé Hondius, n'hésita pas à publier une traduction de ce fameux voyage, ornée de planches qui représentaient des hommes ayant le nez, les yeux et la bouche au milieu de la poitrine. La poète était donc autorisé par la science même de son temps i croire a l'existence de ces monstres à face humaine.

(25) <K Cette nuit, Monseigneur? » Cette exclamation si briève-

NOTKS. 405

ÊûX éloquente qui échappe i Desdémonai ne se trouve pas dans édition de 1823.

(26) « Does beat ail exodlencyf porte toutes les perfections : » d est le texte de l'édition in-quarto. L'édition in-folio remplace «mots : Doei bear ail excelûncy, par ceux-ci : « Does tire the kfmr. » Si l'on adoptait celle dernière version, il faudrait Iraioire ainsi toute la phrase : Qui par les qualités essentielles de sa mtors — fatigue l'imagination.

[27] Je traduis ici d'après le texte de l'édition in-folio qui est Mrtiinement le plus poétique. Vin-quarto dit tout simple-

And swîftly corne to Desdemona*8 arou,

Et rapidemeot venir dans les bras de DesdëmoDa.

(28) Cet hémistiche : Rauurer Chypre UnU entière^ manque à l'tfiticm in-folio.

(29) La queue de saumon passait pour un mets des plus déli- ^ Dans le livre d'hôtel de la reine Elisabeth, il est dit expres- ^QMot que h chef de ctiistne aura droit à toutes les queues de ^Umon.

(30) L'édition in-folio n'établit pas ici de division scénique. ^ une erreur évidente. Il est bien clair que lago, Cassio et Un camarades de garde ne vont pas se mettre à boire sur la lee publique où le héraut vient de faire sa proclamation.

(31) Les couplets que chante ici lago sont détachés d'une ille ballade d'origine écossaise que l'archéologue Percy a inséloul entière dans ses Reliques. Tout ce qui se rallache au drame theiloz^ïï tel intérêt, que je crois devoir traduire ici ce poëme rniant, inspiré à quelque chansonnier montagnard par le fOe glace du nord :

406 GYMBELINE Et OTHKLLO.

PRENDS SUR TOI TON VIBUt MANTEAU»

Cet hiver, le temps est devenu bieu (Iroid,

Le givra coafre toutm lei heoUan,

El Bdréê souffle si fort ses raleles

Qae tout notre béttil risciae d'être détrait.

Bell, ma femme, qui n'aime pas qaeraUer,

Me dit tranquillement :

Lève-toi, et va sauver la vache Cramboeke. •

Homme, prends ton vieux manteau sur toi.

LUI

0 Bell, pourquoi gouailler ei tê Boquar? Tu sais que mon manteau est bien mince ; Il est si râpé et si usé Que les vers n'y peuvent plus courir.

Je sais las de prêter et d'emprunter ; Une fois encore je veux m*habiller de neuf; Demain j*irai k la ville et je dépenserai. Car je veux mettre in manteM Muf.

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