SCÈNE TI
GRUMIO
tfait^ bon Curtis» avant cette gelëe-là : mais, tu le iver dompte l'homme, la femme et la béte. Car il a mon Tieui maître, ma nouvelle maltresse et toiamarade Curtis.
CURTIS
able, pantin de trois pouces ! Je ne suis pas une
GRumo.
I de trois pouces ! Allons , les cornes que tu it bien un pied de long, et je suis pour le moins
II qu'elles!... Ah çà, veux-tu nous fidre du feu ou il que je me plaigne de toi à notre maîtresse? Tu roîr de sa main de froides caresses, si tu es si lent
chaude besogne.
CURTIS
n prie, bon Grumio, dis-moi comment va le
GRUMIO
roidement, Curtis, en dehors de ton office d'allulions, messire, fais ton devoir pour avoir ton dâ. 1 maître et ma maltresse sont presque morts de
^ CURTIS
du feu préparé. Ainsi, bon Curtis, donne-moi des
GRUMIO
ide nouvelles que tu voudras, sur l'air de : Jacquot: ^jjuoi (16) !
CURTIS
! tu aimes toujours à attraper les gens !
GRUMIO
3 n'ai attrapé qu'un froid extrême. Du feu, donc ! . . . cuisinier ? Le souper est-il prêt, la maison déco-
rée, les nattes étendues, les toiles d'araignée balayées? les gens sont-ils dans leur futaine neuve et dans leurs bas blancs, et tous les officiers de boucbe ont-ils leurs habits de noces ? Nos dames-jeannes sont-elles belles en dedans, ei nos Jeannetons sont-elles belles en dehors ? Les tapis soQtils posés et tout est-il en ordre?
CUKTIS,
Tout est prêt. Ainsi» je t'en prie, quoi de nouveau?
ORUMID.
D'abord, tu sauras que mon cheval est épuisé, et quemoD maître et que ma maîtresse sont tombés.
CURTIS
Comment ?
GRUIOO.
De leurs selles dans la boue. Ah ! c'est une longue histoire.
CURTIS
Conte-nous-la, bon Grumio.
GRUMIO
Approche ton oreille.
CURTIS
La voici.
GRUlOOy lai donnant ane gifDe.
Tiens!
CURTIS
C'est ce qui s'appelle sentir une histoire , ce n'est pas l'entendre.
GRUMIO
C'est le moyen de rendre une histoire sensible. Cette taloche n'était que pour frapper à ton oreille et la prier d'écouter. Maintenant je commence. Imprimis , nous avons descendu une côte épouvantable, mon maître étant en croupe derrière ma maîtresse...
SGÈIVK VI, 139
GURTIS.
Tous deux sur un seul cheval ?
Qa'est-ce que ça te fiait?
CURTIS
Ça fait beaucoup au cheval.
GRUMIO
Alors, raconte toi-même l'histoire. Si tu dq m'avais pas errompu, tu aurais appris comme quoi le cheval est nbé, et elle sous le cheval , et dans quel bourbier! Tu au- 8 appris comme quoi elle était toute souillée; comme oi U l'a laissée avec le cheval sur elle ; comme quoi il m'a tta parce que son cheval avait bronché; comme quoi elle maugé dans la bourbe pour l'arracher de moi ; comme QÎil jurait ; comme quoi elle priait, elle qui n'avait jamais ié ; comme quoi je criais ; comme quoi les chevaux se )t échappés ; comme quoi la bride qu'elle tenait s'est npue; comme quoi j'ai perdu ma croupière; et mille Ires choses mémorables qui vont mourir dans l'oubli, idis que toi, tu rentreras dans ta tombe avec toute ton lorance.
CURTIS
A ce compte, il est plus intraitable qu'elle.
GRumo.
Oui, et c'est ce que toi et le plus faraud d'entre vous connaîtrez quand il sera de retour. Mais à quoi bon te « tout ça? Appelle Nathaniel, Joseph, Nicholas, Philippe, liter. Biscuit et le reste ; que leurs cheveux soient bien lés, leurs habits bleus bien brossés, et leurs jarretières il uniformes; qu'ils fassent la révérence de la jambe libe 9t qu'iU ne s'avisent pas de toucher un poil de la IM do cheval de mou maître avant d'avoir baisé leur in. Sont-ils tous prêts?
140 L\ SAUVAGE APPRIVOISÉI.
CUBTIS.
Tous!
GRUMIO
Appelle-les !
CCRTIS, «ppeUnU
Holà leDiendez-Tous? n faut que chacun de vous û devant de mon maître pour faire son salut à ma mat
GRUMIO
Son saint ! elle peut bien le Oaire tonte senle.
CURTIS
Qui le nie?
GRumo.
Toi, il parait : tu invites la compagnie à lui bi salut.
CURTIS
Je rinvite à rendre à madame Tbonnenr qui lui es
GRumo.
L'honneur! Elle l'avait donc perdu, s'il fout qu'c rende!
EntreDt plusuurs valets.
NATHANKL.
Bienvenu» Grumio !