‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 270 sur 305 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

voir. Pourquoi vit-ilîpour vaincre. Ver$ qui vint-ilî vers la mendiante. Qui vihil? la mendiante. Qui vainqui('il? la mendiante, La conclusion est la victoire. De quel côté? du côté du roi. La captivité est un enrichissement. De quel côté? du côté de la mendiante. Une noce est la catastrophe. De quel côté? du côté du roi? Non, des deux côtés en un, ou mieux d'un seul côté en deux... Je suis le roi; car ainsi va de soi la comparaison ; tu es la mendiante; car ainsi l'atteste ta basse condition. Commanderai-je ton amour? je le puis. Forcerai'je ton amour? je le pourrais. Ifnplorerai-je ton amour? je le veux bien. Contre quoi échangeras-tu tes guenilles? contre des robes! tes indignités? contre des dignités! toi-même? contre moi! Sur ce, en attendant ta réplique y je profane mes lèvres sur ton pied, mes yeux sur ton image, et mon coeur sur tout ton individu.

A toi, dans la plus tendre intention de te servir,

PoN Adriano de Armado. »

— Entends-tu le lion de Néraée rugir — contre toi, petite brebis qui vas devenir sa proie? — Rampe bupiblement aux pieds du monarque» — et peut-être, déjà repu, daignera-til jouer avec toi. — Mais, pauvrette, situ veux résister, que deviens-tu? — Un aliment pour sa rage, une pâture pour sa tanière!

U PRPfCESSE.

— De quel plumage est donc celui qui a rédigé cette lettre? — Quel coq de girouette! 4^ vez-vous jamais entendu rien de mieux?

BOTET.

— Ou je me trompe fort, ou je me rappelle ce style-là.

LA PRINCESSE

— Vous auriez la mémoire bien courte, si vous Taviez si YÎte oublié.

BOYET.

— C#t Armado est un Espagnol qui réside ici à la cour ;

364 PEINES D'aMODU perdues.

— un grotesque, un monarcho(38], un homme qui amuse

— le prince et ses compagnons d'étude.

LA PRINCESSE, à Trogne.

Toi, Tami! un mot : — Qui t'a donné cette lettre ?

TROGNE

Je vous l'ai dit : c'est mon sieur.

LA PRINCESSE

— A qui devais-tu la remettre ?

TROGNE

A ma dame de la part de mon sieur.

U PRINCESSE

— De quel sieur, à quelle dame ?

TROGNE

— De mon sieur Biron, un bon maître à moi, — à une dame de France qu'il a appelée Rosaline.

u PRINCESSE.

— Tu as donné une autre lettre pour la sienne... Allons, mes seigneurs, partons...

Remettant la lettre à Rosaline.

— Prends toujours celle-ci, ma chère; tu recevras un autre jour celle qui t'est adressée.

La princesse sort avec sa suite.

BOYET, à Rosaline.

— Qui donc fait ici la chasse galante ?

ROSALLNE.

Dois-je vous l'apprendre?

BOYET.

— Oui, mon continent de beauté.

ROSALINE

Eh bien, c'est celle qui brandit l'arc. — Bien paré, n'est-ce pas?

BOYET.

— La princesse va détruire les bêtes à corne ; mais quand

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