SCÈNE V
[\}tié aàire partie da pafc]
EnU^nt la PlUNCISSB. ROSÀLCNX, MaHIA, CATHSRIIfB, BOVET, de»
SxKiNiuRS, des geof de la suiie, et an Garde-Chasse.
LA t'RiKCESSE.
- Était-ce le roi qui éperonnalt si vivèmeiit son cheval — à l'assaut de cette colline escài*t>ée t
BOYET.
— Je ne sais ; mais il me semble que ce n'était pas Id.
U PRlNCtSSe.
^ Quel qu'il fflt, ce cavalier Montrait uhe âme pleine è*liipiffttion. - Allotis, messeigneurs. C'est aujourd'hui que nous terminons nos afl'aires; — et samedi nous retournons en France. — Eh bien, garde-chasse, mon ami, où est le binssoD ^ où nous devons nous embusquer pour jouer tiotn Wtle de meurtriers ?
360 PEINES D'AMOrR PERDUES.
LE GARDE-CHASSE
— Ici près, sur la lisière de ce taillis. — Postée là, vous êtes sûre de vous montrer belle chasseuse.
U PRINCESSE
—Oui, grâce à mes charmes, je suis belle, et, comme je chasse, —je suis sûre, comme tu dis, de me montrer belle chasseuse.
LE GARDE-CHASSE
— Pardon, madame ; ce n'est pas ainsi que je l'entendais.
U PRINCESSE
— Comment ! comment ! tu commences par me louer et puis tu te dédis ! — 0 vanité éphémère ! Hélas ! je ne suis donc pas belle.
LE GARDE-CHASSE
— Belle I Si fait, madame.
U PRINCESSE
Va, ne te charge pas de mon portrait. —L'éloge ne corrige pas le visage oti la beauté manque. — Tiens, mon bon miroir, prends ceci pour m'avoir dit la vérité.
EUe lai donne de Targent.
— Donner de bel argent pour de vilaines paroles, c'est payer plus qu'il n'est dû.
LE GARDE-CHASSE
— Tous VOS dons sont dons de beauté.
U PRINCESSE
— Voyez ! voyez ! ma beauté n'est sauvée que par le mérite de mes œuvres. — 0 hérésie du goût, bien digne de ces temps ! — La main qui donne, si laide qu'elle soit, est sûre d'être louée bel et bien. — Mais voyons, donnez-moi l'arc.
Un valet de chasse lui remet an arc et des flèches.
Quand, comme en ce moment, la bonté va pour donner la mort, — les bons coups sont à ses yeux les mauvais. —
SGÉNB V. 361
Ainsi, je suis sûre de me tirer de cette chasse avec honneur :
— si je n'atteins pas ie gibier, c'est que la pitié m'en aura empêchée ; — si je l'aUeins, c'est que j'aurai voulu montrer mon habileté, — pour le plaisir d'être louée et non pour le plaisir de tuer. — Et certes cela se voit plus d'une fois : — la gloire se rend coupable de crimes détestables, — alors que, pour obtenir la renommée et l'éloge, ces vanités extérieures, — nous faussons l'emploi de notre énergie intime :
— comme moi qui , pour un simple éloge, cherche en ce moment à répandre — le sang d'un pauvre daim k qui mon cœur ne veut pas de mal !
BOYET.
— N'est-ce pas aussi par amour de l'éloge que les épouses acariâtres — veulent établir leur souveraineté en tâchant d'être — les seigneurs de leurs seigneurs?
LA PRLNCESSE.
— Oui, effectivement, car nous n'avons que des éloges à donner — à toute dame qui subjugue un seigneur.
Entre Trogne.
U PRmCESSE.
— Yoici venir un membre de la république.
TROGNE
Dieu gard' toute la compagnie ! Pardon ! quelle est ici la dame à la tête?
LA PRINCESSE
Pour la reconnaître, l'ami, tu n'as qu'à voir celles qui n'ont pas de tête.
TROGNE
Quelle est la plus grande dame, la plus haute?
U PRINCESSE
La plus large et la plus longue.
TROGNE
— La plus large et la plus longue. C'est ça. La vérité est
la y^rité. — Si yotro taille, madame, était aussi mioce qpQ mQp esprit, — la cejqture d'uoe de ces demoiselles tous irait j|içémQPt. — Ç?t-ce que vous o'êies pas ici la femme prinpjpflle? Yous êtes la plus large.
U PRQ^XESSE.
— Que ypwlqi-yops?qu^ vQplex-ypusî
TROGMI.
— J'ai MPQ l^ttrQ de monsieur Biron pour une dame Rosaliq^.
u PRI^X^SSfi.
— Oh! vite ta lettre! ta lettre! c'est un bon ami \ moi.
Elle prend U le^re que lui tend Trogne.
— B^ng^-toi, nion cher çourfiçr... Boy^t, vous savez découper : — Quyrex-mpi cp poulet-
i^lle p^sse U lettre à BQjet.
BpYfT.
4q sqi? tpuu de vpus servir-
V\^^ l>dre«ff .
— Il y a méprise. Cette lettre n'est adressée à personne d*ici : — elle est écrite à Jacquinette.
U Pm^CK^SE.
Nous la lirons, je Ip jufe. — Rompez le cou à cettf cire, et que chacun prête l'oreille!
BOyET «)^chèt^ la te|^re e^ \\\.
« Var le ciel, que tu es jolie, c'est infaillible ; que tu es belle, c'est vrai; et c*est Ui vérité rn^me que tu es aimable. C| taiplus jolie quç \e joli, plus belle que }e beatii, plu^ vraie que lu vérité même, prends en commisération tofi héroïque vassal. Jadi^ le magnanime et très-illustre roi Cophétua jeta Vœil sur la pernicietf^e e^ indubita\^le rnendfiÇftfteZéné^lophan: et ce fut lui qui put dire à juste titre veni, vidi, vici ; ce qui anntomisé en langage vulgaixe (ôvil et obscur vulgaire!) signifie qu'il vint, vit et vaifi^uit. Il vint, un. Il vit, deux. Ilvainf(uit, iro\s. Qui vint? \^ roi. JPour^jw^i %^tt'H? pour