‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 263 sur 305 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARMADO9 à Phalène.

Emmène ce drôle et enferme-le.

PHALÈNE , à Trogne.

Allons, coquin de délinquant, en marche 1

TROGNE

Ne me clottrez pas, monsieur ; je jeûnerai bien, librement.

PHALÈNE

Non, monsieur. Tu jeûnerais par trop librement. Tu iras en prison.

TROGNE»

C'est bon. Si jamais je revois les joyeux jours de désolation que j'ai vus, il y aura quelqu'un qui verra...

PHALÈNE

Qu'est-ce que quelqu'un verra?

TROGNE

Rien, mattre Phalène, que ce qu'on lui montrera. Il ne sied pas aux prisonniers d'être trop silencieux en paroles, et auasi je ne dirai rien. Grâce à Dieu, j'ai autant d'impatieDoe qu'un autre homme ; et aussi, je saurai rester tranquille.

Sortent Phalène et Trogne.

ARMADOy seul.

J*adore jusqu'à la terre vile que foule son soulier plus ynlf guidé par son pied si vil ! Si j'aime, je me parjure, ce qoiest une grande preuve dedéloyauté. Et comment l'amour peol-il être loyal, quand il naît déloyalement ? L'amour est im esprit familier ; l'amour est un diable ; il n'y a de mauvais «Dge que l'amour. Et pourtant Samson a été tenté comme ■loi, et il avait une force supérieure. Pourtant Salomon a été séduit comme moi, et il avait une fort grande sagesse. Li flèche de Cupidon est trop acérée pour la massue d'Hercale ; aussi est-elle irrésistible pour la rapière d'un Espagnol. Les premières règles de l'art ne me serviront de rien ; fl aese soucie pas de l'escrime, il se joue des lois du duel I

338 PEINES D'AMOOR PEHDGËS.

Son humiliation est d'être appelé enfant, mais sa gloire est

de vaincre les hommes. Adieu, valeur! Rouille-toi, rapière !

Silence, tambour! Votre maître est amoureux; oui, il

aime ! ... Que quelque dieu de la rime impromptue m'assiste ;

car, à coup sûr, je vais tourner au faiseur de sonnets. Rêve,

esprit! Écris ^ plume! Car j*ai à produire des in-folios

entiers !

Il sort.

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