‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 3 sur 305 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

fit de sa chambre, — et lui donna toule l'instruction que

soD âge — lui permit de recevoir. Postliumus aspirait — la

scieoce comme Tair, aussitôt qu'elle se présentait ; — dès

SOD printemps il fit moisson. Il vécut à la cour- fort vanté

et fort aimé (chose rare] ; — modèle pour les plus jeunes, il

était pour les hommes mûrs — un miroir où ils se rajus-

ttient, et pour les plus vénérables - un enfant gâté qui les

OMoait tous. Quant à sa mattresse, - celle pour qui il est

aojourd'hui banni, elle proclame — par sa valeur même

quelle estime elle avait de lui et de ses vertus : — tous

peufeDt lire nettement dans son choix - quel homme est

Posthomus.

DEUXIÈME GENTILHOMME

Je l'honore — rien que sur votre récit. Mais, dites-moi, jefoosprie, — la princesse est-elle l'unique enfant du roi?

PREMIER GENTILHOMME

Son unique enfant. — Pourtant, si cela vous intéresse, sachez que le roi avait deux Hls qui ont été volés — en nourrice, l'un i Tâge de trois ans, — et l'autre au maillot : jusqu'à cette heure, nul soupçon, nul indice — de ce qu'ils soot devenus.

DEUXIÈME GENTILHOMME

Combien y a-t-il de cela?

PREMIER GENTILHOMME

- Quelque vingt années.

DEUXIÈME GENTILHOMME

- Se peut-il que les enfants d'un roi aient été ainsi enlevés ! — si étourdiment gardés! et que les recherches lieot été lentes au point — de ne pas retrouver leur trace?

PREMIER GENTU.H0MME.

Quelque étrange que cela soit, — quelque ridicule que puisse être une telle négligence, — la chose n'en est pas iDoios vraie, Monsieur.

8ë CYMBELINE.

DEUXIÈME GENTILHOMME

Je VOUS crois bien.

PREMIER GENTILHOMME

Il faut nous taire. Voici notre gentilhomme, — avec la reine et la princesse.

Ils sortent.

Entrent la Reine, Posthumus et Imogène.

U REINE

— Non, ma fille, soyez-en sûre, vous ne trouverez p^s en moi — rhostilité habituelle aux belles-mères : — pas un regard malveillant pour vous. Vous êtes ma prisonnière, mais — votre geôlière vous remettra les clefs — qui ferment votre cachot. Pour vous. Posthumus, — aussitôt que je pourrai fléchir le roi irrité, — je serai votre avocat déclaré ; mais, vrai Dieu! — le feu delà rage est encore en lui, et vous ferez bien - de vous courber sous son arrêt avec toute la patience — que peut vous inspirer votre sagesse.

POSTHUMUS

S'il plaît à Votre Altesse , — je partirai aujourd'hui même.

u REINE.

Vous connaissez le péril... — Je vais faire un tour dans le jardin : j'ai pitié — des angoisses -de deux affections qu'on sépare, bien que le roi — ait donné l'ordre de ne pas vous laisser ensemble.

La reine sort.

IMOGÈNE

— 0 hypocritecourtoisie ! Avec quelle délicatesse cette tourmenteuse — caresse ceux qu'elle frappe!... Mon mari bienaimé, — la colère de mon père m'inquiète, mais, — sauf le saint respect que je lui garde, ce n'est pas — pour moi que je redoute sa rage. Il faut que vous partiez! — J'affron-

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