‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 269 sur 305 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

[\}tié aàire partie da pafc]

EnU^nt la PlUNCISSB. ROSÀLCNX, MaHIA, CATHSRIIfB, BOVET, de»

SxKiNiuRS, des geof de la suiie, et an Garde-Chasse.

LA t'RiKCESSE.

- Était-ce le roi qui éperonnalt si vivèmeiit son cheval — à l'assaut de cette colline escài*t>ée t

BOYET.

— Je ne sais ; mais il me semble que ce n'était pas Id.

U PRlNCtSSe.

^ Quel qu'il fflt, ce cavalier Montrait uhe âme pleine è*liipiffttion. - Allotis, messeigneurs. C'est aujourd'hui que nous terminons nos afl'aires; — et samedi nous retournons en France. — Eh bien, garde-chasse, mon ami, où est le binssoD ^ où nous devons nous embusquer pour jouer tiotn Wtle de meurtriers ?

360 PEINES D'AMOrR PERDUES.

LE GARDE-CHASSE

— Ici près, sur la lisière de ce taillis. — Postée là, vous êtes sûre de vous montrer belle chasseuse.

U PRINCESSE

—Oui, grâce à mes charmes, je suis belle, et, comme je chasse, —je suis sûre, comme tu dis, de me montrer belle chasseuse.

LE GARDE-CHASSE

— Pardon, madame ; ce n'est pas ainsi que je l'entendais.

U PRINCESSE

— Comment ! comment ! tu commences par me louer et puis tu te dédis ! — 0 vanité éphémère ! Hélas ! je ne suis donc pas belle.

LE GARDE-CHASSE

— Belle I Si fait, madame.

U PRINCESSE

Va, ne te charge pas de mon portrait. —L'éloge ne corrige pas le visage oti la beauté manque. — Tiens, mon bon miroir, prends ceci pour m'avoir dit la vérité.

EUe lai donne de Targent.

— Donner de bel argent pour de vilaines paroles, c'est payer plus qu'il n'est dû.

LE GARDE-CHASSE

— Tous VOS dons sont dons de beauté.

U PRINCESSE

— Voyez ! voyez ! ma beauté n'est sauvée que par le mérite de mes œuvres. — 0 hérésie du goût, bien digne de ces temps ! — La main qui donne, si laide qu'elle soit, est sûre d'être louée bel et bien. — Mais voyons, donnez-moi l'arc.

Un valet de chasse lui remet an arc et des flèches.

Quand, comme en ce moment, la bonté va pour donner la mort, — les bons coups sont à ses yeux les mauvais. —

SGÉNB V. 361

Ainsi, je suis sûre de me tirer de cette chasse avec honneur :

— si je n'atteins pas ie gibier, c'est que la pitié m'en aura empêchée ; — si je l'aUeins, c'est que j'aurai voulu montrer mon habileté, — pour le plaisir d'être louée et non pour le plaisir de tuer. — Et certes cela se voit plus d'une fois : — la gloire se rend coupable de crimes détestables, — alors que, pour obtenir la renommée et l'éloge, ces vanités extérieures, — nous faussons l'emploi de notre énergie intime :

— comme moi qui , pour un simple éloge, cherche en ce moment à répandre — le sang d'un pauvre daim k qui mon cœur ne veut pas de mal !

BOYET.

— N'est-ce pas aussi par amour de l'éloge que les épouses acariâtres — veulent établir leur souveraineté en tâchant d'être — les seigneurs de leurs seigneurs?

LA PRLNCESSE.

— Oui, effectivement, car nous n'avons que des éloges à donner — à toute dame qui subjugue un seigneur.

Entre Trogne.

U PRmCESSE.

— Yoici venir un membre de la république.

TROGNE

Dieu gard' toute la compagnie ! Pardon ! quelle est ici la dame à la tête?

LA PRINCESSE

Pour la reconnaître, l'ami, tu n'as qu'à voir celles qui n'ont pas de tête.

TROGNE

Quelle est la plus grande dame, la plus haute?

U PRINCESSE

La plus large et la plus longue.

TROGNE

— La plus large et la plus longue. C'est ça. La vérité est

la y^rité. — Si yotro taille, madame, était aussi mioce qpQ mQp esprit, — la cejqture d'uoe de ces demoiselles tous irait j|içémQPt. — Ç?t-ce que vous o'êies pas ici la femme prinpjpflle? Yous êtes la plus large.

U PRQ^XESSE.

— Que ypwlqi-yops?qu^ vQplex-ypusî

TROGMI.

— J'ai MPQ l^ttrQ de monsieur Biron pour une dame Rosaliq^.

u PRI^X^SSfi.

— Oh! vite ta lettre! ta lettre! c'est un bon ami \ moi.

Elle prend U le^re que lui tend Trogne.

— B^ng^-toi, nion cher çourfiçr... Boy^t, vous savez découper : — Quyrex-mpi cp poulet-

i^lle p^sse U lettre à BQjet.

BpYfT.

4q sqi? tpuu de vpus servir-

V\^^ l>dre«ff .

— Il y a méprise. Cette lettre n'est adressée à personne d*ici : — elle est écrite à Jacquinette.

U Pm^CK^SE.

Nous la lirons, je Ip jufe. — Rompez le cou à cettf cire, et que chacun prête l'oreille!

BOyET «)^chèt^ la te|^re e^ \\\.

« Var le ciel, que tu es jolie, c'est infaillible ; que tu es belle, c'est vrai; et c*est Ui vérité rn^me que tu es aimable. C| taiplus jolie quç \e joli, plus belle que }e beatii, plu^ vraie que lu vérité même, prends en commisération tofi héroïque vassal. Jadi^ le magnanime et très-illustre roi Cophétua jeta Vœil sur la pernicietf^e e^ indubita\^le rnendfiÇftfteZéné^lophan: et ce fut lui qui put dire à juste titre veni, vidi, vici ; ce qui anntomisé en langage vulgaixe (ôvil et obscur vulgaire!) signifie qu'il vint, vit et vaifi^uit. Il vint, un. Il vit, deux. Ilvainf(uit, iro\s. Qui vint? \^ roi. JPour^jw^i %^tt'H? pour

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