‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 264 sur 305 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

tÀai abords du {Mire rdyal. tlo pavillon et des tentes à distance.]

Entrent la Princesse de Frange, Aosaline, Maru, Catherine, BoYET, des Seigneurs et des Gentilshommes dé la suite.

BOYETi à )a princesse.

—k présenti madame, évoquez vos plus influents esprits.

— Considérez qui vous envoie, le roi votre père ! — Considérez à qui il vous envoie, et quel est le but de l'ambassade. — Vous, si haut placée dans Testime du monde< — vous allez conférer avec l'héritier unique — de toutes les perfections que Thomme peut posséder, — l'incomparable roi de Navarre^ et l'objet des pourparlers n'est rien moins— que l'Aquitaine, une dot dé reine I — Soyez donc envers lui aussi prodigue de séductions — que la nature l'a été à votre égard, —alors que, pour vous combler de toutes les grâces^

— elle en afiama le monde entier !

U PRINCESSB.

—Bon seigneur Bojet, ma beauté, si chétive qu'elle soit,

— n*a pas besoin du fard éclatant de vos éloges ; ~ la valeur de la beauté est fixée par le jugement du regard, — et non par une vile réclame débitée d'unevoixde marchand (34) . r- Je suis moins fière de vous entendre vanter mon mérite ~ gue vous n'êtes désireux de pa3seir pour spkitiiel ^ en dë^

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pensant votre esprit à la louange du mien. —Vous m'appreniez ma tâche ; apprenez maintenant la vôtre. Bon Boyet, — TOUS n*étes pas sans savoir (l'indiscrète renommée — Ta jynblié partout) que le roi de Navarre a fait le vœu — de [lasser trois années dans de pénibles études, — sans laissef approcher aucune femme de sa cour silencieuse. — Il nous semble donc indispensable, —avant que nous franchissions des portes interdites^ — de connaître ses intentions. Et c'est à cet effet — qu'enhardie par votre mérite nous vous désignons — comme notre avocat le plus éloquent. — Dites-lui que la fille du roi de France, — pour une afifSûré sérieuse qui réclame l'urgence, — sollicite une conférence personnelle avec Son Altesse. — Hâtez-vous de lui si^ifier ce message, tandis que nous attendons ici, —avec l'hlitiibte visage des suppliants, sa volonté suprême.

BOYET.

— Je pars avec empressement, tout fier de cette itiis- «ob.

Il sort.

U PRINCESSE

— Toute vanité est empressée, et telle est la vôtre.

Se toaroant Ters les coartisaos.

—Quels sont les néophytes, mes amés seigneurs, — qui ie toat associés au vœu du vertueux roi ?

PREMIER SEIGNEUR

— Longueville est l'un d'eux.

Gonnaissez-vous l'homme?

MARU.

— Je le connais, madame. C'est aux fêtes du mariage — dflébré entre le seigneur de Périgord et la belle héritière — de Jacques Fauconbridge, — en Normandie, que j'ai vu ce lïtagtieviUe. ~ Il passe pour un homme de souverain mérite» — fort instruit dans les arts, glorieux sous les armes : ^

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SCÉNK lU. 341

laJpringessb.

— Dieu Yous bénisse» mes daines ! Êtes-Yous donc toutes amoureuses, — que chacune de yous couvre son préféré — d'une si brillante parure d'éloges?

MARIA

— Voici Yenir Boyet.

Rentre Boyet.

U PRINCESSE

Eh bien, quelle réception, messire?

BOYET.

— Le roi de Navarre avait reçu avis de votre auguste approche ; — déjà le prince et ses compagnons de retraite — étaient tous prêts à venir au-devant de vous, noble dame, — quand je suis arrivé. Mais, hélas ! j'ai appris — qu'il aime mieux vous faire camper dans la plaine — comme un ennemi venu ici pour assiéger sa cour, — que d'éluder son arment — en vous admettant dans son palais solitaire. - 'Toîci le roi de Navarre.

Toutes les femmes se masquent.

latreat lb Roi, Du BIainb, Biron et It suite des courtisans.

LE ROI

— Aimable princesse, vous êtes la bienvenue à la cour 4e Navarre. —

u PRINCESSE.

Aimable ! gardez pour vous ce compliment. Bienvenue ! je ne le suis pas encore.

Montrant le ciel.

Ce palais a la voûte trop élevée pour être à vous ; et rbospitalité en plein champ est trop humble pour être à

— Yous serez, madame, la bienvenue à ma cour.

U PRINCiSSI.

'^ Jo côDsaus à fttre la bieavenuOf alors; mais yeuillez me conduira.

LB ROI

— Écoutez-moi, chère dame ; j'ai fait un vœu.

U PRINCESSE

— Que Notre-Dame assiste monseigneur ! il va se parjurer.

— Pour rien au monde» madame, du mQin$ volontairement.

^ U PRINGBSSS.

I — Ah I c*est votre volonté qui brisera ce vœu» votre VO'-

î Ion té seule*

'i ue ROI.

— Votre Grâce ignore quel il est.

u PRINCESSE.

^ j — Si monseigneur était ignorant comme moi, son igno-

, rance serait sagesse, — tandis qu'à présent son savoir ne

peut être qu'ignorance. — J'apprends que Votre Altesse a \ fait vœu de retraite absolue; — tenir ce serment, monsei-

gneur, serait péché mortel, — et le violer serait péché. — Mais pardon, je suis trop hardie ; - il me sied mal de faire la leçon i un maître» —Daignez lire l'objet de mon ambassade — et répondre immédiatement à ma demande.

Elle lai remet an papier.

liS ROI.

— Si je le puis immédiatement, madame, je le ferai.

u PRINCESSE.

— Faites-le, que je parte au plus vite ; — car vous deviendrez parjure, si vous m'obligez à rester.

Le roi oavre le papier et le lit.

RIRONt i Rosalioe.

— li'aige pas dansé une fois aveo tous en Brabant ?

8CBNB lU. M3

— N'ai'je pas dansé une fois avec voua en Brabant?

BIRON

•- Je suis sûr que oui .

ROSALINE

Combien il était inutile alors — de faire la q[uesUon!

BIRON

Vous le prenez trop vivement.

ROSAUNB.

— C'est votre faute. Vous me provoquei avec de teUee cotations !

BIRON

— Votre esprit a trop de fougue ; il court trop vite : il S6 teiguera*

ROSALIKI^

^ Pas avant d*avoir jeté le cavalier dans la boue«

BlRON.

— Quelle heure est'il?

RosALnni.

— L'heure où les fous la demandent.

BlRON.

— Bonne chance à votre masque I

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