‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 256 sur 305 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

«*• J*«i feulement juré d'étudier «reo Votre Orlce — tt de rester ici i totre eour Tespace de trois ans,

LE EOI.

— Youa avei juré cela, Biron, eomme tout le reste.

BmoN.

— Oui et non, aire ; je n'ai juré que par plaisanterie. — Quel est le but de Vétude? Àpprenez-lemoi.

LE aoh ^ Eh bien» o*est de savoir œ qu'autraiiient nous ne saa* fiopspas,

Bnpif.

— Tous voulez dire les choses oachéei et interdites k It sepietion ordinaire, n -est^e pas 9

LE EOI.

«- Oui, c'est-là la ditine récompense de l'étude.

naoïi.

-> Eh bien, sûjt ! je veux bien jurer d'étudier -^ pour connaître la chose qu'il m'est interdit de savoir. — Par exemple, je jure d'étudier à bien dîner, — quand la bonne ehàre (ne «ère expressément défendue, -^qu d'étudier à découvrir une maîtresse mignoqne^ — quand les maîtresses eerQQt Interdites h Id sensation ordinaire; - ou enflp, ayant fait un serment trop dur h tepir, — d'étudier à le briser sans manquer à ma foi. - Si tel est le bépé^ce de l'étude, s'il est vrai que — l'étude est la connaissance de ce que nous ignorons, — faites-moi prêter serment, et jamais je ne me rétracterai !

LE ROI

— Yous citez là toutes les distractions qui entravent l'étade — et qui habituent nos âmes aux vaines jouissances.

BmoN.

— Ah! toutes les jouissances sont vaines; mais la plus vaine de toutes — est celle qui, acquise avec peine, ne rapporte que peine ; — c'est celle qui consiste à se morfondre

320 PEINES d'amour perdues.

péniblement sur un livre» — pour chercher la lumière de la Tërité, tandis que la vérité — ne fait qu'aveugler le regard de son éclat perfide. — La lumière ici-bas se perd à chercher la lumière. — Avant que vous découvriez la lumière au milieu des ténèbres» — la lumière devient ténèbres pour vous par la perte de vos yeux. — Étudiez-vous plutôt à charmer votre regard» — en le fixant sur un œil plus doux, — qui, s'il vous éblouit, deviendra votre astre — et prêtera sa lumière à vos yeux aveuglés ! — L'étude est comme le glorieux soleil du ciel — qui ne veut pas être scruté par d'impudents regards. ~ Les piocheurs assidus n'ont guère gagné jamais — qu'une chétive autorité empruntée aux livres d'autrui. — Ces terrestres parrains des lumières du ciel, — qui donnent un nom à toutes les étoiles fixes, — ne profitent pas plus de leur clarté nocturne — que ceux qui se promènent en ignorant qui elles sont. — A trop connaître, on ne parvient qu'à être connu, — et tout parrain peut vous £ure donner un nom.

LE ROI

— Quelle science il montre à raisonner contre la science !

DU haine.

— Excellent docteur pour entraver toute saine doctrine !

L0N6UEV1LLE.

— Il sarcle le bon grain et laisse croître ce qu'il faut sarcler.

BmoN.

— Le printemps est proche, quand les oisons couvent.

DU MAINE

— Comment ça?

BIRON

Toute chose a son lieu» sa saison.

DU MAINE

— Insensé!

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